Partager l'article ! last adventure 2: PS: vous allez peut être remarquer qu'il manque des photos le long de cet article, la direction du blog fait son maximum pour ...

La
vie est une chance, saisis-la.
La vie est un défi, relève-le.
La vie est une beauté, admire-la.
La vie est mystère, perce-le.
La vie est tristesse, surmonte-la.
La vie est un hymne, chante-le.
La vie est un combat, accepte-le.
La vie est aventure, ose-la.
La vie est bonheur, mérite-le.
C'est à la séparation qu'on évalue la force des liens. Gévry
A l’auberge je retrouve Ines, Alberto et Deeny, 3 autres FLAs arrivés la veille. Deeny est avec un de ses amis de Mexico, soit 6 spanish speakers… ça promet. Enfin
pour l’instant, je monte dans ma chambre, où je rencontre mon voisin : un russe de Sibérie qui cherche du travail aux US. J’essaie de pratiquer mes 3 bafouilles de russe… Et me sens ridicule
au possible. Grr qu’il est frustrant de ne pas pouvoir parler plus ! Vive l’anglais, simple et international. ^^ De toute façon je ne reste pas, je dors dans la chambre des espagnoles :
ils ont un matelas gonflable dans la voiture, ce sera plus sympa d’être tous ensemble. Serrés, avec une personne de plus dans une micro chambre ? Ba, who cares…^^ Et puis, je suis à San Francisco : tout va forcément pour le mieux… J
Pour le premier jour, je propose de les guider un peu dans la ville… Ines veut voir les painted ladies, les célèbres maisons qu’on voit partout sur les cartes postales. C’est parti.
Il fait un peu gris, mais c’est sympa quand même.
Ensuite direction Castro et mission où le mexicain demande en mexicain à un autre mexicain dans la rue où est-ce qu’on peut manger…mexicain. MDR. Il parle quasi moins anglais que moi espagnol, alors je cède à la majorité : ça jacasse en spanish du matin au soir. Je suis assez fière de moi :
je comprends, et j’arrive même à faire des phrases qui se tiennent à peu près…^^
de gauche à droite: Deeny, Riki, Ines and Alberto.
Il menace de pleuvoir et je préfère rebrousser chemin avant d’avoir atteint les Twin peaks… Tant pis. Moi, je les ai déjà vues, et les autres sont « so tired » d’avoir marché. Petites
natures… Il faut vite rentrer, et en bus svp. Pour moi, honnêtement, on a quasiment rien fait. Mais eux sont épuisés, et pas près de me suivre de nouveau !lol
De toute façon, j’ai bien l’intention de garder mon indépendance pour le reste du séjour. D’autant que j’ai en vue mes deux défis, que je ne peux qu’affronter seule : Muir Wood, et Angel Island. A nous deux mes cocos.
J’attaque par Muir Wood. Souvenez-vous : j’avais essayé deux fois, en vélo et en bus. Cette fois, je tente une combinaison : je loue mon vélo dés
l’ouverture du rental shop et me jette sur le premier bus venu. Les drivers eux mêmes sont toujours très embêtés pour expliquer comment se rendre d’un point à un autre… Mais les cartes ou autres
renseignements écrits sont si peu fiables que je préfère quand même m’en remettre à des êtres humains… Après plusieurs bus et à force de patience et d’acharnement, me voilà enfin de l’autre côté
du pont. Je me suis rapprochée au plus prés possible, c'est-à-dire encore loin du but…
Sur la carte, ça n’est qu’à quelques rues de distance… Hum. Bien sûr, il faut demander son chemin, chercher, s’éloigner, revenir sur ses pas. Finalement, je trouve une rue, une autre… Et je
commence à voir des panneaux « Muir Wood ». Par contre, ça monte. Ça monte même très sec. Argh !! Me voilà à pied, à essayer de trainer mon vélo derrière moi, en nage, avec
l’impression de faire des pas de fourmis… ça n’en finit pas de monter raide, et je commence à avoir une très belle vue sur toute la vallée, d’ici ! Je me retourne au détour d’une rue pour
admirer le paysage (et me redonner peut-être ainsi courage ?^^) et que vois-je ? Un cerf, tranquille, qui traverse la rue d’un pas serein. Je me dis que le temps de sortir mon appareil
photo il sera parti… Mais comme s’il m’avait entendu penser, il s’arrête et se tourne vers moi… Il attend tranquillement que je prenne ma photo, puis se détourne et continue son chemin. Je
rêve.
Je reprends donc moi aussi ma route vers le sommet. Je transpire sang et eau, mais garde mon écharpe car le vent souffle… Me voilà enfin au bout de cette fichue route, et j’arrive au panneau indiquant le parc national. Ah, je l’ai mérité ce panneau ! D’ailleurs, ça vaut bien une photo. J
Là, la carte indique qu’il faut continuer tout droit. Et tout droit, ça descend !! Ça descend même à pic. Z êtes sûr ? Je m’élance… sauf que ça tourne
aussi, et je ne veux pas finir dans le ravin ! C’est assez frustrant de descendre si vite ce qui m’a demandé tant d’efforts à monter… Je suis debout, quasi à fond sur les 2 freins pour
garder une vitesse contrôlable… Tout ce que j’espère, c’est que je ne me suis pas trompée de chemin et que je n’aurai pas tout ça à remonter ! Enfin, il est probable que se soit mon seul
chemin de retour… Argh, je vais en baver ! Mais pour l’instant c’est plutôt sympa, le vent qui me souffle aux oreilles… Le paysage défile, je descends à toute blinde encore et encore,
jusqu’à un petit panneau rassurant : je suis arrivée à bon port. ENFIN !! Yes !
J’attache mon bolide à un arbre, paie mon entrée et prend une carte de « hiking » (rando) du parc et ses alentours ; puis c’est parti.
Comme toujours, l’endroit est blindé de touristes sur les 300 premiers mètres. Mais au-delà… Plus personne. Très vite, je suis seule au milieu des sous-bois et des « red woods », arbres
géants dont la tête se perd loin là-haut… C’est chouette.
A force de marcher, je tombe sur un petit chemin bien sympa qui semble monter… Monter où ? Et ben pour le savoir, il n’y a qu’à le suivre. C’est une journée très ensoleillée, ce qui permet
d’avoir un peu de lumière même dans la forêt : un rancher vient juste d’expliquer que seul 5% de la lumière du soleil passe au travers les feuilles denses des arbres. Je trouve pourtant
qu’il fait bien jour, moi ! Mais enfin les ranchers sont censés s’y connaître. Toujours est-il que je sors du parc, grimpe et grimpe encore…Ma petite balade en forêt tourne à la randonnée de
montagne. J Jusqu’à arriver à un sommet, d’où j’aperçois… l’océan ! C’est super chouette.
Vous voyez le bleu en haut à gauche? Peut être pas, tant pis... Ben moi, je le voyais, na.
Sur un rocher je vois un couple de hippies assis à admirer la vue. Je dis hippies, j’entends San Franciscains typiques, lui les cheveux un-peu-longs-un-peu-bouclés-un-peu-n’importe-comment, elle
des grosses lunettes de soleil rondes et un espèce de Pancho blanc très peace and love… Tous les deux ont une fleur jaune au coin de l’oreille… J’dis rien, j’ai la même. Il y en a tellement le
long du chemin et elles sont tellement jolies…^^
Du coup nous voilà à sympathiser bien sûr, deux amoureux de la nature… Je leur demande si ils sont déjà allés sur Angel Island, et j’ai la réponse dont j’aurais du
me douter : ils y habitent. MDR je ne savais même pas qu’on pouvait y habiter, mais si, sous certaines conditions c’est autorisé. Ils ne sont que 8 à vivre là bas… J’hallucine… Ils
m’expliquent que ce n’est pas simple car il n’y a qu’un ferry par jour, pour rejoindre la terre et revenir dans l’après midi sur l’île… Il ne faut pas le rater, sinon ils sont coincés. Des vrais
fous, quoi. ^^
Je poursuis ma rando avec eux sur une bonne partie du chemin, c’est quand même plus sympa de se perdre à plusieurs !!^^ Le chemin passe par monts et vallées,
le paysage change de versants en versants… Et nous voilà back dans le bois. Je ne peux pas trop m’attarder, il est déjà tard et il faut rentrer, la route est encore longue… D’ailleurs, mes
craintes se confirment : il va falloir remonter la pente descendue quelques heures plus tôt… ARGH. Triple argh. Les hippies proposent de mettre mon vélo sur le toit de leur petite voiture et
de me remonter… haha vu la tête de la dites voiture, merci c’est sympa mais nan ça va pas être possible. Je n’ai rien pour l’attacher, c’est gentil mais complètement surréaliste. Je vais grimper,
ça me fera les mollets…
Et c’est parti ! Hum. A pied bien sûr, parce que vu la pente c’est même pas la peine d’imaginer rouler… Et je remonte, mètre après mètre… Je croise tout plein
de vélos qui descendent, et m’encouragent gentiment… Après quelques litres d’efforts je finis par apercevoir le sommet, mollets en feu et pieds liquéfiés. Bon, je l’aurais mérité décidément cette
petite escapade ! De nouveau la vue est magnifique, sur les petites montagnes du coin…
Et comme toujours, après la montée : la descente ! L’autre versant est habité, ce qui rend la chose plus
intéressante : plein de jolies maisons avec des jardins incroyables et des terrasses avec vue sur la vallée… Il y a quand même des gens qui ont du bol… Mais ça descend hyper sec encore, je
suis de nouveau debout sur les freins… Qu’est ce que c’est que ce pays de fous ? !!^^
En bas et de retour dans la civilisation, je bondis dans le premier bus pour San Francisco. Un bon gros driver en forme de père noël me dépose à bon port, et je
rends mon bolide. Le pauvre a bien souffert, lui aussi…
Il ne me reste que quelques heures avant la tombée de la nuit… Je monte à la Coït Tower d’où on peut voir le coucher de soleil sur la skyline…
Et puis cette fois mes pieds font grève : le retour à l’auberge s’impose. Quelle journée !! Je suis vannée, sale, le nez cramé et les cheveux en dreadlocks, mais comme d’habitude après
une belle aventure, happy. J’ai eu raison de m’acharner, c’était vraiment bien, ce petit parc !
Le lendemain, une partie du groupe de FLA s’en va : Lola, Eva et Suet-ching. Du coup, on passe la journée ensemble, à Japantown d’abord puis au Civic Center
avec la mairie, la bibliothèque… Ce n’est pas très violent bien sûr, on avance lentement, mais enfin on rigole bien et c’est ce qui compte. Comme personne ne prend de décision, je prends les
choses en mains et « follow me ! »^^. Je nous fais donc passer par la cathédrale Sainte Marie que je comptais bien voir, sur les conseils de Sister N°1. J Pas de résistance, ça suit derrière… Et c’est vrai qu’elle est originale, cette cathédrale. Un peu
« blockhaus » de l’extérieur, en forme d’OVNI, mais imposante de l’intérieur, et avec une croix en vitrail au plafond qui redescend le long des 4 murs… C’est drôle comme les vitraux
sont presque toujours la plus belle partie d’une église… Enfin, pour moi. Et ceux là sont particulièrement beaux, de toutes les couleurs… Il y a une
messe, avec quelques dizaines d’habitués, dont 2 punks qui se remarquent à peine : pourquoi serait-il choquant d’aller à l’église avec des énormes bottes noires en cuir, une crête sur la
tête et des piercings plein le visage ? Vive l’Amérique. J
La journée se finit en piquenique dans un parc où je goûte mes premières cerises de l’année !
Viendront très vite les premières fraises et framboises, qui ont du goût, pour une fois ! Il faut dire que tout ça vient de Californie, c'est-à-dire du coin.
Et ça se sent. Mmmh !! (soit dit en passant j’attends quand même celles du jardin hein, les cerises et les framboises de la maison sont et resteront les meilleures du monde J).
Lola s’achète sur le marché un sac qui dit « le beau est toujours bizarre », de Baudelaire. Nous voilà lancées dans une discussion sur la littérature
française, et je dois dire qu’elle m’en bouche un coin : ce petit bout de femme, du fond de son île méditerranéenne, a lu tout Baudelaire, Voltaire, Balzac, Zola… Et bien sûr, le grand
Victôrrrrr RRRugo, son préféré. Incroyable. Ça fait plaisir en tout cas, d’avoir une conversation un minimum relevée avec quelqu’un de cultivé ; ça ne m’était pas arrivé depuis un moment… Et
Lola est hilarante. Tellement admirative de la France et de sa culture que je m’en sens toute chose… C’est vrai qu’on a la classe, quand même !lol
Ensuite il faut dire au revoir, et ça c’est toujours dur… Nous voilà tous en cercle sur le quai du métro, à se huger encore et encore… Je reverrai Eva cet été,
certainement Lola aussi. Pas Suet-Ching, Taiwan n’est pas au programme pour l’instant… L
Le lendemain, levée aux aurores, je suis la première dans la cuisine. En bonne égoïste qui se respecte, j’utilise moitié du pot de pâte et me fais une montagne
de crêpes : hop, emballées, emportées. Ils en referont, je ne culpabilise pas trop. ^^
Me voilà de nouveau sur un vélo, cap cette fois sur… Angel Island.
ça crache, quand même, comme destination...
Le ferry est plein de gamins : ça sent la « classe verte »… D’autres ont leur sac à dos avec tapis de sol : camper sur une petite île sauvage, voilà qui doit être une
sensation à part... J’aurais pu aussi (et d’ailleurs l’idée m’est passée par la tête, pour tout dire, disposant du matériel de camping des spanish), mais toute seule… Pas que ce soit dangereux…
M’enfin sur ce coup j’ai joué la raisonnable. Y passer la journée sera déjà quelque chose.
En sortant du bateau, j’entends un « Mary ! » à quelques mètres. Je me retourne, parce que, Mary, c’est moi…Je me suis habituée à force et me
reconnais sous cette appellation... Que vois-je ? Ma hippie de Red Wood ! Elle est toute contente de me voir, elle prend le ferry dont je
descends pour passer la journée en ville et me propose de rester diner le soir. Hum… Le ferry repart à 3h. Tant pis, mais c’est sympa !
« hiking and biking map » en poche, je trace ma route pour m’éloigner de la troupe de gamins qui piaillent, crient, rigolent… Des gamins quoi. Des ados
même, ce qui est pire… Mes craintes de les voir s’infiltrer partout sur l’île s’envole très vite : ils s’installent tous devant le visitor center sur les tables à piquenique et sortent leurs
chips… C’est vrai qu’il est déjà, olala, 10h du matin, et ils n’ont pas mangé depuis au moins quelques heures ! Sûr que ces 10 minutes de bateau les ont affamés. Bref, après tout c’est très
bien, restez-là à piaffer, moi j’ai une île à découvrir !
En la voyant depuis la baie, j’imaginais l’île comme un petit bout de paradis terrestre tombé dans l’eau par mégarde, avec cette sorte d’aura mystérieuse quasi
magique, à la fois sauvage et accueillante… Et c’est exactement ce que je ressens de l’intérieur maintenant. Pas déçue pour un sou ! Tout ça n’est pas sans me rappeler la Corse, par
endroit…
Ça grimpe fort, normal, une île c’est souvent aussi une montagne…^^ Mais la vue est superbe sur toute la baie : la skyline d’un côté, l’océan de l’autre… Et
Sausalito et Tiburon, où j’étais allée (encore en vélo !) la dernière fois (cf article sur SF en février). Le tout au milieu des arbres en fleurs, des petits chemins ombragés…
Angel Island est aussi chargée d’histoire, car c’est l’ « Elis Island » de la côte Ouest : les immigrés passaient par là avant d’être soit
acceptés sur le territoire, soit rejetés et renvoyés chez eux. Il y a donc quelques traces, une poignée de bâtiments transformés en musée… Mais je ne suis pas là pour ça, moi. La civilisation,
pouah ! Je prends de la hauteur, encore et encore... Quel pied de pédaler avec cette vue incroyable autour de soi, cette odeur de sel, ce vent marin qui rend le soleil supportable et
agréable… Partout, de petits bancs de bois ajoutent à l’ambiance et invitent à la contemplation : où que le regard se porte, tout est joli.
Mais que vois-je là en bas ? Une belle petite plage abandonnée… Je rêve…
Ni une ni deux, j’attache mon vélo à un poteau, et suis le petit chemin de sable qui descend vers la mer. Là, il n’y a que la famille Coin-Coin, père mère et fils
qui se dandinent au soleil.
Eux… et moi. L’endroit est surréel, avec ses rochers et la vue sur San Francisco qui parait loin là-bas, tout petit au-delàs des vagues…
Je laisse mes chaussures et mon sac sur un tapis de fleur (véridique, je n’en rajoute pas, je vous promets. D’ailleurs j’ai des photos je peux tout prouver. Lol) et me voilà les pieds dans le
sable chaud, dans ma petite crique privée. J Pincez-moi.
Là, certainement l’influence américaine, et vous allez dire que je ne vaux guère mieux que ceux dont je me moque à
tour de bras, mais je ne trouve rien d’autre à faire pour compléter le décor que de sortir… un bon pancake, encore tiède car bien emballé avec ses confrères. Rââ.
Je ne traine pas trop, car je n’ai que quelques heures avant le dernier ferry, que je ne veux pas rater… Hop, j’enfourche mon cheval, comme dirait Amélie, et c’est reparti. Ça monte quand même rudement tout ça… Et puis, devant la pente menant au sommet, ce petit panneau : « no bike ». Hahaha, vu le degré d’inclinaison, merci, je n’avais pas vraiment envisagé cette possibilité. C’est quand même très drôle qu’ils le précisent… Vous escaladeriez un mur en vélo, vous ? ^^ Bon c’est parti pour la grimpette. Il faut dire que j’ai pris le chemin le plus court pour monter, et donc le plus raide, logique. Au sommet, jolie vue sur l’océan et les alentours… Je croise un couple de texans, premiers êtres humains depuis un bail… Ils ont un accent du tonnerre et me vantent les mérites du Texas. Bizarre, je ne suis pas vraiment convaincue… Ils me conseillent aussi tout un tas de choses à voir à Seattle et Vancouver… à croire que tout le monde a déjà tout fait/ tout vu ici ! Enfin ils sont sympas, et s’en vont vite de toute façon, me laissant seule avec le sommet.
De retour on the road, je termine mon cercle pour revenir au port quand j’aperçois en bas des petits bancs de sable… Une, puis deux plages de sable blanc, désertes,
sauvages, appelant désespérément… Bah, j’ai encore le temps. Liberté suprême de la solitude : j’ai envie de m’arrêter, je m’arrête. C’est tout bête, mais ces quelques jours « en
groupe » me font apprécier cette soudaine liberté retrouvée. Bref, je me fraye un chemin au travers des prés et des rochers pour atterrir de
nouveau dans un paysage de carte postale. Un panneau indique « pearl beach » : quelqu’un a baptisé ma plage !^^ Les vagues se cassent sur des arbres morts blanchis par le
soleil…
Les galets brillent au soleil, et en gamine qui se respecte, j’en remplis mes poches. Oh, le beau vert ! Oh, le beau bleu marbré ! La couleur se fane un peu quand ils sèchent, mais
qu’importe : je ramènerai des petits bouts d’Angel Island. Pourquoi devrait-on grandir ?^^
Cette fois il faut y aller, au revoir les rochers, les vagues et les galets. Je finis le tour de l’île et redescends vers le visitor center. J’y retrouve ma horde de collégiens (ont-ils seulement
quitté le port et ses tables de piquenique?!) prête à repartir. J’embarque pour le ferry, et monte sur le pont : ça tangue !! Impossible de se tenir debout, le vent s’est levé et
secoue sérieusement le bateau comme une coquille de noix. L’écume m’éclabousse à chaque vague… Quelle sensation que d’être à la proue d’un bateau dans la tempête ! Liberté absolue… Bon, ce
n’est pas de la grosse tempête bien sûr, et quelque part tant mieux. Je ferais certainement moins la maligne, mais enfin c’est extra, et je repense à Forest Gump avec son crevettier dans la
tourmente… ^^
Back sur le plancher des vaches. Je voulais aller au Golden Gate park, et j’en prends d’ailleurs bravement (ou stupidement ?) le chemin… Mais je craque en route : j’ai suffisamment de kilomètres dans les pattes comme ça, je suis vidée. J’abrège donc mon tour en ville et termine ma journée dans la rue animée longeant le port. Un jeune joue du piano et chante sur une petite place, les gens s’attroupent, tapent des mains… Ambiance d’un soir d’été en bord de mer…
A l’auberge, mes petits FLAs sont rentrés de leur journée. Le mexicain se met en tête de faire de la magie, et nous voilà tous partis en fou rire… La fatigue doit participer, m’enfin je vous mets quand même un de ses numéros, vous allez comprendre. De la magie comme ça, on en voit pas souvent. J
Je suis censée partir le lendemain pour Yosemite avec eux. Seulement voilà… Je viens de discuter avec un français qui en revient, et qui me confirme plusieurs craintes :
- D’abord tous les campings à l’intérieur du parc sont blindés, il faut faire une réservation jusqu’à 6 mois en avance. Je m’en doutais bien, quoi qu’en disent mes chères hispaniques. Ça veut dire qu’on va devoir galérer à essayer de trouver un bout de pré en dehors du parc, et c’est pas gagné…
- Ensuite, inutile d’espérer camper sans sac de couchage. Si il fait très chaud la journée, les températures tombent la nuit, sous-pulls et polaires n’y feront rien. « Tu vas crever », qu’il me dit gentiment. Sympa le gars, mais honnête. Très français, quand on y pense. ^^
- On ne dirait peut-être pas, vu comme j’en parle, mais je promets que je les aime bien, mes 3 spanish et mes 2 mexicains. Je les aime bien, mais je les ai vus à l’œuvre : dans une tentative en direction des twin peaks, il a fallu monter une rue en pente, et ça a été la croix et la bannière. Il a fallu tirer, pousser, encourager… Caricaturale à l’extrême. En haut, ils se sont pris en photo pour témoigner de l’effort accompli… Là, j’ai réalisé que de la randonnée en montagne avec eux, ce n’était pas envisageable une seconde. Or c’est la seule chose à faire dans un parc comme Yosemite ! De tout ce que j’ai pu lire sur le parc, le mieux à faire c’est encore de partir tôt le matin, marcher toute la journée et rentrer à la tombée de la nuit, fourbu et les yeux pleins de belles images. Ce n’est absolument pas envisageable vu ma compagnie, et je sais déjà que ça va me frustrer, pour le coup.
- Je suis franchement fatiguée de mes derniers jours plutôt sportifs et ne me vois pas du tout dormir à l’arrache, à même le sol à 6 dans une tente de 4, etc etc… C’est un coup à être morte avant de partir pour le Nord, et ça ce ne serait pas malin du tout.
- Je n’aurais de toute façon qu’une journée dans le parc car j’ai mon billet pour Portland le 24. Que peut-on voir d’un immense parc national à l’américaine en une journée ??!
- En restant j’économise le prix de la voiture et du bus pour revenir, ce qui n’est pas négligeable vu l’état de mes finances.
Bref, je m’arrête là, je me suis déjà trop étendue : un tas de raisons matérielles qui me disent que tout ce bazar n’en vaut pas
la chandelle. Et surtout, plus que tout ça, une raison toute bête mais radicale : ça ne me dis rien, mais alors rien du tout. Et j’ai appris à m’écouter, parfois. Alors, pour la seconde fois
en quelques semaines, c’est la panique à la dernière minute : il faut annuler la 2eme voiture (à 5 ils tiendront dans une), ce qui signifie aussi trouver une solution pour laisser les
bagages…Bref, la pagaille. Et c’est moi qui fiche le binz, encore... Riki le mexicain est tout paniqué : « he doesn’t know you yet,
that’s why… » me sort Iria. Comment ça! Je suis si tarée que ça ? « Of course, you’re crazy ; but I admire you. You’re crazy, and brave ». Bon. Ben si vous le
dites. Pour l’instant je ne me sens ni folle ni brave, juste soulagée. Je vais avoir le temps de préparer un peu mon passage dans l’Oregon et au Canada : il me faut des dollars canadiens,
imprimer mes billets, tout ça… Du détail, mais je serai plus tranquille une fois les choses bien ficelées. Je reste la fille à mon père, quelque part, loin sous la couche de folie
maureenne… :p).
J’ai de la chance, l’auberge a encore un lit de libre pour les deux nuits suivantes. Dans un dortoir à 6, mixte,
but who cares. Ce sera mieux que de grelotter quelque part entre SF et Yosemite… Je ne suis même pas déçue : maintenant que je sais comment tout ça fonctionne, je reviendrai un jour à
Yosemite (comme à Yellowstone) en ayant bien préparé mon truc, et je ferai ça bien. Na.
Pour l’instant, rester signifie aussi dire au revoir, encore… En finira t-on jamais avec tous ces adieux ?! En fait j’aurais fait ça par petits bouts, en plusieurs fois… Ce n’est pas facile car ce sont quelques uns de mes préférés, ils ont été vraiment sympas de m’embarquer avec eux tout en me laissant assez libre, et on a passé des supers moments, non seulement toute l’année mais aussi ces derniers jours ensemble. Iria, Deeny, Alberto, Ines…
Ci-dessous, en train de s’acharner à tout faire rentrer dans le coffre. Heureusement, c’est une voiture américaine, et donc forcément énorme. N’empêche, c’est juste…
Voilà, la voiture s’éloigne et emporte avec elle mes derniers amis sur ce continent… Avec eux, c’est finalement vraiment la fin de cette année à Holy Cross. Plus rien ne me relie à Worcester désormais, et je suis officiellement en vacances dans l’Ouest, « on my own ». I’m a poor landsome cow-boy…
J’ai un peu le cafard pour le coup, mais ne regrette pas ma décision… Et puis ça ne dure pas, après tout, je suis à San Francisco !! Et pars bientôt pour Portland ( !!), Seattle ( !!!!), Vancouver ( !!!!!!)… J’ai toujours rêvé de ces villes, surtout Seattle… Let’s go !!! J De nouveau seule dans l’aventure! C’est pour ça que je suis là, non ?
Et puis, un des nombreux avantages des « hostels », c’est qu’on ne peut pas s’y sentir seule. C’est tellement vivant, et ça grouille de jeunes sympas qui trainent leurs guenilles de par le monde… Toutes les langues et tous les accents s’y mélangent, entraide et système D à leur maximum… Je retombe dans la cuisine sur mon gentil français avec qui j’avais parlé de Yosemite. Il est surpris de me voir ! Lui part le lendemain pour Miami… Du coup on discute un peu (j’en reviens, j’ai aussi des choses à lui dire, héhé !) et il me dit qu’il a passé l’année ici, en tant que… prof de français dans un College privé. Elle est bien bonne. Bienvenue au club !
Autour d’une assiette de pâtes (pas vu de légumes depuis un bail, désolée maman, mais enfin ce n’est pas le pire, des pâtes bio complètes avec de la sauce tomate. On fait ce qu’on peut. ), nous voilà à nous raconter nos expériences mutuelles, nos surprises, nos impressions, nos découvertes, nos chocs, nos bons moments… Et c’est à peine croyable à quel point systématiquement, je m’exclame « moi aussi ! » après chacune de ses phrases… Il était en Caroline du Sud, et la seule petite différence entre nos deux expériences a certainement été le temps. Le reste ? Copier-coller. Surtout au niveau de nos observations sur les US… Les interdictions, leur mentalité, leurs obsessions, leurs incompréhensions, leur attitude… De la tenue vestimentaire des étudiants aux examens en passant par le sport et l’ambiance du campus, un seul mot : « Exactement ! ». Après quelques heures, la conclusion s’impose que les étudiants sont les mêmes dans l’ensemble du pays, et que les américains du Sud ressemblent traits pour traits aux américains du Nord. Dîner super intéressant en tout cas, et parler de mon expérience au passé aide à dresser un bilan de l’année écoulée… J’en ai fait des choses, quand même !!^^ Lui est à Normal Sup, à Paris. Je ne le reverrai certainement jamais, mais d’avoir vécu la même chose cette année nous crée tout de suite un lien, et je me sens comme avec un vieil ami d’enfance. Je l’ai raté le lendemain au petit dej, et n’ai pas pu lui dire au revoir… J’ai d’ailleurs réalisé à ce moment que parmi tout ce qu’on s’est dit, il manque une information essentielle : je ne sais même pas comment il s’appelle…^^
Je dors comme une masse, et bénis les suédoises qui me réveillent en quittant la chambre : 10h-20. Je bondis : mes pancakes ! La cuisine ferme à 10h
tapante. Me voilà donc en pyjama, les marques de l’oreiller encore sur la joue et les cheveux en bataille, poêle et louche en main. Hé, c’est que je paie, moi. Vous savez combien c’est une gaufre
et un café dans un Starbuck ? ^^ C’est la radine en moi qui parle. La radine, ou tout simplement la française. Ou serait-ce plutôt la crevarde, la Lanceau teintée de Boudier par
confluence ? J Peu importe, je me sens mieux devant une assiette de pancakes dorés. Rien de tel pour commencer la journée.
Journée qui ne sera pas violente… Je tombe de sommeil et me recouche jusqu’à… hum, tard. Ben oui, j’ai mal dormi toute l’année, alors quand on lève la pression,
pfff… Je pars donc en début d’après midi et marche jusqu’au quartier latino histoire de pratiquer mon espagnol et négocier des fraises à 1$ la grosse barquette, remplir mon sac de mangues et
apprécier un VRAI burrito. Direction Castro, le quartier gay qui arbore de grands drapeaux arc-en-ciel après les lampadaires… Rien de spécial à y faire, je continue par Haight-Hasburry, quartier
hippie… Bref, je marche et marche encore, dans les rues qui montent et descendent sans fin… Cette ville s’est construite sur de la tôle ondulée !
J’avais entendu parler d’un Carnaval à Mission avec concert en plein air, et me rends donc au dit-lieu de rendez-vous, petite croix sur ma carte. Mais là, devinez quoi… L’entrée est bardée de policiers : portails détecteurs de métaux, chiens de garde renifleurs de coke, fouille systématique. Mais c’est pas vrai, mais c’est pas vrai… La liste des « prohibited items » est affichée en grand, gros, gras. Elle me fait d’abord rigoler : alcoholic beverages ou weapons, ça, je m’en serais douté. Mais je rigole beaucoup moins avec « any kind of food » (je viens de m’acheter de quoi me faire un vrai bon sandwich pour survivre au voyage cet aprem et ce soir), « sticks » (vaste catégorie qui inclut mon stylo plume, par exemple) et « beverages » (et mon jus de pomme ! Qu’est-ce qu’il vous a fait mon jus de pomme, hein ?). Devrais-je essayer de manger/boire mes provisions et envisager de me séparer de mon stylo préféré pour entrer ? Je me renseigne auprès d’un policier pour savoir si il y a moyen de laisser des choses à l’entrée et de les récupérer à la sortie. Non, évidemment. « your bag is too big anyway. » qu’il me sort, comme ça, froidement. Il ne rougit même pas de l’aberration qu’il vient de prononcer. Trop GROS, mon petit sac à dos? Mais c’est QUOI leur PROBLEME, à ces tarés ? Trop gros, juste pour marcher dans une rue un peu animée, avec des gens et de la musique ?! Je rêve, je rêve. Histoire de me confirmer qu’ils ont complètement perdu l’esprit, je relis la liste des interdictions : c’est vrai qu’un frisbee, c’est teeeeeellement dangereux. Des meurtres au frisbee, ça arrive tous les jours. En même temps, QUI penserait à faire du frisbee pendant un concert… Ou du roller. Ou pire, pourquoi pas carrément boire de l’EAU, qui sait !! Les gens sont tellement inconscients de nos jours, vous savez… C’en est trop, « va ch*** le Carnaval de Mission », moi et mon gros sac nous en retournons d’où l’on vient. Nan mais, qu’est-ce qu’ils croient… Sont pas nets franchement. Le pire dans tout ça, c’est que je suis la seule à trouver ça choquant. Autour de moi, tout le monde se fait refouler : « no dog, sorry », « you’ve got to finish your drink before enter », « no umbrella, miss»… Autant de phrases qui feraient HURLER en France. Depuis quand on a pas le droit de balader son chien (et en l’occurrence un chihuahua dans un sac !) ou d’emmener son parapluie sur une foire ou un marché de Noël ? L’Amérique pays de la liberté ? Laissez-moi rire, mais alors laissez-moi rire.
De retour dans mon dortoir, il n’y a plus que l’allemand, Stephen. En fait, il est en train de chanter sous la douche… MDR. Du coup il se sent un peu bête en sortant quand il réalise que j’étais là… « did you ear me singing ? » Moi ? Naaaaaaaaaaaaan…Je viens d’arriver. Lol
Il est super sympa, rigolo, à SF pour quelques semaines pour clôturer sa traversée de la Californie. Ce n’est pas si bizarre que ça finalement d’avoir des gars dans les lits d’à côté : entre le russe muet et le canadien qui essaie de pratiquer son français, je me marre bien. Et puis il y a aussi des filles : deux suédoises la première nuit, remplacées par 2 frenchies de Toulouse la deuxième.
En rentrant ce soir, je pensais me coucher tôt, peut être écrire mon blog… Rien de précis. Mais comme la nature a horreur du vide… J’ai appris à être sociable à force de voyager mine de rien… Alors, histoire de, je lance la conversation avec l’Allemand. D’abord, je tente le « ich spreche ein bischen deutsch », et ça marche plutôt bien. Surtout les 3 premières minutes. Il répond en allemand, et je comprends au moins… 1 mot sur 4. La honte. J’essaie de suivre, je sors 3-4 phrases et me sens pitoyable. L’air de rien, il me fait « was ist einfacher für dich, Deutsch oder English ? » La bonne blague… Ben on va rester en anglais, hein, si ça te dérange pas…^^ 9 ans d’étude de la langue allemande, et voilà le résultat. Y ‘a de quoi se cacher franchement. Enfin je peux me consoler, l’anglais, ça va plutôt bien… ;-) Je vous entends d’ici hurler « ben encore heureux ma vielle, quand même ! » Oui, encore heureux, mais bon c’est déjà ça.
Bref, en anglais, c’est parti pour une réflexion globale sur les US, les voyages, et une étude comparée des cultures européennes et
américaines. De nouveau, je suis frappée par le fait que nous autres européens avons la même impression face à l’Amérique, la même réaction, les mêmes conclusions. Je me retrouve dans tout ce
qu’il dit, et après quelques mois sur le continent Nord américain on a tout les deux eu les mêmes problèmes, apprécié ou détesté les mêmes choses. On pourrait penser que c’est assez normal,
puisque qu’on parle du même pays. Pourtant, c’est bizarre de voir à quel point je me sens proche de cet allemand comparé aux Etats-Unis : je n’avais jamais réalisé à quel point les européens
ont en commun. Conversation passionnante qui l’air de rien, a fait passer la soirée. Au lit ! Demain, je m’envole pour Portland. J
Certainement un complot de mon organisme pour mieux récupérer, mon réveil m’a définitivement lâché. Du coup, j’émerge à… 9h50. Argh ! Check out est à faire
avant 10h, sous peine de perdre son key deposit de 10$. Sans parler du petit dej qui ferme dans 10 minutes ! Horreur et damnation. Qu’est-ce qui me prend nom de nom, de dormir comme
ça ! C’est pas bientôt fini, oui, miss mouche-tsé-tsé !? Je bondis dans un jean, enfile un pull et courre à la réception. « You’ve got to bring your shit and towels downstairs before checking out…» qu’elle me dit, sourire en coin. 10h56, draps et serviettes dans la corbeille, je suis limite de
les lui balancer, mes clés, à cette bonne femme. Ce n’est pas sa faute si je joue les belles au bois dormant, mais faudrait pas abuser de ma patience, particulièrement limitée 6 minutes après mon
réveil. Je veux mes 10$, nan mais. Elle finit par me les donner, et je fonce dans la cuisine. Ils n’ont pas remballé, cool, j’ai le temps de me faire
quelques provisions. Les espagnoles ont oublié leurs céréales et leur lait (volontairement ? Qui peut savoir ce qui se passe dans leurs petites têtes…), et je « me sacrifie », au
nom de la faim dans le monde, pour éviter tout gaspillage (comment se donner bonne conscience en se remplissant le ventre de miel pops…^^). De retour dans mon dortoir, en toute
« illégalité » cette fois puisque je n’ai plus les clés. Douche, valise, lit… Je laisse ma valise et mon sac dans un placard prévu pour ça (qui ne ferme pas à clé d’ailleurs, et dans
lequel chacun entasse ses affaires n’importe comment, sans noms ni étiquettes. Ça sent fort la confiance, le n’importe quoi et l’honnêteté) et direction Mission. Il parait qu’il y a une parade
là-bas… Let’s see de quoi il s’agit. J’espère que cette fois on me laissera entrer avec une pomme, une bouteille d’eau et pourquoi pas même mon énooooorme sac. N’empêche, juste au cas où, je
laisse mon stylo plume dans la valise. On est jamais trop prudent. Pays de fous.
Mais ô miracle, pas de fouille à l’entrée. Ouf. En fait, c’est une parade organisée par le quartier latino et dans laquelle tous les pays d’Amérique latine sont
représentés. Chili, Bolivie, Pérou.. C’est assez intéressant de voir les différences culturelles entre tous ces pays au travers des chars et des danseurs…
Le problème, c’est que ce ne sont pas des « vrais » latinos, mais plutôt des Latino-Américains. Et ça suffit à tout casser… C’est comme le cheddar dans les burritos. Comment vous expliquer… Prenons le Brésil, par exemple. Pour le Brésil, vous avez forcément des danseuses de Samba, avec force plumes et paillettes. Normal. Vous avez tous vu des images du Carnaval de Rio… Elles ne sont pas très habillées on est d’accord, mais enfin c’est la samba à Rio, ça va avec le décor et ce n’est pas choquant ; c’est culturel. D’ailleurs, elles sont plutôt jolies, souvent, les danseuses de samba, avec toutes leurs couleurs, leurs costumes, masques etc… Disons qu’elles savent porter le micro short à paillettes et que les plumes de paons leur vont bien.
Et là, la vie est injuste, mais la même chose sur des américaines, tout de suite, c’est vulgaire. Hyper vulgaire. J’hallucine : des vielles, des grosses, des tatouées, des fripées… Le plus souvent tout ça ensemble… Fagotées à mort dans un truc rikiki quand c’est pas tout simplement en string doré (et en basket, svp, la grande classe), et va y que ça remue de la cellulite… Quelle horreur. Je vous épargne les détails, et les photos… Peut être juste une pour vous montrer que je n’exagère rien…
On pourrait dire que c’est bon signe : pas de complexes, pas de culte du corps parfait… Mouais. On pourrait. M’enfin quand même, beurk, ça vous couperait l’appétit. Enfin ce n’est pas le cas des gens qui regardent, parce que comme à leur habitude, ça mange, ou plutôt ça bouffe… Toute cette chaire blanche toute moche sur fond olfactif de Tex-mex graisseux me soulève le cœur. Par ici la sortie ! J’essaie de trouver un bus… et renonce. Bon sang mais qu’ils sont mauvais, impossible de rejoindre le centre ville depuis un quartier pourtant populaire et pas très éloigné… Qu’à cela ne tienne, je trace la route. On est jamais mieux guidé que par ses pieds. Je pick up ma valise à l’auberge et direction l’aéroport, en Bart (métro). En chemin je croise 2 françaises, une du Sud et une d’Alsace, en stage à San Francisco… Elles se sont rencontrées dans l’auberge où je suis actuellement…Décidément, le monde tient dans un mouchoir de poche.
A l’aéroport, je retrouve mes réflexes de bourlingueuse. Bording pass. Security check point. “this is
too big”, et va y qu’on essaie encore de me chourer une micro bouteille de gel douche... NAN MAIS C’EST PAS UN PEU FINI OUI !!!! C’est que ça commence à bien faire, BANDE DE PARANOS
ACHARNES !!!! Je vais craquer, je vais craquer ! Sérieux, c’est une miiiiiiicro bouteille, plus petit j’aurais pas assez pour une seule douche. Allez, quoi… J’ai le petit sac zippé qui
va bien et tout pourtant, j’essaie, je vous promets ! Pfff… Bref, la galère passée et mes quelques millilitres de gel sauvés à grand coup de négociations : embarquement,
décollage.
Je ne me lasse pas de survoler les champs américains, immenses même vus d’avion, et si carrés, si organisés…
Notre petit bocage est à la fois ridicule et plein de charme à côté de tous ces gigantesques carrés bien propres. Entre deux montagnes, je revois des ronds, verts, jaunes, bruns… Rien à faire, je
reste une petite fille collée au hublot, émerveillée par un lac ciselé, une rivière tortueuse, une montagne enneigée. Les quelques 80 minutes de vol
passent trop vite. Me voilà à Portland airport… D’abord, les informations. Un gentil monsieur m’explique comment rejoindre ma première adresse pour la nuit, un motel en l’occurrence (plus
d’auberge, j’ai réservé trop tard… Je change le lendemain.), et ô merveille, c’est accessible en métro ! Merveilleux. La machine ne prend pas le cash et refuse ma carte, pour quelques
obscures raisons. Allons bon, nous vl’à beau comme on dirait par chez nous. Un couple de petit vieux vient à ma rescousse : ils reviennent d’Italie et rentre chez eux, ici. En chemin j’ai
donc droit à un historique de Portland, les choses à voir, tout ça… Arrivée à ma station, je cherche le numéro 11234. Pas de bol, j’aperçois un 9256. Argh… Je pourrais prendre le taxi, dans
l’absolu… Mais c’est plus fort que moi, je déteste vraiment ça. Après tout, je suis jeune, ça sert à ça, je vais marcher. Pff… Fait chaud...Paradoxalement bien plus qu’en Californie ! Et
puis c’est pas la porte à côté… Heureusement que je ne reste qu’une nuit, demain je serai en ville, ça sera nettement plus simple. J’arrive après près d’une heure de marche, au pas de course,
avec sac et valise. Arf…
Là je veux qu’on m’explique pourquoi les hôtels (ou motels et autres confrères) sont plus chers que les hostels (« auberges de jeunesse ») : ici, pas de WIFI, pas de petit-dej, pas de cuisine à disposition, pas de laundry, etc etc. Bon. Vivement demain. Mais la chambre est très bien il faut reconnaître, pour quelques dizaine d’euros.
Après le rinçage d’urgence, la geek en moi fait valoir ses droits : je ne suis pas allée sur Internet depuis…au moins…hum… hier. Bon, d’accord, je suis accro, je reconnais. Mais il est trop tard pour descendre en ville de toute façon, à cette heure tout sera fermé… Je commence à les connaître, ces ricains ! En marchant j’ai vu un petit café qui m’a l’air bien sympa, avec entre autre des mots alléchants sur la porte comme « iced coffee » et « free wifi »… Laptop sur le dos, en route. Je me sens mieux une fois « connectée », mine de rien Internet est mon premier lien avec le reste du monde, notamment avec vous mes chers lecteurs ! J 57 messages… Plait-il ?!?!? Ah oui : je viens de publier un album avec les photos de la première partie de mon voyage, « last adventure » et chacun y va de son commentaire… Extra de voir comme facebook réunit en un seul et même lieu ma famille, mes amis français et les FLAs. Les voilà qui se répondent mutuellement à coup de comments sur mes pictures… En français, en anglais, en espagnol… Et la mondialisation n’a plus de limite. ^^ En tout cas ça fait plaisir de voir que tant de monde réagit, et quelque part qu’on ne m’oublie pas !lol
Le temps file, et la nuit tombe. Retour à la case motel. Au dodo… ou presque : d’abord, je voudrais bien mettre mon blog à jour… Je vais écrire un peu. Juste 1h ou 2… Ou 3. En fait, ça fait bientôt 4. Pourquoi, mais pourquoi est-ce que je ne sais pas faire court ? Abréger, écourter, simplifier. Nan. Il faut toujours que je développe, hein, c’est comme ça… D’ailleurs là encore, je palabre pour pas grand-chose, je me fais des réflexions personnelles complètement HS et dont tout le monde se f***. Bon, je suis fatiguée, ça doit jouer aussi. Toujours est-il que cette fois, je file. Vous savez tout, de toute façon ! Si vous avez suivi jusque là… :p
Demain, Portland. Ne vous inquiétez pas, je vous raconterai… ;-)
Toujours le même rituel, packetage (2 défis : tout faire rentrer et ne rien oublier !^^), checking out… Et me voilà on the road again, sac sur le dos et
valise en main, dans le soleil et la fraicheur du matin… La ville est à moi. J
Première étape : trouver mon auberge et y laisser mes affaires. Grâce à leur « tramway », je me rapproche au maximum, puis essaie de me repérer tant bien que mal entre les rues, les « NW » et « SE », etc… Je sens que je me rapproche car je croise de plus en plus de jeunes avec des têtes de tout-sauf-américains…^^ J’arrive finalement devant une ancienne maison à l’anglaise entourée de grands buissons de fleurs. Sympa ! Une petite chinoise ultra dynamique me fait faire le tour des lieux et m’entoure sur une carte tout ce que « you don’t want to miss in Portland». C’est parti ! Il est déjà 10h passées, je n’ai que jusqu’à ce soir pour tout voir de la ville.
Heureusement, Portland est une ville relativement « petite » et concentrée : le bus et le tramway sont gratuits en centre ville (woua!!!) et avec des bonnes jambes on peut tout marcher de toute façon.
J’attaque par ce qui fait la célébrité de Portland et lui a donné son surnom (« roses city ») : le jardin des roses, situé au sommet d’une colline faisant face au Mont Hood que j’avais vu d’avion. Bon, ça grimpe fort, mais après San Francisco, pfff, une paille. Et effectivement il est sympa ce jardin des roses… Surtout que j’étais censée arriver pendant la floraison… Mais comme le printemps est très en retard cette année, sur 10 000 roses à venir seules… 30 sont écloses. Bon, ben on s’en contentera. Elles sont très jolies, ces 30 roses. ;-)
Ça doit être impressionnant quand même, 10 000 roses… D’ailleurs on les voit, les pieds couverts de boutons prés à éclore… Je me console avec toutes les autres fleurs, de toutes les couleurs… Il fait un temps magnifique, je ne me suis jamais sentie autant en vacances depuis que je suis partie…
Et puis, la vue se défend. J
Dites bonjour au Mont Hood. ^^
Ensuite vient le Japaness Garden. Pour la première fois, être un « college student » me donne droit à, attention, 75 cents de réduction ! Hum, passons. C’est petit je dois dire, mais bon, c’est rigolo. Il y a des bonzaïs, des statues en pierre, des pommiers et des cerisiers en fleurs… Beaucoup d’érables rouges, dont je ne pensais pas qu’ils étaient typiquement japonais… Bien sûr, il y a aussi le « jardin japonais » en lui même, c'est-à-dire ces pierres au milieu des graviers, censé aider à la relaxation et qui, bizarrement, me stresse toujours. C’est trop bizarre, je sais pas… Vraiment pas mon truc. Enfin, pour la photo, allons-y pour un peu de « Zen attitude ». ^^
Il y à aussi une petite cascade, des petits ponts… Tout plein de fleurs bizarres… Un chouette petit jardin, quoi.
Redescente en ville où je commence le "sillonage" : place centrale, bibliothèque, pioners house, Ank Tower…
Beaucoup de musiciens dans les rues, beaucoup de homelesses aussi… On m’a recommandé le « Chiness garden », en plein cœur de la ville. C’est très…chinois, et américains en même
temps : les rochers sont faux, et ¼ de l’espace est occupé par un grand « café » où on peut boire du thé ou manger de la "plus ou moins" chinesse food.
Mais enfin c’est chouette aussi, de l’eau, des ponts, des bambous…
On a vite fait le tour quand même, pas de quoi en faire tout un plat.
D’après la carte, je suis en plein Chinatown, mais heureusement que c’est précisé hein, parce que ça ne se voit pas vraiment…
Me reste à voir "Powell", the largest bookstore in the world. Moi qui raffole des Borders (grands magasins de livres), j’en salive d’avance. Le dit store occupe prés d’un « blok », c'est-à-dire d’un carré d’habitation contenu entre deux streets et deux avenues. En clair : c’est vraiment, vraiment immense… Presque trop d’ailleurs, car comment s’y retrouver ? Il y a des cartes en couleurs en grand sur les murs : salle rouge pour l’Histoire et la Musique. Salle bleue pour la santé, la psychologie et la cuisine. Salle…. Ça n’en finit pas. Impossible de juste « flâner » dans les rayons, on se sent comme dans une énorme réserve… « Les livres ont gagné, c’est leur territoire » dirait Goldman. Drôle d’ambiance, qui n’est pas celle que j’attendais…
Je passe devant le rayon « christianisme » et « spirituality », et par simple curiosité, je demande à la petite dame là-pour-ça si ils ont un auteur du nom de Abd-ru-shin. Elle me trouve le nom du livre (« it’s comes in 3 volumes » lol Oui merci je sais), mais… « No we don’t have it. I can order it if you want. » Nan ben ça ira, mais c’est bien la peine d’être le plus grand magasin de livre du monde, et d’avoir tout et n’importe quoi en rayon.
Par contre, au rayon « french littérature », je me marre… Il y a de tout, de Balzac à Patrick Poivre d’Arvor… Et là, que vois-je ? « Le petit Nicolas et les copains »… hihi ! Vous me direz qu’on ne va pas au bout du monde pour s’asseoir dans une gigantesque librairie et lire des histoires du petit Nicolas. Et je vous répondrai que c’est justement au bout du monde que ça me fait le plus plaisir de retrouver Marie Edwige avec son shoot terrible, Maixent et ses coups de poings sur le nez, Le bouillon et ses « regardez-moi bien dans les yeux ». Magie des livres, que de vous transporter en un instant en d’autres lieux, en d’autres temps… J
Je continue mon périple en traversant le Steel bridge jusqu’au Convention Center. Vue sur la Willamette river, les voiliers qui passent au gré du vent… Balade au
bord de l’eau… Bus jusqu’à l’extrémité Sud de la ville.
Là, il parait que c’est une « cosy area », et de nouveau, je me dis que je ne comprendrai jamais les ricains. Une « cosy area » (un coin sympa),
c’est une rue avec des restos. Beaucoup, beaucoup, de restos. Mais ça finit par bien faire, nan mais qu’est-ce qui ne va pas avec eux ?? Il faut manger pour vivre, pas vivre pour
BOUFFER ! Bon, je sors de là, y’avait rien à voir. Je remonte tout le bord-de-rivière, dans la lumière du soir… Lumière qui baisse, d’ailleurs : cap sur l’auberge. La petite chinoise me
demande comment était ma journée, si j’ai aimé Portland et… si j’ai bien mangé. M-D-R. En fait maintenant que j’y pense et en y réfléchissant une seconde je réalise que nan, j’ai bien dû boire
quelques litres mais je n’ai rien mangé depuis le matin… Prise dans la course je n’y ai tout simplement pas pensé. Lol Je ne lui dis pas, la pauvre ne comprendrait pas. La cuisine met à
disposition des pâtes et autres trucs de base, je me rattrape avec une plâtrée de flocons d’avoine.
Là je sais que je radote, mais vraiment les auberges, c’est cool !! 4 filles dans mon dortoir, chacune son histoire, son origine, sa destination… Entre celles
qui « passent » et celles qui « restent », les voyageuses, celles qui cherchent du boulot… On discute un peu, s’entraide beaucoup. Une jamaïcaine m’explique comment me
connecter au Wi-FI de l’auberge, en échange je la laisse checker ses emails… Douche et dodo. Wou ! Belle journée… Cap sur Seattle, Seattle, SEATTLE !! Rien de mieux pour s’endormir que
de penser au voyage qui vous attend le lendemain…. J
J’émerge à 9h… Seule dans le dortoir. J’ai vaguement entendu des bruits dans la nuit, mais me suis retournée aussi vite… Elles ont du partir assez tôt. Moi j’ai le
temps, mon train est à midi… de nouveau, packetage, checking out. On the road… Enfin vous avez compris le principe. ^^
En route pour la gare ! Plus ou moins en quête de breakfast je tombe sur une « boulangerie – pâtisserie »… Plaît-il ?? Là encore on me dira que
c’est bien la peine d’être à des milliers de kilomètres de la France si c’est pour petit-déjeuner un croissant. Sauf que des étagères pleines de bons pains, avec une tête de VRAINS pains,
couverts de farine et tout, étiquetés en kilos… RAA !! La baguette est à 2$75, soit plus de 2€, hum… J’me prends quand même une « ficelle noix et raisin », sous-titrée en anglais
« Parisian baguette with nuts and dry grapes » lol… Ici, il y a des vrais couverts, et on les rapporte soi-même au comptoir. C’est une journée qui s’annonce très bien. J
Me voilà à la gare, puis dans le train… J’en ai pour 4h de voyage, à peine plus long que quand je vais à Strasbourg. Le paysage n’est d’ailleurs pas sans me
rappeler ce dit trajet… Rivières, prés, petits bois…
Magie de la technologie, je peux « plucker » mon computer et organiser mes photos, écrire… De nouveau j’apprécie ce temps « perdu » dans les
transports, temps qui ne demande qu’à être utilisé, et qu’on est quelque part forcé de prendre pour soi. Voilà exactement où j’en suis à cet instant T où je vous écris, très chères lectrices (je
ne pense pas qu’aucun « lecteur » aura jamais le courage de me lire jusqu’ici. S’il en est un, qu’il se témoigne maintenant ou se taise à jamais…^^) . Goldman dans les oreilles, océan
Pacifique par la fenêtre à gauche… Happy. J
Je suis en train de réaliser en me relisant que, si j’apprécie à 100% chaque seconde de ce voyage, je commence sérieusement à saturer de l’Amérique… Je suis
sincèrement super contente d’être là, sur la côte Nord-Ouest des Etats-Unis, à réaliser quelque chose qui me trotte dans la tête depuis des années (réaliser ses rêves à 20ans, c’est quand même
culotté quand on y pense…^^), et pourtant, vous avez dû le remarquer, je me sens de plus en plus homesick de la France… Depuis les mois que je suis là, je pense que ça doit être une fonction en
forme d’hyperbole, et que le processus s’intensifie sur la fin…^^ Il est temps de rentrer. En fait ça tombe bien, parce que le retour approche… Me voilà dans la gare de Seattle, avant-dernière
étape de mon périple.
Savez vous que c’est à Seattle qu’a été ouvert le premier Starbuck ?? Pour ceux qui l’ignore, un Starbuck c’est une sorte de café où on peut boire du café/thé
de toute sorte (iced, latte,…) avec si on veut une part de quelque chose, un yaourt, une madeleine... C’est assez cher, comme partout, mais super sympa, et personnellement je suis devenu fan de
ces p’tits trucs là… Il y en a PARTOUT dans tout le pays, d’Est en Ouest et de Nord au Sud : prenez n’importe quelle ville américaine, faites 10 pas, vous y êtes. Ils sont tous différents,
avec leur propre ambiance (cheminé, fauteuils, déco…), mais vous y retrouvez les mêmes produits. C’est comme ça qu’on a tous notre « Starbuck’s drink », THE truc qu’on prend tout le
temps dans un Starbuck. Chacun le sien… Perso, j’oscille entre le tall-vanilla-latte-decaff quand il fait froid et le grande-iced-latte quand il fait chaud. A-ddi-cted. Se poser dans un Starbuck,
c’est un de ces petits plaisirs de la vie qui en font la merveille qu’elle est. Et c’est certainement l’une des choses qui vont me manquer d’ici! Ils sont vraiment très bons pour le café,
moi qui ai horreur de ça en France (qui peut boire ce truc noir infect ?), je ne sais plus m’en passer ici (toujours decaff, si ça peut te rassurer maman…^^). Bref. Et ben à Seattle, le
café, c’est une institution. Ils ont le meilleur du pays, et il y a des petits « coffee shop » à chaque block, parfois les uns à côté des autres. Tous pleins de monde…
lol.
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