Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /Juil /2009 20:29

Voilà, je suis de retour à la maison. Depuis un moment, pour tout dire… Je me souviens avoir préparé le 1er article de ce blog l’été dernier, avant de partir, à cette même époque… Il parlait de vous, si vous vous souvenez bien. Je ne savais pas encore ce qui m’attendait pour l’année à venir, et c’était assez grisant… Mais je savais qu’il fallait vous dire au revoir, et c’était triste.

Aujourd’hui elle est dernière moi, cette fameuse année à l’étranger… Et pour rester cohérente je me dois de clore ce petit blog qui en a été le témoin et en restera la trace. J’espère que ça vous a plut de me suivre dans mes aventures, sachez en tout cas que ce fut un plaisir de vous les faire partager.  J’en été arrivée parfois à penser : « rô tient ça j’vais le mettre sur mon blog » ou « tiens prends ça en photo, tu leur raconteras… » J

Mine de rien, « happiness is only real when shared », et partager tout ça avec vous a vraiment fait parti du voyage lui-même.

Maintenant, devrais-je faire un bilan de ces mois passés au pays des hamburgers ? C’est sûrement trop tôt... Mais quelque part ce sera très certainement toujours trop tôt. Trop de choses à digérer. Tellement de positifs, mais aussi une bonne dose de galères qui ont quand même sérieusement marqué ma vie là-bas…

J’ai du pas mal changer, sans m’en rendre compte, ça je vous laisserez en juger et me le dire… Pour l’instant je savoure d’être rentrée, home, home, home, dans mon petit havre de paix où rien ni personne ne peux m’atteindre. J’ai tellement pensé à ce moment, loin devant moi dans le temps, où je me sentirais enfin parfaitement bien, protégée, entourée de gens who really care… Là où la vie est belle. Qu’on est bien chez soi, bon sang…

Enfin, il faut positiver disent les bonnes gens : positivons. Commençons par ce qui a été le mieux pour moi, et qui va le plus me manquer de « là-bas »:

-          Les FLAs. Des gens biens avec qui j’ai partagé plein de choses et que je n’oublierai pas. Pas mal de soirées tous autour d’une table bien garnie (merci Lola, Suet ching, nos cuistos officielles !) où le simple fait de manger quelque chose de bon vous redonne la pêche… Et puis cette ambiance incroyable où les langages se mêlent et s’emmêlent, où l’on se comprend malgré les différences de cultures, d’âge et d’éducation…







Mention spéciale pour Ted, notre english FLA et mon "crepes maker" attitré, le seul américain avec qui je me suis franchement entendu. Ouvert, drôle et super gentil, il m'a plus d'une fois réconcilié avec l'Amérique. Comme quoi!




En tête de liste ma petite bourguignonne préférée, à qui je dois des fous rires dans les pires moments… On n’imagine pas comme c’est précieux, de rire, quand il y aurait parfois tout pour pleurer… Se faire les accents du Sud ou de l’Alsace dans les escaliers du campus, ou partager notre salade quotidienne à Hogan et évacuer la pression, si besoin est en saccageant verbalement l’endroit et ses habitants…Ah, ce besoin français de râler, pester et critiquer ! Tous autant que vous êtes, écoutez vous : en bon gaulois qui se respecte, vous êtes un incorrigible jamais-content expert en l’art de dénigrer et vous passez une bonne partie de vos journée à vous plaindre. Que vous soyez persuadés du contraire ne change rien à l’affaire : français vous êtes, français vous resterez. Cela ne nous rend pas plus malheureux que tout autre peuple, bien au contraire : moi qui ai toujours crié haut et fort que les français étaient insupportables, j’ai réalisé que critiquer était pour nous autre french people un moyen efficace d’expression, d’évacuation du stress, voir de détente !! Moment de partage, ou chacun évacue ses problèmes en ronchonnant. C’est bien simple : je n’ai pas pu m’en passer, et j’écoutais Joanna râler comme on écoute son chanteur préféré, sans s’en lasser…Tarée ? De toute évidence. N’empêche, heureusement qu’elle était là pour moi, et réciproquement.










Mes roomies
. Comprenez colocs. Elles font déjà parties des FLAs mais méritent je pense une dédicace à part. Je ne dirai jamais assez que notre cohabitation s’est super bien passée, et je crois que je ne comprendrai jamais comment ça a été possible ! Au final, en rentrant le soir gelée et fourbue après une grosse journée, on apprécie toujours de trouver la lumière allumée, des gens qui vous sourient, de la vie.  Sans vous parler de ces matins où le monstre hirsute machouillant dans la cuisine qui vous grogne un vague « moooorning  baby » du fond de son bol de céréales vous rassure : vous n’êtes pas la seule à vous sentir comme si votre tête avait refusé de se réveiller et pendait lamentablement sur vos épaules engourdies. On se console comme on peut.






Elles ont aussi été des oreilles compatissantes, des voisines silencieuses et propres, en bref des filles supers, toujours prête à partager leur lessive et leurs oeufs. :p  Suet-ching se comportant parfois comme la mère de la maison et Eva comme une petite fille, pour un peu on se serait senti en famille. Je reprend cette année un appartement sur Strasbourg, et ne peux m’empêcher de penser que je leur petites bouilles vont manquer à l’endroit... Sans oublier la mexicaine « sleeping-beauty » au 2eme étage et mon couple de hippies espagnoles au 3eme ! Enfin le loup solitaire en moi ne se fait pas trop de souci, une meute à un, c’est très bien aussi. ^^

 


Eva, que je voudrais bien aller voir à Palma cet été...:p




-
         
Les cafés. Ben oui, je suis accro, acrrrrrrrooooo aux cafés américains ! Où sont les starbucks, les donkey donuts, les Cool Beans ???! Mes Vanilla Latte, mes Mocha Frappuccino… Petite merveille que ces boissons qui vous réchauffent le cœur ou vous rafraichissent l’esprit au fil des saisons! Plus qu’une habitude, c’était devenu un réflexe, un automatisme. Certains diront que c’est ce qui m’a fait grossir, peut être, mais tant pis. Avec mon retour, le sevrage est brutal ; dur. Heureusement, les cerises sont là pour compenser…^^




 


-
         
Mes étudiants. Vous me direz que c’est scandaleux de les placer après le café, je vous répondrez qu’on a tous ses priorités. Lol Avec eux, c’est surtout aux practicums en fait que je pense… C’est certainement ce qui m’a le plus apporté cette année, le plus enrichie. Qui sait si j’aurais encore l’occasion d’être prof dans ma vie ? Bien sûr ça n’a pas été facile et loin de là, mais au final, je les aimais bien, ces bougres d’américains si typiques et caricaturaux… Surtout, EUX m’aimaient bien, et ça ça aide beaucoup aussi ! Après tout, on a tous besoin d’un tout petit peu de « retour » (je ne parle pas de reconnaissance, oulala, loin de moi cette idée !) et c’est d’eux que j’ai finalement le plus reçu. C’est venu sur le tard, normal, car il nous a fallu un certain temps pour nous comprendre (au sens 1er du terme !) et nous connaître. Au final, j’aurais beaucoup appris en étant leur prof, et leur « bonDjouuur Mérilôoore !! » vont définitivement atrocement me manquer.


 

 



-
         
Le campus, avec ses beaux bâtiments en brique, la piscine pour moi toute seule avec sauna et hammam, la salle de gym, les cofee shops, les matchs de sports, le magasin où tout est payable en « dinning dollar » avec ma ptite carte magique…lol  En automne, on se croirait au Canada avec des feuilles magnifiques et des arbres en feu. L’hiver, la neige balayée par le vent prend des allures de dunes de sables et brille encore immaculée sous le soleil du matin (enfin ça c’est only for the brave hein, ceux qui sont levés et vont déjà au boulot, défiant le froid à l’heure où tout le monde dort encore… :S la poésie a un prix.) Les arbres plient sous la glace qui les recouvrent, les écureuils se cachent, les bottes UGG remplacent les tongues, les étudiants glissent sur des luges improvisées, les espagnoles agonisent… Puis, les charmes de l’hiver se passent et arrivent les fleurs, le soleil, les feuilles… De nouveau, le campus est un vrai parc naturel où l’on peut voir s’activer les jardiniers et s’ébattre les étudiants. Sympa.




 




-
         
Les voyages !! C’était quand même super de pouvoir fuir vite et loin, à grand coup d’avion et d’auberges de jeunesse… J’ai fait le tour du pays, mine de rien, et plus encore ! J’ai vu tout ce que je voulais voir des US, et n’y retournerais que pour faire les grands parcs nationaux en bonne et due forme. C’est finalement l’essentiel de ce qui me restera de cette année, des photos et des souvenirs de partout, moments forts d’aventures et de découvertes, seule ou accompagnée… Quel pied que de partir, parfois juste pour quelques jours qui paraissaient alors une éternité tant je parvenais à vivre en seulement 24h !! Là-dessus je ne m’étais pas trompé : j’avais choisi les Etats-Unis pour voyager, et je n’aurais jamais cru que je pourrais en voir autant !! J






J’aurais beau critiquer la mentalité, le système, les transports ou la nourriture, les Etats-Unis reste un pays magnifique que je recommande à tous les amateurs de nature et de paysages à couper le souffle… Sans parler de la faune et la flore assez extraordinaire que j’y ai rencontré ! C’est d’abord la diversité de mes voyages qui les rendaient aussi intéressants, mais aussi le fait que j’étais souvent seule et par là totalement libre et indépendante… Sentir l’avion quitter le sol à Boston me donnait toujours un sentiment puissant de liberté absolue : « destination ailleurs » dirait Yannick Noah… ^^ Et puis je me sentais complètement dans mon élément, avec ma casquette ou mon bonnet, mes lunettes de soleil ou mes bottes fourrées : qu’importe ! Ma petite valise verte à la main, mon sac sur le dos, mon appareil photo dans la poche… J’étais on the road, loin de Holy Cross et du boulot, légère et happy, prête à profiter au maximum de ma chance et parée pour de nouvelles aventures !

 

Au final, que de choses vécues, tant d’images, de rencontres, de lieux, de noms, d’expériences…

 

Maintenant, et parce qu’il faut aussi en parler : ce qui m’a le plus posé problème… Hum. Je ne sais pas si ça vaut la peine de s’étendre, mais survolons rapidement le sujet… Evidement, en tête de liste, Laurence et Shapiro ; des gens de cette espèce qui, n’ayant rien dans sa vie, cherche à tout prix à pourire celle des autres. Totalement frustrés au niveau personnel et professionnel, ils n’avaient sous la main que nous, les grouilloux, les TA, pour se faire les nerfs.

 La première est une française loin de chez elle (ce qui en soi inspire déjà la pitié sincère, croyez moi), seule, aigrie et haïe de tous (mais alors TOUS), s’accrochant à la grammaire comme à un radeau dans la mer. Si le pathétisme a un nom, c’est bien le sien. Elle est totalement responsable de sa situation et ne s’en sortira pas tant qu’elle ne l’aura pas compris. Fou comme les gens dont la vie est misérable cherche à tout prix à entrainer les autres avec eux plutôt que d’essayer d’être heureux eux même. Encore un mystère de l’être humain.

L’autre, Shapiro, se damnerait pour être français et fait tout pour s’en rapprocher, dans un élan de mépris pour son propre pays… Pourtant, notre seule présence suffit à lui rappeler ce qu’il est, inéluctablement, et ce qu’il restera pour le restant de ses jours : un américain empâté, à qui l’esprit critique, le savoir-vivre à la française, la subtilité, l’humour et le bon goût feront toujours défaut.  Porter un béret et avoir un poster de Louis XIV dans son bureau n’y feront jamais rien. Je crois qu’au fond on lui a fait sentir, inconsciemment dans un premier temps, qu’il n’était pas et ne serait jamais français. Ensuite, ayant trouvé l’une de ces failles par lesquelles on s’assure toujours de faire mal, on ne s’est pas privées de lui faire remarquer ses nombreuses fautes de français (comme lui soulignait au début nos oublis ou fautes de frappe en jubilant) et de parler en sa présence un français totalement hors de sa portée, mélange de verlant, d’argot et d’ancien français à la Voltaire… Le tout à une vitesse défiant le Concorde, s’assurant ainsi qu’il ne comprendrait pas un traitre mot de la discussion. Vous me direz bien sûr, pas étonnant alors qu’il nous déteste et nous pourrisse la vie ? Oui, sauf que ça, c’était notre petite vendetta. Chronologiquement, c’est venu longtemps après un paquet de coups bas qui nous sont restés en travers… Il avait déjà gaché toutes ses chances, une par une, jusqu’à ras-le-bol complet et mise en place du mode « sanction » à la Matilda. L’andouille s’est définitivement grillé en m’incendiant un jour pour avoir passé « ce rêve bleu » à un groupe en fin de classe, sous prétexte que, je cite : « tous les français détestent Disney ». Vous qui me connaissez comprendrez sans que j’explicite d’avantage à quel point cette petite phrase suffisante m’a fait monter le sang au visage. Moi je dis que quand on porte une cravate rouge et marron (mal) tricotée sur un vieux pull en laine moutarde avec un froc vert clair et des chaussures de danses des années 30, on ne fait pas de leçons de francosité à des frenchies.  Nan mais.  

Avec ces 2 là (qui se détestaient mutuellement, d’ailleurs…lol), le plus dur a été de trouver la frontière entre le « c’est mes supérieurs et après tout je ne suis que TA, blablabla hiérarchie, blablabla validation de mon année etc…. » et le « ils n’ont aucun pouvoir sur moi, je fais très bien mon boulot, je ne leur dois rien etc… ». De tension en guerre ouverte, je me suis sentie toute l’année en lutte, souvent pour de petites choses, mais constament, constament… Je crois que c’est le fait que ça revenait tout le temps qui m’a vraiment usé, et puis cette tension constante, ce climat de défiance quand on aurait au contraire eu besoin de soutien.

Ce qui m’a pesé à part ça? Les défauts classiques des américains, à savoir l’hypocrisie, la superficialité, l’inconscience écologique totale, la suffisance et l’ignorance. Tout ça ? Ben oui, je ne juge pas ou du moins j’essaie, les européens ont  leurs mauvais penchants aussi, mais ils nous blessent moins, étant aussi les nôtres… Je ne me ferai pas à leur système où tout repose sur l’argent, le chacun-pour-soi poussé à son extrême, le après-moi-le-déluge permanent. Je croyais que ça encourageait la libre entreprise, entretenait la motivation, récompensait le travail. Je me suis vite rendu compte que c’est surtout un moyen facile et propre de justifier l’injustice et normaliser la misère. Les fils de riches seront riches, parce que leurs parents ont les moyens de leur payer un College comme Holy Cross où ils passeront 4 années à bien s’amuser et dont le simple nom sur un CV leur ouvrira les portes des plus hauts postes, quand les autres trimeront dans des universités publiques dont tout le monde se fout et reproduiront l’échec social de leurs parents. C’est sur la fin que vous vient ce goût amer, et cette fierté d’être d’un pays où l’on s’efforce tant bien que mal de défendre des idéaux de libertés, d’égalités, de fraternité. Nationaliste ? Ben ouai, presque. Ici on a tous les autres excès bien sûr, les abus normalisés, les syndics déchainés, les grèves, les acquis intouchables, les charges sociales, etc… Mais on peut dormir sereinement, parce que les bons dans l’histoire, c’est nous. Et on peut aussi traverser la rue sans marcher tous les 4 mètres sur des mendiants qui s’accrochent à vos jambes en pleurant. Je n’ai pas la science infuse, la nature est dure, et peut être ce système est-il plus « naturel ». Les plus forts survivent… Ou les plus riches. Il me semble pourtant aussi que l’homme n’est pas une bête comme les autres, et mérite un traitement différent. Il y a toujours moyen de se donner bonne conscience bien sûr, et l’Amérique est experte en la matière. Mais les petits bracelets en plastique « save Darfour » ne trompe que ceux qui les portent. Là-bas, rien ni personne ne compte que ce « I », grand, dur et froid. I, and America. Et bien, qu’il se la garde, leur Amérique bienfaitrice répandant la lumière sur son passage, protectrice bienveillante du monde, dévouée à sa mission salvatrice, envahie des gaz polluants des méchants pays pauvres et assaillie de l’ingratitude de l’humanité toute entière. Merci bien.

 

Ce qui rend les choses difficiles aussi en vivant à l’étranger, c’est de ne jamais pouvoir se faire comprendre parfaitement. Bien sûr, j’ai rapidement fais des progrès assez fulgurant en anglais (partant d’assez bas je ne pouvais que monter !), mais ceux qui aime à utiliser le bon mot me comprendront… Vous savez, le mot juste, celui qui exprime pleinement votre pensée… Pas un ersatz, pas un équivalent, pas un à-peu-prés, juste le bon mot. Celui qui résume en quelques syllabes une situation, décrispe, brise, soulage, fais partager, comprendre… Et puis, mon peu d’humour repose là-dessus, moi, les mots. Jouer avec, trouver le bon, avec le bon ton, l’emphase, le décalage, l’excés… Tout est là. On n’y pense pas, comme ça. On se dit que l’important c’est de se faire comprendre… Et c’est vrai, dans une certaine mesure. Mais au bout d’un moment, on se rend compte que ça manque, cette complexité et précision du langage, cette force du mot, de sa place dans la phrase, de sa forme… Sans vous parler bien sûr de ces 1001 références culturelles qui ne trouvent plus d’écho, loin de leurs origines, et qui avec leur public perdent aussi leur intérêt.

 En bref, sans le français, 95% de mon potentiel d’humour et de rire tombe à l’eau. Alors bien sûr, je n’ai de toute façon jamais étais membre du club des « joyeux lurons du Dimanche », je ne dis pas. Il n’empêche que ça a fini par me peser, de ne pas pouvoir tourner en dérision les mots et les situations… Encore une fois, on ne réalise pas à quel point on fait ça naturellement, spontanément… Comme on rie souvent dans une journée… Désamorcer, décompresser, charier, moquer pour minimiser, relativiser… Autant de choses qui me demandaient en anglais beaucoup d’efforts pour peu de résultats. D’abord parce que la culture américaine ne comprend pas cet usage détourné et quasi subversif des mots ; mais aussi tout simplement parce que la langue ne s’y prête pas : l’anglais va droit au but, simple, rapide, efficace, neutre, fade. Le français s’insinue, les mots se défient, se précisent, fusent et piquent… Quel bonheur que de maitriser, sinon parfaitement, du moins à un haut niveau son outils d’expression !! On ne savoure jamais assez cette facilité avec laquelle les pensées trouvent en un instant les mots pour prendre forme et vie, se matérialiser et sortir, dans le monde réel, à la rencontre de celles des autres… Peut être vous dites vous que ce n’est pas si simple, justement, et que les mots sont parfois trop étriqués pour des pensées qui, n’ayant pas trouvé de coques à leur taille, s’en vont de pas leur monde dans des mots étriqués, mal taillés pour elles. Vous comprendrez alors que cet habillage est non seulement lent et épuisant dans une autre langue, mais aussi bien souvent raté. Ce n’est pas grave, bien sûr. C’est juste l’une de ces choses parmi tant d’autre qui vous pompe encore et encore une énergie vitale disponible en quantité limitée chez chacun… Et participe à cette impression de lutte permanente, contre tout et tout le monde. Lutte pour comprendre non seulement le « gros » du message, mais aussi l’implicite, l’entre-les-lignes, l’insinué, le non-dit. Rien à voir avec la compréhension oral/écrit scolaire, ça va sans dire…

Enfin, que serait la vie sans difficultés ? Et que serait un voyage à l’étranger sans ses prises de conscience et coups de fatigue ? Quelque part, je crois qu’arriver à un stade de saturation de l’Amérique a été le parfait moyen de surmonter la tristesse du départ, des aurevoirs, du « c’est fini ». Yes, it’s over, well over. Sad to leave, glad to be back… So glad to be back! En fait, pour confirmer la théorie selon laquelle l’homme est un être foncièrement insupportable et jamais content, l’anglais me manque !lol Passer de tout à rien n’est jamais une bonne chose. Ba, je trouverais bien à pratiquer à droite à gauche ! J’ai même des cours en anglais qui m’attendent à la rentrée. :S And you guys all kind of speak english, right ? ;-)   

Enfin, ça n’a pas été tout à fait facile de partir, c’est sûr. Je m’attache toujours aux choses, aux lieux, aux objets. Pourtant, lorsqu’est venu le temps de faire ses valises, il a fallu faire des choix simples et radicaux. En d’autres mots, jeter, jeter, et jeter. J’ai bien fait ma sentimentale pour un mimosa séché de San Francisco et un bout de cailloux de Sedona, mais beaucoup des traces physiques de mon passage à Holy Cross sont passées à la corbeille sans me faire ni chaud ni froid. Et tant mieux ! Ma chambre vide et propre paraissait bien tristounette, bien plus que quand je l’ai trouvé… mais finalement, en faisant le vide physiquement on évacue aussi psychologiquement, et on ne garde que l’essentiel.

Me revenait souvent durant l’année, en pensant à ce bilan inéluctable de « l’après », une phrase que j’aime bien :

« La mémoire est un filet. Elle est pleine de poissons quand il sort de l’eau, mais des tonnes d’eau y sont passées sans y rien laisser ».

C’est ce que j’ai fait, finalement, cette année. Pécher des poissons, des beaux, et laisser des tonnes d’eau passer entre les mailles. Toutes ces petites choses sans importance, cette ambiance générale, ce quotidien de défis s’en ira, très vite, dans les abysses froides et sombres de ce qui ne mérite pas qu’on s’en souvienne. Car comme dit Goldman, « il ne faut prendre en ses bagages que ce qui, vraiment, compta ». Et comptèrent des gens formidables, des voyages incroyables et des moments inoubliables. D'ailleurs, ma valise était tellement lourde de toutes ces bonnes choses que j'y ai laissé un maximum de frais d'overweight. C'est dire. ;-)

 

Une autre très bonne chose à propos de ce blog, c’est que je n’avais pas pensé en le commençant à quel point il serait à la fin de l’année une image de mon passage aux US. Je viens pour la 1er fois de relire certains de mes 1er écrits, et c’est vraiment extra (soit dit sans me faire des fleurs hein, ce ne sont pas les textes en eux même mais ce qu’ils me rappellent)! Mes 1er impressions sur les FLAs, sur l’école, mes premières « nouvelles »… Tout ça me parait si loin ! Au fils des articles et entre les lignes, tout est là ; une année de ma vie, et pas la moins dense…  Tous mes poissons, hauts en couleurs et en images !! Alala, que le temps a passé depuis mon premier jour au 12, Caro Street, Worcester, Massachussetts…

Enfin vous l’aurez compris, c’est mon dernier article, et j’en suis un peu « chose ».

J’ai commencé avec vous, je boucle la boucle : merci de m’avoir lue, et par là aussi accompagnée partout… Je vous avais toujours dans ma poche, dans ma routine du campus comme devant les plus beaux paysages.

A très bientôt « en vrai », maintenant que je suis de retour ! J




Marie-Laure

 

Ps : félicitation aux braves des braves qui seront arrivés jusque là. Je crois pouvoir dire sans me tromper que c’est le plus long et compliqué de tous mes articles… Et ce n’est pas peu dire !^^ Que voulez-vous, il y a du relâchement : je pars de plus en plus en vrille, en live… En littérature on appelle ça des « essais ». En langage commun des délires pseudo philosophiques. Chacun y voit ce qu’il veut… :p Et puis, contre toute attente, il y a quand même des gens pour me lire, alors… Qui sait, je continuerai peut être à écrire, sous quelques formes que se soit… Il faudrait d’abord avoir quelque chose à raconter, c’est sûr…^^ Enfin pour l’instant, je vous laisse et m’en vais cueillir moult groseilles et autres merveilles de la nature avant la tombée de la nuit.

Comme quoi, la vie, c’est quand même super chouette. ;-)

 Bisous!


Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus