Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /Mai /2009 16:19



Comme toujours, mon récit commence à l’aéroport. Boston bien sûr, où Eva me dépose à 9h du matin. Elle part avec ses parents à New York, alors j’ai profité de la voiture. Mon avion n’est qu’à 3h de l’après midi, j’ai tout mon temps. Qu’à cela ne tienne, ça ne m’arrive pas souvent, d’avoir le temps ! De toute façon, le temps de trouver une borne WiFi, d’acheter un daily pass, d’appeler la compagnie parce que j’ai payé et ça ne marche toujours pas, de passer ¾ d’heure au bout du fils avec un gars patient mais inefficace pour trouver ce qui cloche, configurer et reconfigurer comme je peux mon réseau jusqu’à ce que, ô miracle, google fasse son apparition, j’avais déjà fait la moitié de l’attente. Ensuite… Vive Internet, j’ai enfin le temps de faire toutes ces choses futiles mais rigolotes, surfer quoi… Mettre à jour mon blog, facebook… Bref.

Décollage avec ¾ d’heur de retard. Mince. Je n’avais qu’une heure pour faire ma correspondance à Charlotte. Pas de bol. Je ne m’en fais pas, comme j’explique à mon voisin de voyage : je pars en vacances, alors je ne suis pas stressée… Les choses se compliquent en arrivant au dessus de Charlotte : l’avion se met à faire des bonds (sérieux), de hauts en bas, voir des écarts de coté (ce qui est encore plus flippant !!!). Les nuages habituellement blancs mousseux sont noirs, on sent que ça barde dehors… Et puis, l’avion remonte. On tourne en rond autour de la ville, les minutes passent… Et puis le mot passe entre les passagers : « storm ». Ce qui est marrant avec « storm », c’est que ça s’applique à un petit orage comme à une grosse tempête.  Et en l’occurrence, on se rapproche du second… Et puis on entend le pilote : ce n’est pas un storm, c’est juste un « tornado over Charlotte ». Super. C’est marrant, vous allez dire que je fais une obsession sur la nourriture (hum…bon d’accord c’est vrai, et ALORS !) mais moi le premier truc que auquel j’ai pensé c’est à un tournedos. Mmhhh… Et puis je réalise d’un coup : QUOI ??? Alors y’à une tornade sous mes pieds. Sympa. D’habitude j’ai vraiment pas peur en avion mais là je commence à m’inquiéter, c’est vrai que du hublot ça à l’air de cogner sérieusement dehors… Le pilote nous explique gentiment que tout atterrissage est absolument inenvisageable. L’aéroport est fermé et on ne sait pas jusque quand. Problème : on tourne depuis un moment, et l’avion est « running out of gaz »….Là, je me pose cette question stupide : est-ce qu’ils ont un petit voyant orange comme sur les voitures qui leur dit comme dirait Coluche qu’il faut désaltérer l’engin ? Bref, vas savoir pourquoi la perspective d’être dans un avion en panne d’essence au milieu d’une tornade me fait plutôt rigoler. Ce n’est pas très commun, faut dire… Enfin, ils doivent avoir plus ou moins l’habitude. On change de cap, direction l’aéroport le plus proche et atterrissage « prioritaire » (d’urgence quoi). Les gens commencent à s’inquiéter, avec des filles qui pleurent et tout et tout, comme dans les films, j’hallucine…  La ville la plus proche, c’est High point, m’explique mon voisin, très serein. C’est là où on faisait des meubles, avant. Maintenant ils sont faits en Inde, alors la ville s’est un peu recyclée : l’aéroport est spécialisé dans les importations de marchandises, et notamment…de meubles. Ça le fait rigoler. Je lui demande s’il a des origines britanniques. Il me demande comment j’ai deviné. Enorme. J

On atterrit donc à High point où le temps est plus clément, et on fait bêtement le plein. Puis on attend. Je n’ai rien mangé depuis le matin et je commence à avoir sérieusement faim. Les heures passent, heureusement mon voisin s’avère un grand voyageur J et me raconte ses voyages… Je ne suis pas en reste : « yeah, I’ve been there too… » ^^ Je me défends pour une petite jeune ! Du coup les heures passent, et l’avion redécolle. Ça s’est calmé du coté de Charlotte. « that was a small one », nous dit le pilote. Content de l’apprendre. J’atterris donc sereinement à Charlotte à 9h du soir, avec juste 4h de retard. Bon. Le prochain vol pour Miami est à 10h15, arrivée minuit passé. Et là, si j’avais été toute seule, ça n’aurait pas du tout été un problème. Moi, j’aime bien les aéroports et les avions, alors quelques heures de plus ou de moins… Mais j’ai une petite scienceposarde qui arrive tout droit d’Inde et que je suis censée retrouver à l’aéroport… En fait, on joue de malchance : je lui avais envoyé l’adresse de l’hôtel que j’avais réservé pour qu’elle m’y retrouve  directement. Sauf que 2 jours avant le départ, je reçois un email du site sur lequel j’ai booké mon hôtel qui m’explique qu’il y a eu une erreur et que ma confirmation n’est pas valide, jsais pas quoi… Je les appelle, ils m’expliquent qu’il y a eu un problème, s’excusent et me réservent une autre chambre très similaire au même prix, dans le même coin. Le même coin d’accord, mais pas la même adresse… J’envoie un email à Lucie, sachant qu’il y a 90% de chance qu’elle ne le reçoive pas : elle n’a pas Internet (ou très peu) dans sa chambre, et elle est déjà probablement partie vu qu’elle a, elle, près de 30h de voyage depuis New Delhi. Tout ça aurait pu se résoudre si j’avais pu l’attendre à la sortie de son vol pour l’emmener à la bonne adresse. Solution qui tombe à l’eau avec tout ce Bazard, puisque finalement j’arriverai après elle… Et alors, où sera-t-elle ? A-t-elle eu mon mail ? M’attend t'-elle à l’aéroport ? Au premier hôtel ? Que faire, que faire ? Je n’ai aucun moyen de la joindre. Pas de téléphone, elle non plus… Et même pas Internet, dans l’avion. Je ne sais pas si vous saisissez l’étendue de la galère. Je ne veux pas la laisser dormir dehors, ou m’attendre je ne sais où avec ses grosses valises… pauvre Lucie. Alala, comme quoi en même temps on a moins de souci tout seul ! (ça c’est l’ours en moi qui grogne, antisocial va).

Enfin ne pouvant rien faire, je prends mon avion. Direction Miami, finalement… Ce voyage n’en finit pas… Et cette andouille de plane est encore en retard. J’arrive à minuit passé à l’aéroport, et me précipite pour essayer d’attraper Lucie à la sortie de son vol… Trop tard. Allons bon. Direction l’hôtel, en priant pour qu'elle y soit. Je prends un shuttle en direction de la ville, sorte de taxi partagé, dans lequel je rencontre un syrien de 21 an super sympa : il va au Guatemala pour un mois et a décidé de passer les 10h d’attente avant sa correspondance sur la plage. Un fou comme je les aime. Il se rend dans un pays hispanophone sans connaître un mot d’espagnole, et je me retrouve à lui apprendre les bases, holla, graphias, donde… Il prend des notes. Il ne sait pas encore où il va loger, ce qu’il va faire. Dire qu’on me dit que je suis folle… Est-ce que je parts moi, un mois toute seule dans un pays dont je ne connais pas la langue sans aucune idée de ce que je vais y faire ? Mdr, avec une bouille aussi sympatique, il ne peut rien lui arriver.

Me voilà à l’hôtel, où je donne mon nom : « sorry, I don’t have your reservation ». Pardon ? « and I don’t have any room left ». Super. Une seconde, je me vois dans la rue, errant à la recherche d’un toit un Samedi soir à 1h du matin… Et où est donc Lucie ? « maybe someone cheked it for me… » J’insiste. Le gars est bourru, et à l’air de me prendre pour une clodo. Il se radoucit quand il trouve effectivement mon nom : le sang me revient au visage, Lucie est arrivée et a pris la chambre. Je suis plus que ravie de voir sa petite tête endormie dans l’entrebâillement de la porte… Elle a fait un long voyage, moi aussi, et on a beaucoup de choses à se dire ! Mais il faut dormir, les prochaines journées s’annoncent chargées.






8am. Je ne peux pas me rendormir : la ville m’appelle. Je suis à Mimai, quand même ! Lucie dort, je la comprends. Qu’à cela ne tienne : je pars en reconnaissance et reviendrai la chercher. Qu’il est bon de se sentir libre dans le soleil du matin… Cap sur la plage. J’y suis en 5 minutes, Miami beach n’est qu’une seule et même plage longue de plusieurs kilomètres… Vieux et très vieux y font leur jogging : j’imaginais Miami comme la ville des riches retraités du pays, et le cliché se confirme. Beurk, tout ce culte du corps qui lutte contre la vieillesse, ce n’est pas très ragoutant. Mais l’océan lui, est magnifique, imposant, paradisiaque. Le soleil, le sable, le vent tiède, l’odeur d’eau salée… Je suis en vacances. J


















Balade au pas de course sur le bord de mer, direction South Miami Beach : les hôtels de luxe se suivent et se ressemblent, piscine et terrains de golf à perte de vue. Si les Etats-Unis sont le pays de l’apparence, du superficiel, de la gabegie et de la consommation, Miami en est l’apothéose. Egalité avec Vegas, certainement. La nature, elle, reste sereine : palmiers, Ibiscus ou lauriers géants s’épanouissent au soleil, se riant de toutes ces humaneries.



























 

Retour à l’hôtel, je pick up Lucie et c’est reparti : bus direction la playa, la vraie, la célèbre, la crowded. Là, pas de surprise : eau turquoise, sable fin… Welcome in paradise. Sauf que cette image idyllique, tout le monde la veut… Alors il y a comme qui dirait du monde dans la salle. C’en est ridicule… Du coup, la balade les pieds dans l’eau prend une dimension sociologique : paysage époustouflant à gauche, vision navrante à droite. Faut pas juger, qu’ils disent. Ben c’est dur… Les plages offrent toutes une certaine impression de futilité vous me direz, peau rouge et bourrelets ou strings ficelles et vielles seins nus, ce n’est jamais très glorieux. Ça ne m’avait pourtant jamais autant choqué qu’ici… Et encore, Lucie vit un véritable choc : les filles en Inde se couvrent, et elle n’a pas l’habitude de voir tant de pin up en bikini ! « Quand même, c’est pas un peu vulgaire ? » loool Si si Lucie, je confirme, là c’est assez vulgaire. Les américaines sont très fortes pour être vulgaires dans tout ce qu’elles portent.

Enfin faut pas juger. Et la plage est si belle… L’eau est transparente au soleil… Râââa…. Ma peau ne comprend pas ce qui lui arrive après des mois de privation d’exposition, et je préfère rester couverte… Bon, j’ai du remonter ma jupe pour marcher dans l’eau, de toute façon j’ai toujours l’air en combinaison par rapport aux autres… Lucie et en jupe longue, et là on nous regarde vraiment bizarre. :p












Hey, c'est ma nouvelle voiture! Qu'est-ce que vous en pensez?












Après la plage, le quartier art-déco. Petite crêperie bretonne tenue par des français qui méritent qu’on s’y arrête… Pauvre Lucie hallucine du prix de la vie (« 5$ la boule de glace ??!Mais ils sont fous !! ») et me fait bien rire : les US ne sont pas l’inde…







Les bars en bord de mer passent de la musique salsa… « on va danser ? ». lol De nouveau, je me bidonne. Ma pauvre. T’as 21 ans, toi ? Nan ? Ben alors tu restes dehors, pis tu te tais. Je crois que les Etats-Unis perdent d’un coup beaucoup d’attrait à ses yeux… C’est vrai, ce n’est vraiment pas adapté à des étudiantes fauchées underage… Vraiment pas ! C’est comme ça.

Retour à l’hôtel, hop en maillot, hop sur la plage. Il y a moins de monde, le soleil baisse, c’est parfait. L’eau est chaude, tout simplement chaude. C’est un vrai bonheur, avec des vagues et du vent comme j’aime… Que demande le peuple… La vie est belle. La plage de sable fin se poursuit loin dans l’océan et le soleil traverse l’eau claire… On croit rêver.

Une bonne douche et passage sur Internet : le reste du monde existe-t-il toujours ? Ah, papa est en Martinique, à seulement quelques centaines de kilomètres… D’ailleurs il a la même heure que moi ! C’est un tout petit monde, comme dirait Goldman.

Je voulais ressortir sur Miami South Beach en soirée, car le quartier a la réputation de vivre la nuit…Mais Lucie a un jet lag de 10h, et la chaleur m’a épuisé. J’en ai déjà vu beaucoup en une journée ! Au dodo. La fatigue ne nous empêche pas de discuter plusieurs heures de la mentalité américaine/française/indienne et de faire une étude comparée de la situation politique et économique actuelle dans ces dits pays. Un délire de scienceposardes quoi… J





Le lendemain matin, direction "dowtown", le centre ville. Enfin, c'est beaucoup dire, car dans ces villes américaines il n'y a pas de centre ville à proprement parler... Lucie est déçue et cherche désespérément un endroit avec des gens, des magasins, de l'animation, des beaux bâtiments, voir des « monuments »... Un centre ville, quoi. Mais nan nan, pas de ça ici. Lol j'ai eu le temps de m'habituer aux villes américaines, elle pas, et c'est assez drôle de voir qu'elle réagit comme moi au début... Dans ces cas là, pour voir ce qu'il faut voir de la ville, une seule solution! Le tour organisé. Pas donné mais pas exhorbitant non plus, un petit bus nous balade d'endroit en endroit et nous montre ce qu'il y a à voir à Miami. On commence par Little Havana, quartier cubain très... latino. ^^











Et puis, tour en bateau sur la Miami River et l'Océan! Vue sur la skyline....

















Il y a bizarrement une certaine cohérence dans l'architecture de la ville. Etrange... Les buildings américains ont souvent cette particularité qu'ils se disent zut les uns aux autres, se côtoyant sans s'accorder: tous les styles se mélangent et forment un mix original et dépareillé. Ce n'est pas le cas ici, où on retrouve le même genre de skycraper... Aussi parce que ce sont à 90% des hôtels: il n'y a que ça ici!! A croire qu’on ne travaille pas à Miami : pas de bureau, juste des piscines et des 5 étoiles…^^







Le bateau nous fait faire le tour de "celebrity island", une île transformée en ghetto pour riche...
Du coup: "here is Shakira house", "here is Usher house", etc etc...  À l'Américaine, avec musique des intéressés et effets de spectacle... Tout le monde prend des photos, c'est vrai que c'est teeeeellement passionnant de savoir que Enrique Eglesias passe le mois de Septembre ici. Hum. Je ne comprendrai jamais les américains. Enfin, ce sont de belles maisons, faut bien l’admettre. Lucie est passablement choquée : le clash est violent par rapport à l’Inde…







 Détail qui tue: pour rejoindre la terre depuis l'île, pas de ferry, il faut avoir son propre bateau ou son hélicoptère privé. Ah. Bon, ben on ira pas, hein.




 

Par contre ils ont un nombre incroyable de plages privées, piscines, golfs, SPA, etc etc... Des célébrités, quoi.





Petit restau italien sur le retour. Et là, étrange réaction de Lucie: "il y a de la viande dans la sauce des pâtes!!!!" Euh... Oui, pourquoi? Et bien parce qu'en Inde, il y a très peu de viande... Entre les indoux qui ne mangent pas de bœuf et les musulmans qui ne mangent pas de porc, il ne reste qu'un peu de volaille, et apparemment ce n'est pas le top... La sauce des pâtes est donc toujours végétarienne, et d'après Lucie, immonde. Du coup la voilà qui se jette littéralement sur des bolognaises. lool Je réagis moi aussi en fonction des frustrations culinaires de l'année: en l'occurrence, je manque de viande aussi, pas pour les mêmes raisons... Le poulet de la cafétéria de Holy Cross est élastique, et la consistance est si suspecte que j'ai préféré m'en abstenir toute l'année. Du coup, j'apprécie aussi mon assiette... Rââ qu'il est bon de bien manger!!! :-) Je vois que je ne suis pas la seule à en avoir baver question alimentation cette année.



Je ne peux pas visiter une ville sans l'avoir vue au moins une fois d'en haut, et Miami ne peut pas faire exception…
Mais où trouver un point de vue? Les seuls skycrapers sont des hôtels, souvent des hôtels de luxe... Qu'à celà ne tienne: c'est parti pour s'introduire en douce quelque part.

Première tentative: on nous laisse passer l'entrée, nous voilà au 3eme étage... Là, j'ouvre la porte de secours pour monter par les escaliers et... déclenche l'alarme. Oups. Bon, ben nous on va sortir, hein. ^^

Deuxième essai: magnifique hôtel grand luxe, avec patio et orangers... Sympa! Dans l'ascenseur, problème: il faut la carte de l'hôtel pour le déclencher. Zut... Une dame entre, et je profite de sa carte pour appuyer sur le bouton qui me semble mener le plus haut... Nous y voilà! Joli, nan?







Mais ce n'est pas le toit, il reste 3 étages... Pas grave, on a qu'a les monter par les escaliers, pas vrai Lucie? lol Oui, sauf que la dernière porte est fermée. Tant pis. Alors on va pour ressortir de ces escaliers de secours morbides... Oui, sauf que la porte s'est refermée et ne s'ouvre pas de l'intérieur. Ah... Sympa. Pas de panique, on est juste enfermées dans des escaliers de secours d'un hôtel de luxe. Ça arrive à tout le monde. On redescend un étage, porte fermée. Un autre étage, même chose... Purée… Un autre étage... Ouf!! ça s'ouvre. Bon sang, je me sens mieux... Direction le sol, l'air pur!!:p





Dehors, la plage est teeeeeeeeeelment belle qu'on ne peut pas résister. Parasol, serviette, et c'est parti. L'eau est vraiment super agréable, avec des petites vagues tranquilles... :-) Ceux qui me connaissent savent que ne suis pas une grande fana du sable blanc et de l’eau turquoise ; je veux dire que ce n’est pas forcément ma vision des vacances de rêve, contrairement à une majorité de personnes je pense… Pourtant je dois bien reconnaître que c’est assez formidable… L’eau est incroyable, la vue aussi, le soleil, ce petit vent… Rââ… 
J



Après la trempette, balade en soirée dans Miami beach, le temps de rencontrer quelques français et de faire le tour de la mode "plagienne" (dos nus, transparents, décolletés... rien de mettable, quoi).


Bus pour Dowtown et balade au bord de la Miami river. C'est beau, et il fait juste bon... Me voilà assise avec vue sur la skyline, à me mettre de l'après-soleil parce que quand même, on a bien chauffé tout à l'heure... Au revoir Miami!

Retour en bus jusqu'à l'hôtel, et très courte nuit: décollage à l'aube pour Boston. Lucie va à New York mais prend le même avion que moi jusqu'à Charlotte, où nos routes se séparent. Il faut retourner à Worcester, j'ai un examen d'éco le lendemain... Et je dois faire mes valises. Je ne réalise pas du tout... Et je sens vaguement que ça ne va pas être facile...

Pour l'instant je gère mon coup de soleil et j'essaie de rassembler mes photos: c'était vraiment génial ! Vive la Floride ! 
J
























Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /Mai /2009 19:27

L’avantage de ces longues heures d’attente dans les aéroports, c’est que ce sont des heures « perdues », c'est-à-dire pleines de potentialité…^^ Là, je dois dire merci papa : que serais-je sans mon portable ? :p Me voilà donc avec un peu de temps pour vous raconter mes derniers jours sur le campus. Et oui, on y est, on y est arrivé… Pour ceux qui sont au courant ces dernières semaines n’ont pas été simples, c’est peu de le dire. Mais enfin voilà, j’ai beau avoir eu pas mal de problèmes ici, partir c’est aussi dire adieu, et ça c’est toujours dur…

 

D’abord, les derniers practicums… Vous avez vu mes élèves, j’en ai assez parlé, je n’en rajoute pas. Tout le monde avait fini le Jeudi 23, mais nos chers et tendres profs avaient décidé à la dernière minute de nous rajouter practicums le mardi 28. La bonne blague ! On avait dit au revoir aux étudiants qui avaient eu leur exam le Lundi. Du coup il était évident qu’ils ne viendraient pas, et on leur a confirmé par email qu’on préférait les voir sur le campus ou chez nous, mais certainement pas en classe…lol Par contre, conscientes de notre devoir, nous on y est allé. J




Je vous raconte pas le bonheur de se rendre dans ce bâtiment pour la dernière fois. Ci-dessous une vidéo de Joanna qui se rend joyeusement à son tout dernier practicum, je vous laisse mesurer vous-même le degré d’euphorie. :p









L'entrée de Stein, là où on a cours. ça vous dit quelque chose, celles qui sont venues me voir? lol

Ensuite comme on était les seules en classe on a pris 3-4 photos, juste pour le souvenir…















Allumer le projecteur... Premier réflexe en entrant dans chaque classe... Ces rituels étranges dont on prend conscience lorsqu'ils cessent...


ça serre un peu le cœur parce qu’on s’est bien amusé avec eux, et ça va sincèrement me manquer, mais enfin c’est cool d’être en vacances (je sais je suis pleine de contradiction, mais enfin qui ne l’est pas ? ).

 

 





Ensuite il y a eu ce dernier meeting proprement iréel, ou les professeurs nous ont demandé, tenez vous bien, ce qu’on avait pensé de cette année… Pincez-moi… Alors, ma foi, on leur a dit. Très professionnellement. La présence des « autres » profs, les sympas, a beaucoup aidé, parce qu’ils nous soutenaient et nous ont chaleureusement remercié pour notre bon travail. Du coup on a pu parler, et puis à ce stade je ne crains vraiment plus rien, alors pourquoi se priver. Je leur avait déjà dit ce que je pensais d’eux, mais enfin un échange entre adultes, ça a quand même plus de classe. Dommage que ça ne vienne que tout à la fin. Tant pis. C’est la dernière fois que je les voyais, et ça, c’est vraiment magnifique… On est sorties de la salle en planant complètement, bras dessus bras dessous comme deux gamines et on a couru sur le chemin du retour en rigolant. Je crois que ce job m’a atrophié une partie du cerveau.





Puis, ce sont les adieux officiels. Petits fours, canettes de coca, assiettes en polystirène, « thank you », « keep in touch », blablabla. J’étais quand même contente que les responsables du départements de langue, à qui ont été systématiquement forwardés les emails de l’autre saleté d’Enjolras expliquant quelle délinquante irresponsable j’étais, m’ont bien fait comprendre qu’ils n’y avait prêté aucune attention. « Laurence is perticular. » lool ça c’est du politiquement correcte… Oui, très particulière. Tant pis pour elle.






Pour nous remercier, petit cadeau : une belle petite boite en bois, made in china, avec notre nom et Holy cross sur une petite plaque dorée… Hum, bon c’est sympa mais j’ai eu du mal à pas rigoler. Je m’attendais à un BIC du bookstore. Ce qui m’a moins fait rire c’est qu’ils ont pas été fichu d’écrire Marie-Laure correctement, et ça, c’est abusé. Les noms chinois ils les ont vérifiés, hein, mais Marie, nan, c’est trop dur. Alors j’ai une petite plaque gravée au nom de MAIRE. Super. Vous allez dire que je fais ma susceptible, m’enfin quand même c’est pas malin. De toute façon je n’ai pas la place dans ma valise pour ce genre de bêtise… Too bad.

Par contre c’est l’occasion de prendre tout plein de photos avec tout le monde bien sûr, parce que nous on va se manquer, et nous on va « keep in touch », vraiment, pas à l’américaine. Sacrés ptits FLAs…

 

 

 

 

Avec Iria, l'espagnole

 


Daniele, plus italien tu meurs...^^



 

Mes deux chères roomates!! Ce fut un plaisir de vivre avec elles. Je n'aurais pas pu trouver mieux, discrètes, propres, sympas comme tout... Bref, elles vont me manquer aussi... Pour un peu je les enmenrais avec moi à Strasbourg! Vive la colloc!^^



Ensuite c’est le "rapport". Et oui, nous les français, il faut qu’on fasse un rapport en anglais sur les practicums. Evidement ça sort de nulle part et on est bien les seules à avoir ça, mais qu’à cela ne tienne, c’est parti pour faire notre duty. Gros fou rire à se remémorrer certains cours, à oser dire tout ce qu’on a VRAIMENT fait, et non pas ce qu’on était supposées… Et puis expliquer pourquoi, comment, etc… Bref une vraie thérapie. Relecture avec Ted, un étudiant d’espagnole super sympa, et au passage petit copain de la Mexicaine, coloc de Joanna.






Le pauvre, il était crevé et on l’a pas lâché avant qu’il ait corrigé les 7 pages de nos deux rapports réunis, le tout en jacassant pour lui expliquer ce qu’on voulait dire exactement et en prenant des photos. Il mérite bien qu’on lui rende hommage…

 

 




 





 Plus les « choses à faire » se font, plus la pression retombe… Pfff… Evaluations des quelques 80 étudiants : c’est fait. Inscription aux exams : c’est fait. Paperasse administrative de départ : c’est fait. Ne reste qu’à dire adieu au campus… Dernière balade avec Joanna et son copain, Albin, pour une séance photo. D’abord l’extérieur :

 

 


On y était!











C'est quand même trés beau il faut le reconnaitre... Avec le retour du printemps et des fleurs, on s'y croirait...:p


Ici avec la « main du christ », sculpture flippante qui trône fièrement en haut des marches de la bibliothèque. Pendant l’hiver, des étudiants y avaient coincé une énorme boule de neige qui menaçait le campus… C’est qu’ils ont le sens de l’humour parfois !:p

















Puis l’intérieur : le bureau, les salles de classe, et même la photocopieuse ou la salle à café (que je vous épargne)… Non pas que ça va tant me manquer, mais enfin j’ai passé tellement de temps ici que je veux en garder une emprunte, fusse une simple photo.

 




le bureau... Trés international, bruyant, crado et extremement bordélique. Là où on a rigolé, pleuré, bossé, dansé... Bref, un bureau comme les autres quoi. J






Porte du dit bureau, qui en reflète trés bien l'esprit. Vous remarquerez la cigogne alsacienne en plein centre: "j'aime l'Alsace!!" comme qui dirait. lol



Retour chez moi pour une dernière soirée crêpe ! Ted est le nouveau « crepe maker officiel », doté d’un talent inné plus que surprenant pour un autochtone ! J’ai promis de lui léguer ma crêpière.

 





"Crepeman", ou la méthode espagnole pour manger des crèpes. Dire que je suis la plus jeune de la troupe... Celui-là c'est Alberto, 25ans, extras dans son genre... Disons un peu cinglé.







J’ai invité les étudiants pour l’occasion, juste au cas où… Certains passent dire au revoir, c’est sympa ! Ci-dessous Mark, un 102, parti de rien et qui écrit maintenant des poèmes en français… Extra.

 













Et puis il faut faire la valise, de nouveau ! Chacun part un peu de son coté, à New York, en Californie.. Pour moi, cap sur la Floride : on the road again !!  Tout le monde revient sur le campus le 9, mais repart presque aussitôt entre le 10 et 12… On se reverra donc, mais peu, et c’est déjà dur de dire aurevoir… Quelle belle équipe on faisait, quand même !

 

 



 

Voilà, maintenant je suis en route pour le soleil, et j’ai tout qui se bouscule dans ma tête… La peine de quitter des gens supers avec qui j’ai passé tant de bons moments et que je ne reverrai jamais, la joie de voyager, le soulagement d’en avoir fini avec Enjolras, la peur du « je fais quoi après », l’envie de rentrer et de tous vous revoir… Impossible de dresser un bilan de cette année tumultueuse, il faudra attendre que je digère tout ça.

Il ne me restera que 4 jours sur le campus, dont 2 occupés par mes exams, et les 2 autres à faire mes valises (ce à quoi je ne veux même pas penser, ça ne tiendra JAMAIS) et à vider ma chambre… ça va passer à une vitesse effarante évidemment…

Pour l’instant c’est repos et vacances au programme, à moi l’OCEAN !!! Yes !! Je retrouve Lucie ce soir à l’hotel, ça promet d’être folklo ! Je vous tiens au courant bien sûr ! Article très prochainement en parution sur le sujet !! J

 

Gros bisous à tous ! Je pense très fort à vous, maintenant que j’emprunte doucement le chemin du retour… à bientôt !!




Marie-Laure


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /Avr /2009 16:21


Je me devais de leur rendre hommage avant de partir, eux qui m'ont soutenu sans le savoir et qui ont permis que cette année soit si enrichissante pour moi. Mes p'tits élèves... Qu'ils vont me manquer!! Au début de l'année je les trouvais maladivement timides, muets, impolis et limite stupides. En fait ils sont seulement maladivement timides. Et je crois que je les impressionnais beaucoup du simple fait de parler une langue qu'ils ne connaissaient pas. Mais au fur et à mesure, on a appris à se connaitre mutuellement, jusqu'au point où practicums est vraiment devenu ma principale motivation pour tenir ici, la source de mon énergie et un véritable plaisir. Je me souviendrai toujours d'une paire de fou-rires irréprésibles, pour des jeux comme "Alibi" ou des présentations foireuses... ^^ Il y a bien sûr eu tous ces imprévus, pc qui marche pas, élèves qui se détestent, malades, déprimés, accro à leur portable, complètement paumés, qui s'endorment littéralement debout... Bref je crois que j'ai eu droit à tout, en seulement quelques mois de carrière de prof j'en ai déjà vu des belles!!

Ma foi, dans tous les cas, l'improvisation s'impose et je suis assez contente de moi sur ce coup là. Même quand je réalise que mince, j'ai oublié ça, ou ah non, ce n'est pas pour ce niveau ou zut, je n'ai pas assez d'élèves pour faire cette activité, comment gérer les énormes écarts de niveau ds une même classe et bon sang comment je vais faire si le son ne remarche pas d'ici 30 secondes etc etc...  Et ben jme suis débrouillée. looool Vous me direz c'est toujours comme ça dans le monde du travail, rien ne va jamais et on passe son temps à faire aller quand même, trouver des solutions, improviser...

Et c'est là que mes ptits américains interviennent, parce qu'ils m'ont franchement facilité la tâche. Respectueux à l'américaine (définition particulière du respect qui mériterait qu'on lui dédit des livres entiers) ils ne m'ont jamais posé de problèmes de comportements. Généralement les profs sont tellement souples avec eux qu'ils ont été trés surpris de ma "sévérité", alors que j'avais personnellement l'impression de m'adapter un maximum au système américain pour ne pas les choquer... Bien sûr ça ils ne me l'ont dit que tout à la fin, mais bon, ça m'a permis de me faire obéir et respecter toute l'année tout en ayant cette super relation avec eux... Maintenant quand je les croise, j'ai toujours droit à des grands coucous, des sourires, des "Bonjour Mérrrilore!", quand ce ne sont pas tout simplement des grands "hugs" à l'américaine (c'est à dire qu'ils vous serrent fort dans leur bras à tt bout de champs, un peu déconcertant au début mais on s'y fait bien. Je tends à faire ça aussi du coup...^^).

Bref vous l'aurez compris, je les aime, et c'est réciproque, ils vont me manquer... Disont que être prof dans ces conditions a vraiment été une chance incroyable, parce que je ne retrouverai jamais un cadre aussi "friendly" : ici j'ai leur âge, je ne les note pas, je suis là pour les aider, toujours de leur côté face aux profs... J'ai le beau rôle. Et en même temps je les fait bosser et je les vois progresser avec fierté! En décembre ils nous ont évalué, et Joanna et moi avont eu les meilleures évaluations de tous les FLAs, ce qui nous a franchement remonté le moral. Ils aiment les practicums et disent apprendre plus avec nous qu'avec les profs. C'est vraiment gratifiant quelque part, parce qu'on se donne vraiment du mal pour les faire travailler de façon intéressante. Au deuxième semestre, j'ai pris énormément de liberté par rapport à ce que nous donnait les profs, et ma foi ça s'est passé à merveille... C'était vraiment un plaisir de les voir, de parler avec eux, de rire tous ensemble et de s'expliquer mutuellement nos cultures... Hyper intéressant.

Bon comme d'habitude je me perds en blabla, le but de cet article c'était quelques photos pour vous montrer leurs têtes!! Je n'en ai prise qu'avec certains groupes, en fait j'aurais dû en prendre avec tous j'ai été bête mais bon c'est déjà ça!! Alors voilà:









Niveau 202, intermédiaire 2. Esven, Anne, Moi, Meghan, Dorothy.

Je les avais en 201 au 1er semestre, c'était assez horrible parce qu'ils ne disaient absoluement rien et on ne se comprenait pas, un carnage... J'étais épuisée aprés chaque cours avec eux, parce que je dépensais un maximum d'énergie pour essayer de faire marcher le cours... Au 2eme semstre ça s'est nettement amélioré, et du moment où ils ont commencé à mettre aussi de l'énergie en retour ça a été bcp, bcp mieux. Ils sont extras, dommage qu'on ai mis tant de temps à se connaitre et à se comprendre...Esven avait postulé pour passer un an à Strasbourg. Pour d'obscures raisons il a été refusé, il était super déçu...






Autre 202. Sara, Meghan, Kate. (elles s'appellent toutes meghane ou Kathleen)

Tellement typique: pantalon de sport ou jean, tongues, T-shirt....Même les cheveux, le sourire, tout y est: les parfaites étudiantes américaines. Je ne dis pas ça méchament, elles sont vraiement supers, drôles, sympas, intéressantes et tout, mais teeeeeellment américaines. :p N'empêche, on a bien parlé avec elles, de la culture, de voyages... J'ai appris pleins de choses avec elles!!^^









Ian, Rob, Brodie.

Hum. Ceux là n'ont pas des têtes de génis, vous me direz, hein? Ben nan, c'est pas des lumières...Juste des joueurs de hocquey. ^^ Supers sympas, hilarants, canadiens et fiers de l'être...Et pas trés bon en français. "Détendus" est un euphémisme pour eux. 22-23 ans, ils ont vite appris que j'étais plus jeune (je ne m'en suis pas vrmt cachée) et c'est avec eux que la limite a été le plus dure à faire respecter, mais ils ont toujours fait ce que je demandais. En fait c'est sûrement mes préférés!! Ont a tellement rigolé avec eux... Pour vous donner une idée c'est le genre à venir chanter sous mes fenêtres à 4h du matin, complètement bourrés, un truc mi-français mi-yaourts...lool Sont complètement tarés.








Michael, Jordan, Ian, Rob, Brodie, Paul, Claire, Kate, Mark

MA classe. THE classe. Je les ai eus en 101 au 1er semestre, c'est à dire quand ils ne savaient pas dire bonjour. Là, ça a été trés dur. En plus ils sont trés nombreux, 12, ce qui est énorme pour un practicum et surtout pour des débutants. Du coup, une classe toujours épuisante, trés difficile à mener et à controler...

Avec mes 5 hocquey players en prime (il manque Ryan sur la photo, capitaine de l'équipe), je vous promets que ça a été quelque chose. N'empèche que depuis le début c'est ma classe la plus intéressante, celle qui me demande le plus d'efforts mais aussi la plus gratifiante. Je les aime, je les aime, je les aime. Et honnêtement je pense pouvoir dire que c'est vraiement réciproque. J'ai vite appris à bien les connaitre car c'est la seule classe que j'ai vue deux fois par semaine pendant un an. Michael, le petit génie de l'informatique qui m'aura sauvé la vie tant de fois quand l'équipement me lâchait, Mark, le timide susceptible ultra brillant et fou des français, Jordan, la star de l'école qui ne prend pas la grosse tête pour autant, Rob, le gentil qui s'en fiche et qui vient en cours "just for you".   

J'ai déjà dit que je les aimais? ^^ 







Michael et Jordan sur la gauche sont vraiement parmi mes préférés.
Vidéo d'eux en train de jouer un petit sketch qu'ils ont écrit. Le sujet: "un de vos camarades est trés sérieux et travaille beaucoup car il veut intégrer une bonne école. Vous essayez de le persuader de profiter davantage de la vie."
Aprés seulement quelques mois de français!!!














Voilà, je regrette de ne pas avoir pris toutes mes classes parce qu'ils y en a d'autres qui vont bcp me manquer, mes 301 qui m'ont soutenue face à Enjolras (les bons ptits bouts...Zont pris des risques pour moi alors que je ne leur avais pas du tout demandé... Faut dire qu'ils la détesent aussi, ça nous a bcp rapprochés. ^^), mes 201, etc etc... 

C'est eux qui ont rendu mon année aussi géniale, et au risque de me répéter, qui m'ont fait tenir. Contraiement à ce que tout le monde dit ici, ils ne sont ni studieux ni brillants pour l'immense majorité; n'ont jamais mis le nez hors de chez eux et vivent dans la micro bulle du campus; mais ils sont profondément gentils. C'est ce que j'appelle des bons gamins. C'est d'ailleurs pour ça que l'âge n'a pas été un problème, ils ont tous reconnu qu'ils étaient encore trés jeunes dans leur tête...lol Être leur prof a été un vrai plaisir, et leur "BONjoûr Mérilore!" et "ôrevoir Mérilore!" vont atrocement me manquer.

Je les aime. :-)


























Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 10 avril 2009 5 10 /04 /Avr /2009 07:36

Comme je n’ai jamais le temps en rentrant de mes excursions au pays du hamburger en folie, l’idée m’est venue que peut être je pourrais vous raconter mes aventures au fur et à mesure… méthode qui présente l’avantage de ne rien oublier puisque c’est tout frais, ainsi que de partager tout ça avec vous quasi en direct, ce qui me permet de ne pas exploser (hapiness is only real where shared m’a rappellé quelqu’un récement à bon escient…). Alors voici le premier volet de mes aventures au far Ouest… J

 

 

Caro Street, 5h  du mat. L’aventure commence. Juste le temps de bondir du lit (pour ceux qui ont du mal à se lever le matin, essayez  « oh purée je vais au Grand Canyon !!! » je vous promets c’est un vrai coup de fouet…), de jeter mon pyjama dans mon sac et un dernier œil sur ma petite chambre bien rangée (toujours, avant de partir…). Elle parait encore plus triste et je ne suis que plus contente de la quitter. Un pancake pour la route… Et oui, je m’américanise, à défaut de pain correct j’ai du muter pour m’adapter à mon nouvel environnement !

C’est parti pour Boston, Logan Airport. Là, il se passe quelque chose de magique : sac sur le dos, valise à la main, je cherche mon vol sur les tableaux d’affichage… Et réalise que je m’enregistre machinalement, comme on fait le plein d’essence… Dire qu’à 20 ans j’ai déjà pris l’avion… Combien de fois ? Bon sang, j’essaie de compter et je m’y perdq… Si quelqu’un de mon âge me disait ça je le frapperais, en me disant qu’il y en a qui ont de la chance… J Et cette question que vous pose toujours le personnel des aéroports « where are you going ? » me donne des ailes… Where ? Well, could be everywhere… Tant de potentialité… Aujourd’hui pour moi ce sera « Los Angeles ». La classe. Derrière moi se sera San Diego, Santa Barbara, Phoenix… Pas mal non plus.^^

Bref vous l’aurez compris je suis happy, dans mon élément, et plus que jamais consciente de ma chance insolente. Life is beautiful !!

10,5$ pour un café et une coupe de fruit me ramènent à peine sur Terre. Et oui, welcome in America. Mais American Airline ne nourrit pas ses passagers et j’ai quand même plus de 7h de vol, puis 2h pour la correspondance et encore 2h jusqu’à Flagstaff… J’en ai entendu des belles sur la nourriture de cow-boys, autant assurer ses arrières. ^^

Les heures d’avion sont les bienvenues, je récupère de ma courte nuit…








J'aurais voulu vous épargner les sempiternelles photos d'avion, mais celle-ci est particulière: on voit la limite de là où la neige a commencé à tomber... C'est marrant, enfin je n'avais jamais vu ça, alors...^^





Et puis là ce sont des champs américains, tellement plus grands et plus organisés que le petit patchwork de nos champs marnais... On voit bien aussi les crevasses de la Terre, imprssionantes vues d'en haut... C'est vraiment beau, le monde. J





Atterrissage. Quelques heures dans l’aéroport de Los Angeles : voici à peu prés tout ce que j’aurais vu de la ville, mais tant pis…







Car la vue d’avion m’a confirmé ce qu’on m’en avait dit : LA est une immense étendue de bâtiments sans charme, centaines de milliers de pavillons (connaissent pas les immeubles ici) en rangs d’oignons… Vu du ciel, c’en est incroyable, mais vu d’en bas, ça doit être passablement lassant.

Un petit buibui m’emmène à Flagstaff : 60personnes à tout casser et des amortisseurs à revoir : ça secoue là-dedans comme dans un panier à salade… Peu m’importe, rien ne pourra m’empêcher de ronfler. :p Atterrissage disons chaotique, mdr j’ai rarement vu ça ! Pour un peu ça me rappellerait la Grèce.. ;^^ La température est annoncée en degrés Farenheit, mais peut m’importe car le hublot est formel : le soleil brille sur ces terres bénies… J

J’Y SUIS !!! YES !! YES !!! :-D

 

Le petit aéroport de Flagstaff bat tous les records : ici non seulement il n’y a aucun transport public relié à la ville, mais il n’y a même pas de taxis !! C’est location de voiture ou….location de voiture. Impossible pour un « under 25 », bien sûr. Sympa. J’essaie d’approcher quelques gentils touristes, mais soit ils ne vont pas à Flagstaff soit ils ne veulent pas de moi. Re sympa. J’explique ma situation à une gentille dame du personnel qui hallucine… Est-ce que c’est si étrange de voyager seul à 20 ans ? Jveux dire, c’est ptet pas commun, m’enfin je suis pas E.T. quand même… Bref, elle m’appelle un Taxi et tout s’arrange. Petite chambre d’hôtel très simple mais nickel, j’ai bien fait de prendre ça. En plus je capte le réseau d’un voisin, que demande le peuple ?

Rapide installation et c’est parti pour une première exploration des lieux ! Il n’y a pas grand-chose à voir à Flagstaff, pas de centre, comme dans la plupart des villes ici… M’enfin le décor est assez irréel, fait de sable d’herbe sèche et de rocher… Il n’y a pas grand monde non plus mais les rares autochtones sont super sympas. Dodo de très bonne heure car je mets le réveil à 5h30 : départ pour Monument Valley le lendemain à 6h15. J’ai confirmé au Tour operateur qui me « pick up » à mon hôtel. Je m’endors en 10secondes chrono, dans un vrai bon lit, loin de Worcester et tout ce qui trouble mon sommeil là-bas…




Quand je me réveille, j’ouvre à peine les yeux et réalise qu’il fait jour. Une fraction de seconde j’ai le cœur qui s’arrête : avant 5h30 du matin, il ne peut pas faire jour comme ça, même en Arizona… Coup d’œil au réveil : 6h56. C’est un sentiment qu’on a tous connu un jour ou l’autre mais que je ne souhaite à personne. Je bondis littéralement du lit, attrape la clé de la chambre et cours, pieds nus en pyjama, jusqu’au téléphone public dans la cour. Pendant les 10 secondes de trajet, je ne pense qu’une chose : « on peut rater un exam, un entretien d’embauche ou un rendez-vous d’affaire important pour une panne de réveil. Mais pas un voyage à Monument Valley. Ça, c’est pas possible. ».

Au téléphone la gentille demoiselle du Tour operateur en question est désolée pour moi : le chauffeur m’a attendu jusque 6h30 passés, et puis il est parti… 
L L L ô rage, ô désespoir. C’est trop injuste. Pour la petite histoire la veille j’avais eu l’intuition qu’un réveil ce n’était pas assez, mais je n’en avais qu’un : pas de portable et  l’accueil de l’hôtel était fermé (donc pas de « wake-phone »). Je me revois vérifier deux fois qu’il était bien mis, et bien à la bonne heure, etc etc…  Je pense qu’il a dû sonner, et la seul explication logique est que j’étais tellement crevée que je ne l’ai pas entendu, même à 1m de moi. Ou bien il n’a pas sonné, et l’explication de cette grève soudaine remonte alors certainement à une exaction commise dans une autre vie et dont je paie aujourd’hui le prix. Enfin 150$ ça fait chère l’exaction. Ben oui, c’est quand même loin Monument Valley et ce tour c’était la seule solution pour le voir, ça m’aurait pris toute la journée…

Bon, passé le désespoir, la réaction. Que faire ? La où ils ont été professionnels c’est qu’ils m’ont tout de suite mis sur un autre Tour, et un qui n’était pas encore parti de préférence, c'est-à-dire Sedona, 7h30. N’ayant pas d’autres choix ma foi c’est ce que j’ai fait. J’étais quand même dégoutée… Et puis par hasard se connecte à ce moment précis sur MSN quelqu’un qui compatis à ma douleur et me dit « dis toi que je voudrais bien y aller, moi, à Sedona…»… En même temps résonne dans ma tête une autre voie qui me dit que « tu sais pas encore pourquoi, mais c’est sûrement mieux comme ça… » lol que deviendrais-je sans mes sœurs… J

Me voilà donc ragaillardie, prête à tirer un maximum de cette journée certes imprévue mais prometteuse. D’abord, direction Sedona avec un driver super sympa venu exprès pour moi, qui me fait le commentaire audio de toute la traversée… J’ai droit à toute l’histoire de la région, la faune et la flore, le climat… Un petit vieux hors du commun qui occupe sa retraite. Ça s’annonce bien.J








L’arrivée à Sedona me confirme que ma journée ne sera pas perdue… Les roches rouges se suivent sans se ressembler, grandioses… Etranges pays où on voit des visages ou des formes dans les rochers comme dans des nuages, et où les trottoirs sont bordés de cactus en fleurs… Toutes les formations rocheuses ont un nom, et je ne les retiens pas tous…











The Snoopy rock est le plus connu : on dirait vraiment Snoopy, allongé sur le toit de sa niche… Excellent !! 
J







Pour ceux qui sont pas experts en Snoopy... C'est frappant quand même, nan? ^^










Les autres sont moins rigolos mais plus impressionnants… Les couleurs sont sidérantes et tranchent les unes sur les autres tout en s’accordant… Le bleu d’un ciel magnifique (rââ, du soleil !!) sur lequel se détache le rouge des rochers parsemés de touffes vertes éparses… Woua !





















Avec la différence du prix des deux tours, je me paie une excursion en Jeep dans les « red rocks », rien que ça !! Extraordinaire… ça secoue c’est sûr, même une Jeep a du mal à faire sa route dans ces sentiers rocailleux, mais la vue est presque aussi incroyable que le guide. Plus de 2 mètres de haut, au moins 150 kilos, cheveux et accoutrement de cow boy, peau de serpent sur son chapeau... Ça valait bien une photo.

 

 










Il fait super beau mais avec le vent dans la Jeep le pull se supporte sans problème… J’ai l’air bronzée sur cette photo mais détrompez-vous, c’est du « dust », de la poussière du chemin.. Et oui, c’est sec l’Arizona, et je sors des 2h d’excursion crevée, moulue, crasseuse, transpirante, et HEUREUSE !! Alala que la vie est belle. Mes yeux ne se remettront pas de si tôt de ce qu’ils ont vu. 
J






















La petite ville de Sedona consiste en fait pour ainsi dire exclusivement en une longue rue touristique. J’ai beau marcher, les « souvenirs shops », « excursions tours » et autres « snacks » se succèdent inlassablement, encore et encore… Il y a bien sûr les « indian craft », avec tous ces trucs supposés venir des « natives americains », pseudo art indien « made in Mexico »... Ça me rappel Lucky Lucke et les milliers d’exemplaire du « véritable tapis de selle » de je ne sais plus quel célèbre général… Bref, rien qui vaille la peine. Je m’adresse donc au premier passant pour savoir si il y a des petits sentiers de randonnée dans les environs. « Basically everywhere, just walk to the rocks » qu’il me répond avec un grand sourire… ^^ ça marche pour moi! Je sors donc de la ville, direction n’importe où, cap sur les rochers. Et en 10 minutes me voilà seule au milieu de  nulle part, entourée de cactus et de rochers… Je n’entends bientôt plus rien que le vent dans les pins et les oiseaux.










Là, sac sur le dos et lunettes sur le nez, je me sens revivre. C’est sûr, je suis bien mieux seule ici libre d’explorer cet univers ahurissant que dans un bus à touriste, réduite à des arrêts photos et des pauses malbouffe.

















Pour un peu je ferais une crampe du doigt : je n’ai jamais pris autant de photos en si peu de temps de toute ma vie. Tout ici appelle l’objectif : le ciel, la roche (non pas brune ou rouille mais simplement ROUGE pure par endroit), la végétation, les animaux étranges, les cactus, les cailloux… Je m’émerveille de tout, bon sang qu’est-ce que c’est chouette !






La nature est têtue! C'est toujours impressionant de voir des joile fleurs sortir de la roche dure et sèche. Un vraie modèle de pugnacité. :p






Bon, de toute évidence je n'ai pas ton talent Anne, mais je me lance quand même dans la photo d'art...lol

Je m’en veux de n’avoir qu’un pauvre appareil incapable de saisir la beauté de la chose et qui me fadasse les couleurs… tant pis, mes yeux y voient bien, eux, et vous, et bien pour avoir une pleine vision de la beauté de la chose, allez-y un jour !! ça vaut vraiment le détour. Evidement, en route je rencontre des londoniens, un couple d’Allemand, occasionnellement des américains… Mais j’apprécie d’être toute seule 99% du temps : liberté liberté quand tu nous tiens !










J'aime bien celle la... Représentative de mon aprés -midi...^^



Je vais où bon me semble, et tout me semble bon...:-D









Je fais un peu la tête sur celle-ci jsais pas pourquoi, j'étais en haut d'un petite colline apparement privée (mais qu'à celà ne tienne...) avecbarbecue, table de picnic et balancelle... y'en a qui s'en font pas!!

J'ai intitulé cette vidéo "je fais ma Claire"...lol Je la publie en premier (d'autre à venir) parce qu'il n'y a rien de plus drôle que de se moquer de soi même et celle là est particulièrement belle...hihi Je me suis prise au retardateur, sauf que bien sûr j'étais sur vidéo. J'ai coupé juste au moment où je m'en rends compte et je me marre de ma bétise, au milieu du paysage...:p










Mon jean et mes bottes, largement nécessaires ce matin, me font suer sang et eaux… Mais qu’il est bon d’avoir chaud !!! Sensation qui, sans exagérer, m’était étrangère depuis des mois… Quel bonheur que de sentir le soleil sur sa peau… D’ailleurs malgré la crème solaire (je te promets maman j’en ai mis des le matin et ensuite régulièrement), j’étais tellement blanche que j’ai mal supporté cette brutale exposition : quasi sunburned le premier jour, ça c’est la grande classe. Je n’ai jamais été aussi contente d’avoir un coup de soleil… J

Mais ce cher soleil se couche tôt justement sur ces terres arides, et je rentre tranquillement vers la ville… Retour à Flagstaff, épuisée. Opération photos : tri, recadrage, sélection… ^^ Et puis blog, comme vous le voyez !!lol

Ceux à qui s’adressent mes articles en priorité me disent souvent que non, ce n’est jamais trop long… Alors, ma foi disons que je me fais plaisir. :p Quelque chose me dit qu’avec cette méthode je vais battre tout les records de longueur…hihi Je n’en suis qu’à mon deuxième jour et je n’ai même pas encore vu Grand Canyon !! Je n’arrive pas à croire que j’étais à Holy Cross hier matin. C’est fou…

Départ demain aux aurores, cette fois l’hôtel me réveille aussi, juste au cas où… cap sur un rêve !! J Je pense fort à vous…

Comme toujours, l’homme oscille entre les extrêmes et je ne suis pas en reste : stressée par la peur de rater mon départ à Grand Canyon, je prends toutes mes précautions. Pour prévenir toute défaillance du réveil ou du wake call de l’hôtel, je laisse les rideaux ouverts (le soleil se lève à 5h) et je m’enfile 1,5 litre d’eau. Une vessie au bord de l’explosion vous réveille à coup sûr. J

En fait je n’ai quasiment pas dormi, et réveillée à 6h je décide d’attaquer ma journée. Packetage rapide et direction la gare. Tentative de breakfeast en chemin mais j’ai vraiment du mal avec leurs muffins gras et leur bacon qui vous soulève le cœur rien qu’a l’odeur…

A la gare je rencontre une gentille institutrice de l’Illinois avec qui je discute tout le trajet : ses enfants bien sûr, et puis les voyages… Arrivée au Parc, je laisse ma valise au 1er hôtel venu (ils sont sympas là-dessus) et saute dans le shuttle. Etrange impression de voir des panneaux d’indication qui n’indique pas « Sony-en-l’angle », mais « South Rime of the Grand Canyon »…lol

Et puis, on ne voit rien d’extraordinaire… Où est-il ce fameux Canyon ? Et là, comme ça, au détour d’un parking : PAF !! Une des plus célèbres merveilles naturelles du monde apparaît, d’un coup d’un seul, immense et imposant.








Il fait gris et couvert mais qu’importe, la vue est quand même saisissante… J’entame « rim trail », c'est-à-dire le petit chemin qui longe le Canyon dans la partie dite « le village ». J’y passe tout l’après-midi, longeant le bord de la falaise… Mais là il y a quand même quelque chose que je ne comprends pas. Imaginez : vous venez de très loin pour admirer un paysage à couper le souffle, forgé par des milliers d’années. Vous sortez des sentiers battus et vous approchez jusqu’au bord même du précipice, là où vos yeux se perdent dans l’immensité… Et que faites-vous ? Si vous me ressemblez, vous vous asseyez en silence et contemplez votre petitesse en vous disant que quand même, ça en jette… Si vous êtes un touriste de base vous vous prenez bruyamment en photo ou en vidéo sans même prêter attention au « background » à grand renfort de gloussements historiques. Si vous êtes américains vous vous enfilez grossièrement des chips malodorantes, des hot-dogs dégoulinants ou des « meat stick », chose la moins ragoûtante qu’on puisse imaginer, le tout accompagné de remarques du genre « that sucks, it doesn’t echo.. ; » ou « let’s go to the shop ». Comment disait-il déjà ? Ah oui : « JE HAIS TOUS LES HOMMES,… »…

Bref, en pleine crise de misanthropie aggravée, je fuis cette zone hyper touristique où le fond sonore et odorant me gâche le plaisir. Direction Hermit Refuge, l’extrémité ouest du parc. Là, plus de bruit, plus personne, me voilà hors du temps, seule avec le Canyon. Je voudrais prendre des photos tous les 100 mètres, mais j’essaie surtout d’ouvrir grand les yeux… Loin des magasins de souvenirs je ne rencontre plus que des gens sympa : un couple de retraités russe, une jeune allemande avec ses deux enfants, des hollandais en vacances… On s’échange toujours quelques mots et quelques photos, étrange comme on se sent sur la même longueur d’onde avec des gens comme ça…

Le soleil décide enfin de se lever, à peine 1h avant de se coucher. Mieux vaut tard que jamais ! Ses rayons frappent la roche de côté, et c’est comme ci quelqu’un avait allumé la lumière : le Canyon se réveille et se révèle… En fait il n’y a rien à faire au Grand Canyon que de marcher et regarder.



















Je descends une petite portion du « Trail » que j’envisage de faire demain. Je voudrais descendre jusqu’au Colorado et remonter, mais il parait que ce n’est pas faisable en une seule journée… Marcher ne me fait pas peur, mais ils annoncent de la neige et du vent pour toute la journée… Pour l’instant le ciel est clément.

« Condor !!! » Un seul cri et tout le monde se retourne : un des rarissimes Condors du parc vient de se poser tranquillement sur un rocher en face de moi… Vous me direz, ce n’est qu’un gros oiseau noir avec la tête ridiculement rose comme une poule plumée. Oui, mais c’est un Condor… J Evidement il reste à distance, mais quelque part la vue du parc prend une autre dimension avec ce gardien en premier plan. Il nous tourne ostensiblement le dos : peu lui importe l’enthousiasme qu’il génère, seul compte le vide auquel il fait face…














Le « sun set » est particulièrement réputé depuis Hobi Point, que je n’ai pas encore vu. Je prends donc la navette pour m’y rendre, mais voilà qu’au deuxième arrêt  un grand père black s’effondre entre les sièges, juste à côté de moi, d’une attaque cardiaque ou je ne sais quoi. « Call 911 !! Call 911 !!» Un gars se précipite en disant qu’il est médecin, la famille appel à l’aide, tout le monde se bouscule,… Je vous avoue que c’est impressionnant un gars qui tombe comme ça juste à côté de vous, j’ai bien cru qu’il était mort… Et puis non, ils lui ont levé les jambes, appuyé jsais pas où, enfin fait le nécessaire, et le voilà qui ouvre un œil, qui murmure qu’il va bien… Il faudra quand même presque 20minutes, de l’oxygène et tout le trintrin pour le relever. Ravigoté le voilà qui tape (de la bonne vraie tape hein, j’ai cru qu’il allait lui démonter un bras) sur l’épaule du médecin que la mère prend dans ses bras… Voilà tout le monde qui pleure, et le petit vieux de voir que moi aussi j’ai les larmes aux yeux (empathie ou retombée du coup de stress ?) et de me dire « is it me that make you cry miss ? » et toute la famille émue de me voir émue, bref, une vraie scène de série télé américaine.

Entre temps le soleil s’est couché hein, lui se fiche de savoir que le bus était bloqué. Il faudra revenir. Qu’à cela ne tienne je suis vannée : retour à la case départ. Une fois ma valise en main je réalise que je n’ai quasiment rien mangé de la journée… Et qui vois-je qui fais la queue avec un burrito et un cheese cake ? Mon institutrice de ce matin. J Du coup bien sûr nous voilà attablées à papoter comme deux vielles amies qui se retrouvent, mdr…

Cab jusqu’à Tusayan, ville voisine où j’ai mon hôtel. L’eau de la douche est jaune-orange de sable… Dodo, et réveil à 4h30 pour décoller à 5h : il ne faut pas manquer le « sun rise »…

Seulement voilà, à 4h30 du matin il neige et le ciel est blanc opaque : aucun rayon de soleil ne traversera un tel nuage. Retour dans mon lit, d’ailleurs au prix de la chambre autant en profiter après tout. 7h : il faut quand même bien y aller. Ferais-je ma randonnée sous la neige ?

Petit déjeuner avant toute chose : rentabilité, rentabilité, il s’agit de se remplir l’estomac et le sac avant le départ. Et pourquoi déjeuner seule quand il y a d’autres gens seuls à une table ? « Hello, can I sit here? » lol Me voilà sociable. Mon compagnon de table à un tel accent allemand que je ne pense même pas à lui demander d’où il vient. Erreur ! Au nom de Strasbourg, il ouvre une bouche de 6mètre : « I’m from Strasbourg ! I work there! » Mdr, le monde est SI petit… Nous voilà à parler de la capitale européenne comme deux vieux amis…^^ Evidement, il va au parc et propose de m’emmener. Cool !  Ça m’évite de payer le taxi et l’entrée (6$ par voiture, pas par personne, ils sont fous ces américains…). Sur le chemin je ne reconnais rien de ce que j’ai vu hier : le paysage de neige et de givre me rappelle le campus pendant ces longs mois d’hiver… Rien qui évoque le désert des cow boys en tout cas !















étrange vision que celle des cactus sous la neige… Le délire continue jusqu’au Canyon, dont on ne voit rien de plus qu’un grand nuage opaque… Si je n’avais passé qu’une journée au parc et que mon panorama se limite à 1 mètre au-delà du gouffre, j’en aurais sûrement été malade de frustration. Mais en ayant bien profité la veille et sachant que j’allais certainement recouvrer la vue le soir même et le lendemain, je profite de ce changement radical de climat qui crée une ambiance quasi magique le long de la falaise… Les visiteurs se font bien plus rares que la veille, ce qui est fort appréciable ! Et qu’en est-il de mon excursion au fond du Canyon me direz-vous ? Ma foi, je ne veux pas m’engager à l’aveuglette, et toujours avec mon strasbourgeois, je décide de me rendre à l’avis des connaisseurs : direction les « rangers » au visitor center. Là, on nous explique que le Trail n’est pas fermé, ce qui signifie qu’il n’est pas considéré dangereux de descendre. Bien sûr, le chemin sera humide, avec de la neige au début puis de la pluie (et oui, plus on descend plus la température monte). Et si j’étais raisonnable, qu’y a-t-il à faire dans les environs en attendant que la brume se lève( si tant est qu’elle veille bien se lever avant la nuit) ? « oh, you have some exibitions, and the souvenirs shops… ». N’en dites pas plus : je suis déjà en bas. Hors de question de passer la journée au milieu de touristes désœuvrés agglutinés à l’intérieur et réduits à l’achat compulsif de « sposes » et « spends ». (Pour les non-initiés : « trucs qui sposent » et « trucs qui spendent », c'est-à-dire objets divers se distinguant par leur parfaite inutilité et « prend-la-poussière » par excellence. On les repère également à leur prix exorbitants. )

































Mais quel intérêt de descendre dans le brouillard si je ne vois vraiment rien du paysage? Je m’enquière de la gravité de la situation: « is it any chances that I can see something down there? » Une gentille rangeuse aux yeux verts me répond en rigolant “well, if you believe in miracles… ». Le truc à pas dire : bien sûr que je crois aux miracles. Et je compte bien écarter les nuages à grand coup d’ondes positives. 
J Va savoir pourquoi ce temps me donne la pêche, et je ne peux pas retenir un sourire d’une oreille jusqu’à l’autre. Rien ne m’arrêtera, c’est parti pour la rando ! Mon allemand ne s’est pas encore décidé. Il a une réservation à Phantom Ranch au fond du Canyon pour cette nuit (le veinard a pu réserver suffisamment à l’avance, moi j’ai décidé de ce voyage trop tard et tout était évidement complet…) mais se tâte au vu des intempéries. Moi, il faudra que je remonte avant la nuit, alors je n’ai pas le temps d’attendre pour voir si le brouillard se lève ou non… Un muffin, une bouteille d’eau et 2 bananes dans mon sac, je prends le chemin de Bright Angel Trail. Le début du trajet est assez irréel : la neige crée un matelas cotonneux sur lesquels crissent mes bottes UGG qui me gardent les pieds au sec…Je suis entourée du silence le plus total, rompu seulement par le bruit du vent et de temps en temps des condors, corbeaux et autres. D’abord de paysage, point. Je descends, descends encore… Et puis, tranquillement, mon miracle se réalise… Et le canyon est là, au milieu de la brume, éclairé des rayons du soleil qui percent en faisceaux au travers les nuages… On dirait des spots géants éclairants une rock star… J




























La température monte sensiblement, et la neige devient pluie. Qu’à cela ne tienne, j’avais prévu mon coup : bonnet, gants, écharpe… Je suis parée. Je commence à croiser quelques rares être humains, quelques uns descendant comme moi la falaise, mais la plupart remontant vers le sommet, partis à l’aube de Phantom Ranch. La plupart a de la boue un peu partout, résultats de chutes/glissades plus ou moins réussies. J’ai bien fait de mettre mon pantalon vert qui-ne-craint-plus-rien… car je dérape à mon tour et finis à genoux dans l’eau rouge. Allons bon.


















C’est drôle comme une complicité se crée avec ces rares randonneurs que le temps n’a pas fait fuir : on se croise, on se sourit, et puis on se comprend. Oui il fait froid, oui on est trempé, oui on se galère dans la boue… Mais le Canyon est à nous, est on est plus « en face » de la vue comme on le serait d’un poster, mais bien DANS le paysage lui-même, part of it… Bref, que des tarés fous de nature, forcément sympas. La pluie cesse par intermittence, laissant apercevoir plus ou moins de la vallée avant de reprendre de plus belle. Au loin tout en bas, j’aperçois les arbres qui signalent « Indian Graden ».








Plus loin encore on voit le sentier qui mène à Plateau Point, mon objectif, connu comme une des meilleures vues du parc et chaudement recommandé par mon ranger.  Comme tout ça paraît loin et inaccessible ! Je n’en finis pas de descendre, et regarder en haut me donne le tournis : est-ce qu’il va vraiment falloir remonter toutes ces marches jusqu’au sommet, tout là-haut là-haut dans les nuages ? Euh… hum. J’ai dit que j’irai, j’irai.

















La température monte encore, et la végétation change totalement. Fini les buissons secs, ici les arbustes sont en fleurs et l’eau qui coule le long du chemin crée des cascades rouges qui glougloutent gentiment pendant les accalmies. Les animaux sont de retour, d’abord les écureuils et mulots tout trempés, puis les cerfs aux environs de Indian Graden… Ici encore le décor change, et le chemin passe au milieu des cactus et des galets polis sur des petites plages de sables. Le terrain se fait plus plat, je suis en bas de la falaise. Du moins, du premier niveau : Plateau point surplombe encore la Colorado River de quelques centaines de mètres. Je traverse Indian Graden, véritable petit paradis… Entre les grands arbres coule une petite rivière d’eau claire, les oiseaux piaillent dans les buissons fleuris. Il fait chaud et humide comme dans une jungle… J’avais froid il y a 1h, et me voilà en nage. On m’avait prévenu de ce phénomène (jusqu’à 20 à 30 degré d’écart entre le sommet et le fond !!) mais je suis quand même impressionnée. C’est comme passer de pays en pays en quelques dizaines de minutes… Il faut dire aussi que je porte :


- mes bottes fourrées

- un collant chaud

- un bon pantalon

- un T-shirt pur coton

-  un sous-pull

- une polaire décathlon

- mon manteau noir

- gants, écharpe, bonnet…^^

Vous l’aurez peut être compris, je suis prête ! mais je n’ai pas d’imperméable et la pluie persistante a fini par traversée mon manteau… Et puis, un panneau de bois apparaît dans le brouillard. Une petite flèche de bois flanquée de deux cactus qui indique simplement… Plateau Point.

 

 













Je regarde autour de moi, et reconnais le cercle de terre sans herbe qu’on voit depuis le haut. Je n’arrive pas à y croire… J’ai l’impression que je fais bien rigoler le Canyon ; et comme ça, par pitié ou par amusement, il décide de se montrer… Le vent fait disparaître la brume si vite qu’on croirait un effet spécial de film… Et me voilà au cœur du Canyon, avec le sentiment d’en faire partie intégrante… Derrière, devant, à droite, à gauche, au dessus et en dessous : je ne sais plus où regarder… Bon sang que c’est impressionnant !  Le soleil s’en mêle, et fait briller les rochers en face de moi… Je m’avance encore, prudemment sur la roche trempée et très glissante. Un pas, un autre… Et puis me saute au visage un ruban vert turquoise étincelant au fond du précipice : Colorado River.



























On l’entend très bien gronder, quelques « feets » plus bas… On voit même distinctement les rapides et l’écume blanche qu’il crée, les rochers, les plages de sable rouge par endroit… Le voilà, ce fameux torrent ! Je n’en reviens pas de ce vert profond, c’est vraiement magnifique… J’essaie de boire tout ça, toute cette magnificence d’un coup… J’essaie aussi de prendre des photos, même si je sais pertinemment qu’elles seront probablement grises ou floues… Juste pour le symbole : un coup de retardateur, et me voilà souriant béatement à l’extrémité de l’avancée surplombant le ravin.











Maintenant, il s’agit de remonter. Le Canyon est presque complètement dégagé, cap sur la falaise.

               






Je réalise qu’en descendant je faisais bien attention à où je posais les pieds, à la fois pour éviter les flaques et pour ne pas glisser. En montant, j’ai plus d’adhérence.





Pourtant, au dessus de moi, la falaise n’en finit pas… Des virages, encore des virages, des marches… Et puis la grêle s’en mêle ,des gros grêlons qui tombent bien serrés et qui vous frittent tout ce qui a le malheur de dépasser…




















Dans le brouillard, une chose étrange apparaît en face de moi : un grand truc noir, qui bouge. Un être humain. Il s’appel Darrigo, il est colombien, il vient de la rivière, et il est au bout du rouleau. Ses amis sont plus bas, il est parti devant pour chercher la voiture. « We’ll make it », qu’il me dit, autant pour lui que pour moi je pense… Alors dans le blizzard, voilà qu’on se met à discuter. Et ça réchauffe, de parler, de penser à autre chose qu’à l’eau froide dans ses chaussettes. Et puis le blizzard se lève, il neige, calmement. Le vent est tombé. Il travaille dans les panneaux solaires, il habite à 5h d’ici. Non, il ne restera pas toute sa vie aux Etats-Unis. Oui, il est déjà allé en France. Non, pas à Strasbourg, mais à Paris… J’essaie de pratiquer mon espagnole, je ne m’en sors pas trop mal !
















Arrivés en haut, nous voilà de retour d’un coup dans le monde réel. Ici, les touristes moyens sont toujours là, cafés fumant à la main, appareil photo prêt à dégainer.

Moi, j’ai eu ma dose : le retour à l’hôtel et une bonne douche chaude s’imposent de toute urgence. Pas de réveil pour demain, tant pis pour le sunrise. Inutile de dire que je tombe comme une masse. Qu’on est bien dans son lit, au chaud… Ah mes amis, quelle journée !! Quelle journée !!!







Levée avec le soleil, et direction le petit déj où je remplis de nouveau sac et estomac. Sur le parking, les clients de l’hôtel démarrent les uns après les autres dans leurs grosses voitures. Bien sûr, ils vont tous au parc, je vais bien en trouver un pour m’emmener… Est-ce que j’ai l’air dangereuse, avec mon sac sur le dos et ma valise à la main ? Est-ce que je pue ? Nan parce qu’en quelques minutes je me prends quand même une série de vents absolument grandioses. Très bien j’ai compris, je me fais appeler un taxi, ça me coutera 10$ et puis c’est marre. Welcome in America, pays où l’individualisme est élevé au rang de valeur culturelle commune.

Au parc, je décide de fuir la foule revenue avec le beau temps et de faire le « rime trail », sentier qui longe le bord du canyon et relie des « Points » d’observation, eux même desservis par un shuttle. Comme il y a 20 kms, je décide de commencer au milieu.

Dans la file d’attente du shuttle en question voilà que je reçois une boule de neige dans l’épaule. Plait-il ? Je me retourne sur un gamin de 12 ans qui s’excuse et m’explique qu’il visait son père. Le père en question s’excuse aussi. C’est un australien d’une trentaine d’année, avec une bonne tête d’Australien. Lol Jveux dire, détendu comme seuls le sont les australiens… Nous voilà à discuter, de voyages, de cultures… Du coup il me propose de rester avec eux, et ma foi, pourquoi pas.























Il m’explique qu’il essaie de donner à ses enfants le goût du voyage et de la découverte en les emmenant un peu partout, mais que ce n’est pas toujours facile de les intéresser… Je comprends ce qu’il veut dire lorsque j’entends la gamine (12-14 ans ?) lui dire « dad I’m cold. Take me shoping. » et le gamin d’enchainer « yeah, I want a hot chocolate. Let’s go.”, le tout sans un regard pour le Canyon. On croit rêver. Pauvre père. Je lui explique que quand j’étais petite, mon propre père a lui aussi tenté de nous inculquer un minimum de culture, notamment par ce qu’on appelle communément en France, « les châteaux de la Loire »… Pour achever de le rassurer, je lui parle même d’un certain théâtre, dans une certaine ville d’Orange…lol Ses mioches sont quand même particulièrement exécrables, et il faut très vite mettre fin à la ballade car la gamine a froid et le gamin est fatigué. Allons bon. Du coup, il va les emmener faire un tour en hélicoptère. Ben c’est bien ça, moi si je m’étais plainte du vent au bord du Grand Canyon je crois qu’on m’aurait remis à ma place plutôt que payer un truc comme ça, mais bon… Tout est question de point de vue.


















Du coup nos chemins se séparent, et je continue seule sur le Trail. Je prends mon temps, cf courbatures de la veille… Le soleil brille, le Canyon change de visage au fur et à mesure que j’avance… D’abord je vois Plateau Point, qui m’attire l’œil, loin là-bas… Puis c’est le Colorado qui apparaît au fond du gouffre, brillant au soleil. Je discute avec les gens, j’admire… La luminosité change, c’est déjà l’heure du coucher de soleil qui commence. Etrangement c’est vraiment à cette heure que le Canyon « s’allume » littéralement. Les couleurs s’intensifient et tout devient rouge orangé… Il faut déjà partir : cap sur Flagstaff again.



Là je m’installe confortablement à la gare routière : j’ai 5h devant moi avant mon bus, temps que je mets à profit pour écrire mes cartes, mon blog, trier mes photos, etc… Et puis me voilà partie pour Las Vegas. D’abord, j’ai les paysages quasi lunaires de l’Arizona sous les étoiles et une pleine lune superbe. Puis, j’ai droit au lever de soleil avec toutes ses couleurs sur les roches… J’arrive à las Vegas de jour, ce qui je pense brise largement l’ambiance de la ville : de jour, pas de lumières partout et de clignotants voyants mais seulement de grands panneaux et des centaines de milliers d’ampoules, grises à la lumière du jour. 















N’empêche, je me fait une idée de la ville. Que d’hôtels, de clubs, de casinos ! Un truc de fou. Ma voisine de bus m’explique qu’elle travaille là, et qu’ici bosser dans un  hôtel ou un casino est bien souvent le seul et unique débouché des jeunes s’ils veulent rester ici…

La route de Las Vegas à Saint George est magnifique. Le bus passe entre les roches abruptes,  s’enfonce dans les steppes et  contourne  rochers ou rivières.. .

 

C’est déjà pas mal pour une  vue de bus, nan ? Je suis la seule touriste, et donc la seule qui ne dort pas et qui prend un max de photos… lol

 



















A l’arrivée du bus, je me renseigne sur les moyens de transports pour rejoindre l’aéroport (mon vol est dans 6h, mais autant prévoir maintenant pour vagabonder ensuite). Evidement, on me regarde comme une demeurée et j’ai droit à cette éternelle réponse : « you don’t have a car ? well, take a cab… ». Que je les hais. Va, j’irai à pied : par où svp ? Là, la tête de la petite vielle me sidère : « you wanna… walk ?!? » mdr c’est fou comme on se fait mutuellement halluciner. Ben oui, l’aéroport je le vois d’où je suis, il est en haut du plateau, à quelques km à peine…C’est une longue trotte avec ma valise, vu le soleil, mais j’ai largement le temps, et après tout ça me permettra de visiter la ville en même temps… Je laisse donc  là ma petite vielle qui me regarde partir stupéfiée, et je prends vaillamment le chemin de l’aéroport. Il fait vraiment un temps magnifique, bon sang comment ai-je pu survivre des mois sans cette sensation de chaleur et cette lumière merveilleuse qui vous réchauffe le cœur et fait étinceler le paysage…

















Saint George s’avère une petite ville pleine de charme (rarissime pour une ville américaine !!! du jamais vu !) aux jardins fleuris et aux routes bordées de palmiers. Petites maisons à l’américaines, où chacun s’active dans les pelouses à tondre, tailler, arroser… On ne se croirait pas un Lundi…^^ Il faut dire que la moyenne d’âge approche les 70-80ans, et c’est d’autant plus impressionnant de voir tous ces petits retraités manier vaillamment divers engins de jardin avec une énergie que n’aurait pas la plupart des jeunes français. Passons. A chaque jardinet j’ai droit à un sourire et une variante de « have a nice day », les fleurs embaument, je sue sang et eaux avec mes bottes UGG aux pieds et tout mon barda à la main, la vie est belle. 
J




Que vois-je au loin ? Une sorte de grande église blanche qui se détache du paysage sur le rouge de la roche et le bleu du ciel. Qu’est-ce dont là ? J’en aurai le cœur net : changement de cap. Quelques petites rues plus loin me voilà devant le plus ancien et un des plus importants temples mormons du pays, même si je l’ignore encore.




























Une petite retraités se fait une joie de me renseigner et m’indique le visitor center. Même pas peur, me voilà chez les mormons, pressée de me faire endoctriner. Evidement on me dégotte très vite une québécoise et une française en « mission » (vous savez, ces 18mois à l’étranger qu’ils font quand ils sont jeunes) qui me font faire le tour de leur exposition et m’explique la religion mormon en long en large et en travers. Je dois dire qu’elles se débrouillent très bien, ces gens là sont de toutes évidences aussi convaincants que convaincus ! Bon, le coup de la résurrection des corps, des prophètes modernes et des 3 royaumes, bof, à revoir. Le reste se tient bien, avec un maximum de tolérance pour les autres religions et évidement des principes fondamentaux sur lesquels tout le monde s’accorde. Une joyeuse petite communauté qui se balade au soleil dans le parc du temple. Je reste donc plusieurs heures à les écouter, après tout c’est l’occasion d’en apprendre plus sur cette religion si répandue aux US et dont je ne sais pas grand-chose. Et puis des grands yeux bleus quasi illuminés qui vous disent le plus naturellement du monde « ça frait pas dsens si tsais lpère spirituel y tdisè ah ben tôa tè chinois ctoo bad faudra revnir hein stu connè pas lchrist hein…ça frait pas dsens hein… » avec un accent québécois du tonnerre, c’est fascinant. 
J Enfin je me retrouve avec un livre des mormons dans les mains, et me voilà sur mon way back. C’est que j’ai un avion à prendre moi dans cette histoire. D’autant que  j’ai perdu une heure de décalage horaire par rapport à l’Arizona (je suis maintenant dans l’Etat de l’Utah)… Pas de panique je la regagnerai ce soir à LA pour en reperdre 3 sur le chemin de Boston… J’ai renoncé à changer ma montre, je me réfère aux horloges locales, plus sûres.

C’est donc reparti pour un tour, et je traverse un petit square bien sympa où les enfants jouent dans l’eau des fontaines et où des jeunes jouent de la guitare, assis dans l’herbe… Ah ben il n’y a pas que des retraités finalement ! Je dois leur paraître loufoque, rouge écarlate, chargée comme un mulet, brillante de crème solaire et de sueur, lunette et casquette sur la tête… Qu’à cela ne tienne ! J’engage la conversation. Sont tous extras, et je resterai bien là à bavasser avec tout le monde, les pieds dans l’eau…







Je m’arrête devant un petit jardin plus beau encore que les autres : les iris et les cactus en fleurs se mêlent à d’étranges végétaux dont je ne connais ni le nom français ni anglais… Le propriétaire, de 80 ans bien tassés, s’amuse de mon émerveillement. Quand il apprend que je vais à l’aéroport, il propose de m’y emmener : ce n’est plus très loin, mais si ça peut m’éviter la montée sur la route goudronnée au soleil, ma foi pourquoi pas... 
J J’ai d’abord droit à un jus d’orange frais sur la Terrace, où je rencontre les enfants et la femme de ce bienveillant vieillard. Puis me voilà dans une BMW qui ferait mourir papa d’un arrêt cardiaque : détritus et peaux de banane par terre et partout, crasse et taches divers et variées sur les sièges en cuir… Je suis censée m’asseoir où ? « make yourself a space » qu’il me dit… énorme… zauriez pas une pelle que je me creuse un trou là dedans ? hihi je ne vais quand même pas me plaindre d’un taxi gratuit et aussi sympathique. Je me fais donc une petite place au milieu de cette déchèterie, et c’est parti. Il n’y a que quelques minutes de route mais ça monte dru, et je ne regrette pas d’avoir accepté une si gentille proposition. En chemin j’apprends que mon petit grand-père est un ancien grand voyageur (j’aurais pu le deviner, avec une hospitalité comme ça et un sourire de bienheureux) qui parle, ou du moins parlait, 6 langues. Nous voilà à échanger quelques mots en allemand, russe, anglais, espagnole et français… Je ne parle malheureusement pas le hongrois : je me couche. Excellent. Ses deux gamins sont venus avec nous : il m’explique qu’il s’est remarié, ce qui explique qu’il soit si vieux avec des enfants si jeunes… Ci-dessous lui et sa fille, devant l’aéroport.














J’ai encore quelques heures avant le décollage et l’aéroport est si petit que j’en ai vite fait le tour… Sa position en hauteur me permet d’admirer la ville d’en haut… Quelques cartes postales plus tard (24 au total, je vous aime hein c’est pas la question mais c’est long…^^), me revoilà dans l’avion. Los Angeles again. Le petit coucou qui m’emmène en ferait rigoler plus d’un : 20 passagers, deux rangés de un… c’est cool, on a tous le hublot !hihi C’est vraiment super les petits engins comme ça, on se sent vraiment « voler »… C’est sûr c’est un peu moins confortable, mais tellement plus rigolo !! Comme il ne monte pas au dessus des nuages, j’ai droit à la vue sur les reliefs de l’Utah et de l’Arizona, magnifique… Je me prends de passion pour la géologie... A la région des canyons succède le Lake Powell et le désert, parsemé de petits buissons secs et traversé par ces étranges traits fin tracés à la règle…Des routes. La légende est donc vraie, et ces incroyables routes droites sans fin traversant les « grands espaces » de l’ouest américains existent réellement. Ça doit vraiment être mortel, j’espère qu’on y capte la radio au moins !…^^

























LA me fait toujours autant halluciner : on a beau la survoler encore et encore, passer des centaines de quartiers résidentiels et des milliers de petits pavillons, il y en a encore et encore à l’horizon… Si une ville normale est une noix de beurre, LA est tartiné très fin sur une grande tranche de pain. C’est la ville sans fin…



Problème : l’avion au décollage de Saint George avait déjà une bonne heure de retard, qui s’est aggravé en 2h30 au cours du vol, sans que je ne m’inquiète outre mesure : mon vol ne décolle que dans 20 minutes, et ils m’attendront bien… Dans les films ils appellent toujours le héros pendant des heures pendant qu’il ne se décide pas à dire au revoir à sa fiancé. Oui, mais nan : l’avion décolle à 11h, et le temps de trouver la porte d’embarquement et de s’y rendre, il est -10. Je pensais pouvoir encore le faire, mais pour ce film les producteurs ont décidé de varier un peu le plaisir. « we’re sorry, th e plane is gone. It’s closed at ten to eleven.” Cool. Bon, rien ne sert de paniquer, je n’ai que 4 practicumps à faire demain après tout. C’est l’après midi, je trouverai bien un moyen d’être à Boston dans la matinée au lieu de 7h comme initialement prévu.

 Mais voilà que les producteurs s’amusent encore un peu : pas de vol avant le lendemain matin, arrivée dans l’après midi. La bonne blague. Bon, ben qu’à cela ne tienne… Je ne suis pas si pressée de rentrer après tout, et si je peu prendre un jour de congé… Après tout, ce n’est vraiment pas ma faute, et je ne peux rien à la situation… « that’s too bad », comme ils diraient… 
J Passée la première panique, je change mon billet, ma réservation de Limo pour Boston-Worcester, je m’achète Internet (ben oui, ici tout se paie) et je m’installe dans un coin. Etrangement, l’aéroport se vide complètement et je me retrouve seule de minuit à 6h du matin. Là, sans prévenir, la foule revient, ainsi que le jour. Le temps a passé très vite, entre MSN (il fait jour en France ! excellent…) et cet article qui n’en finit pas…






Ceux qui sont arrivés jusque là méritent la médaille du lecteur assidu. Je ne sais pas si je l’aurais fait moi-même…lol J’espère que vous ne vous êtes pas ennuyé, perso j’aime bien raconter tout ça, c’est quand même tellement plus intéressant que ma vie à Holy Cross ! Bref, je m’arrête là. Mon avion décolle dans 1h et je m’en vais faire la queue à l’enregistrement, pas moyen de le rater de nouveau. (je dois dire que quand le gars m’a dit « not befor tomorrow », je me suis dit une seconde : ben profite en, passe la journée à LA et rentre carrément que demain soir…lol Je suis incorrigible. Vous inquiétez pas, je me suis mise 2 claques et je suis restée à l’aéroport, faudrait pas abuser non plus…).


Voili voilà, c’étaient mes aventures au pays des Cow-boys. Je dois dire que tous mes voyages ici ont eu quelque chose de magique, mais que cela plus que les autres me restera comme un passage particulièrement hors du monde et du temps… Ces quelques jours ont tous été tellement différents les uns des autres et pourtant tous si extraordinaires !!  Vive l’Arizona, l’Utah, la Californie… La côte Ouest quoi. Et j’en ai vu assez pour me donner l’envie de revenir un jour… 
J

 

 


Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /Mars /2009 06:20

Je précise avant toute chose que cet article, qui s’est fait attendre, est certainement le plus long que j’ai jamais écrit. En plus je ne suis pas du tout sûre d’être intéressante (jsuis même plutôt sûre du contraire), sachant que je pars régulièrement dans des parenthèses sans fin ou des réflexions vaguement métaphysiques qui n’intéressent certainement que moi. N’hésitez pas à zapper le texte et à « regarder les images »… :p

 

Le début d’une aventure est toujours la fin d’une autre… Le début de « California dreaming » est donc aussi la fin de « 3 sœurs à New York » (publication à venir).

J’étais censée aller à l’aéroport avec le service de l’hôtel, mais il semble que le concierge en charge du dit service ait choisi de rester au lit plus tard ce matin là. Du coup, après un dernier pancake pour la route, me voilà lancée sur les trottoirs de Manhattan un Lundi à 7h30 du matin… Les rues, le métro, la gare, tout regorge de centaines (de milliers !) de travailleurs pressés se rendant comme chaque matin au bureau… Image irréelle que cette armée humaine à la tenue vestimentaire standardisée et au front ridé de soucis… La neige qui tombe imperturbablement n’est pour eux qu’un problème de plus, car elle retarde la circulation et mouille leurs souliers vernis. Pour moi elle rend la ville magique, preuve s’il en fallait une que la nature se chaut peu des soucis des humains. :p







Mais je m’égare. Je disais donc : slalom sur les trottoirs encombrés, shuttle et métro jusqu’à JFK.  Là bien sûr je prends la navette pour rejoindre mon terminal. Rien d’extraordinaire. Sauf que la navette automatique ne démarre pas. 1h. 2h. Toujours rien. Les portes automatiques s’ouvrent et se ferment régulièrement, nous laissant espérer un quelconque mouvement, mais non… Elles ne font que laisser entrer la neige, qui tombe et tombe encore…  Bizarrement je semble être la seule à m’inquiéter. Je ne peux m’empêcher de penser qu’en France, ça « gueulerait » dans tous les sens, les gens s’énerveraient, pesteraient contre tout et n’importe quoi, et qu’après 2h d’attente dans le froid sans information, ils auraient déjà mis le feu au bâtiment.  Mais les américains sont disciplinés, alors ils attendent. L’heure de mon décollage approche.  Il n’y à rien n’y personne à qui s’adresser, nul part où aller (nous sommes sur un ilot isolé, à la dernière station de métro reliée à l’aéroport par cette satanée navette, bloquée sans doute par la neige).

Tout finissant par arriver, l’engin finit immanquablement par se mettre en branle, sans se presser...  Bien sûr, mon terminal est le dernier arrêt. J’arrive donc une bonne demi-heure après l’heure de mon décollage. Great.

Mais après 3 jours au contact de miss « c’est forcément mieux comme ça» :p, je me dis que tout va pour le mieux, et que ça ne peut que s’arranger.  Les tableaux d’affichages indiquent que certains vols sont annulés du fait des intempéries… Alors, je tente : je demande à un guichet que faire si mon vol a été annulé. Sans vérifier duquel je parle, il me donne le numéro de la compagnie, en l’occurrence American Airlines.  J’appelle et j’explique ma situation : « my flight has been canceled, what am I supposed to do ? ».  Et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, me voila replacée dans le vol d’après, 1h30 seulement à attendre, soit juste le temps de m’enregistrer sereinement… Elle est pas belle, la vie ? ^^

Les orages de neige et de glace sur une bonne partie du pays rendent le vol très difficile, je n’ai jamais vu des turbulences aussi fortes ni aussi fréquentes, c’est assez effrayant… L’avion fait plusieurs détours pour éviter des zones critiques, et met donc 3h de plus que prévu à arriver (8h de vol au total, arg !!). Enfin me voilà arrivée, vivante !  Je hèle un taxi, à l’américaine, et 10$ plus tard me voilà à frapper à l’adresse que Joanna m’avait laissée. Pour le coup j’espère que c’est la bonne car je suis toute seule dans une ville inconnue, il est tard et je suis fatiguée… La vie étant bien faite, la voilà qui ouvre. C’est vraiment marrant de la retrouver ici, à l’autre bout du pays.  S’en suit un dodo bien mérité avant d’attaquer le vif du séjour…

 

A ce stade je crois que si vous êtes toujours là vous êtes bien courageux, parce que je m’égare franchement…  J’en entends d’ici crier « ABREGE ! » lol. Promis, je vais à l’essentiel :

Mardi, première sortie en ville. Je m’émerveille sur les palmiers qui bordent les routes et qui feront l’objet de ma première photo en Californie…^^

 

 

 

Direction le centre, Powell street et Union square.
Un bon petit déjeuner s'impose! Vive les pancakes!






De là, en route pour le célèbre cable cab qui nous emmène vers l’océan… Il fait beau même si pas très chaud, les gens sont incroyablement sympathiques et souriants, la vie est belle….

 

 







Nous arrivons au bord de mer, magnifique… Pier 39, immanquable car connu pour ses loups de mer…







La vue sur Angel Island, au centre de la baie est incroyable : cette ile est à 10minutes de ferry de la ville et reste pourtant sauvage, car c’est comme ça que l’aime les San Franciscains. Pas de building, pas d’habitations, pas de routes, rien… On dirait un petit bout de paradis tombé dans l’eau…

 











Alcatraz est plus proche de la ville que je ne croyais, et la vue sur la célèbre prison est impressionnante.  Des photos s’imposent : « alors, là c’est moi devant Alcatraz… »lol







Et y'à même des fleurs! :p


 

 

Direction le musée automatique, connu aussi et particulièrement rigolo… Les attractions (des années 60-80) nécessitent de la petite monnaie. Je mets donc un billet de 20 dans une machine indiquant « change »… Et que se passe t-il ? Mon billet est découpé en quarter, c'est-à-dire 25centimes : il en tombe 80 !!! J’ai gagné le Jackpot à Las Vegas !! Gros fou rire avec Joanna, me voilà les poches pleines à craquer de prés d’une centaine de grosses pièces…^^

 











Du port, je remarque une drôle de tour ancienne qui dépasse : « c’est quoi ça ? on peut y monter ? » Et c’est parti. La montée jusqu’à la tour nous fait passer par le quartier surplombant la baie. Quartier ou devrais-je dire fôret vierge : végétation dense, fleures tropicales et degré d’humidité à faire friser les cheveux d’un suédois.  Je n’en reviens pas… Où suis-je ? Entre les magnolias géants, les citronniers et la vue sur la baie, un drôle d’oiseau attire mon attention… Oiseau, insecte ? C’est un colibri !!! Un petit colibri tout coloré, avec toute sa bande d’amis… Et ben, je vous le dis, c’est beau, un colibri… :p



















Bon j’avais promis d’abréger. La vue de la tour est magnifique, la ville brille au soleil…













Le golden gate, en fond....




Pour la descente, la pluie s’en mêle : et oui, c’est ça à San Francisco, le temps varie très vite… Nous voilà saucées. En même temps, je suis à ce moment précis dans un tel état d’euphorie que je trouve la pluie magnifique…loool Je me souviendrais toujours de la petite tête de Joanna dépassant vaguement du pas de porte où elle s’abritait, un grand sourire d’une oreille jusqu’à l’autre…mdr.

La pluie passe aussi vite qu’elle est venue, et nous voilà direction la rue la plus tordue du monde dans le quartier russe. C’est rigolo, alors ça vaut bien une photo…^^







 



Pour se sécher et récupérer, petite pause dans un starbuck qui se trouve doté….d’une cheminée. Quand on me dit que les cafés en France sont romantiques, je me marre : vous avez déjà vu une cheminée chez Josette vous ? Bon, alors. :p Bref du coup la pause s’éternise, j’enlève mes bottes et je fais allègrement sécher mes chaussettes…lolol










Un bon « vanilla latte » plus tard, nous voilà requinquées. C’est parti pour China town et marcher dans la ville de nuit, avec vue sur les ponts illuminés… Pff, une bonne nuit s’impose !

 

 

 

Quand j’avais fait du vélo à Chicago, j’avais vu un petit prospectus « bicycle the Golden Gate Bridge », et je m’étais dit « woua, ça ça doit être quelque chose… ». .. Sans vraiment penser que je le ferrai un jour. Et pourtant ! Levée à l’aube, j’entraine Joanna : on va louer des vélos ! Et c’est parti !!










Sans doute la plus belle balade que j’aie jamais faite. D’ailleurs le simple fait de faire du vélo, qui vous paraît complètement anodin, m’est à cet instant extraordinaire… Il fait beau juste ce qu’il faut…C’est génial. Je m’extasie suffisamment sur les vidéos pour ne pas avoir à insister : je respire !!!







 



 

Parties du port, nous longeons la côte jusqu’au pont.  Bien sûr, il faut s’arrêter très régulièrement pour prendre des photos car le décor est de plus en plus irréel : le pont rouge se détache incroyablement sur le bleu de l’océan et du ciel, pour s’enfoncer dans des montagnes vertes qui ne sont pas sans rappeler celles des bouteilles Volvic…   Je rêve…

 














Bien sûr nous rencontrons entre temps une jeune de Pologne, une dame de Singapour, un couple de Los Angeles, etc etc, tous aussi sympas qu’heureux de vivre. Ils sont venus ici en vacance ou pour le travail et n’ont pas pu repartir…  Que je les comprends.

 





Alcatraz, au détour des bois...





Nous arrivons finalement au pont et le traversons. Vue incroyable sur la ville et la baie… Le tout aussi coloré qu’un collage de Matisse.








De l’autre coté, l’hallucination continue : welcome à Sausalito, petite « ville » à flan de colline… Les maisons s’intègrent magnifiquement dans le paysage sans le dénaturer, et je ne peux qu’envier ceux qui vivent ici…




Assise sur un rocher au pied des vagues avec vue sur la skyline....





Dans une vitrine j’aperçois THE T-shirt, celui qu’il me fallait, celui qui illustre le mieux la ville et mon état d’esprit du moment ! Pause starbuck pour fêter ça. (non on ne fait pas que siroter, mais il faut bien manger parfois et les starbucks sont certainement ce que l’Amérique a fait de meilleur !).







La starbuck attitude!





 

Petite balade dans le village et retour en ferry.  Course folle sur le port pour rendre les vélos à temps… :p Quelle journée !!

 

 

 

Deux jours que nous sommes là et tout se passe bien avec Joanna. Mais apparaît une différence essentielle de vision du séjour: elle est là en « vacances », ce qui implique repos et grasse matinée, tandis que je suis là en « voyage », c'est-à-dire découverte de terres inconnues, ce qui implique pour moi « tentative désespérée de voir un maximum de choses en un minimum de temps ». Comme je comprends qu’elle veuille  se reposer et qu’elle comprend que je veuille crapahuter, nos routes se séparent sans heurt. Je pars à l’aube… Le loup solitaire en moi jubile : je suis libre. :p



Etape incontournable : Alcatraz. Je réalise que je ne sais finalement rien de la célèbre prison… Le ferry me dépose sur l’île, qui s’avère pour ainsi dire paradisiaque : palmiers, fleurs et animaux de toute sorte rendent l’endroit franchement agréable ! 




Evidement, la prison en elle-même l’est moins. Ambiance sombre et humide, petites cellules entassées…





Pour une fois, le guide audio s’avère extra. On entend des enregistrements de prisonniers de l’époque, des explications intéressantes et le récit hollywoodiens des nombreuses tentatives d’évasion… 



Je me devais de rendre visite à Capone! :p



Je prends le temps de faire le tour de l’île à l’extérieur, où les bouquets d’arômes me rappellent mamie et maman…





retour en ferry... Je n'arrive pas à croire qu'on est juste tout début mars....



De retour sur la terre ferme, je suis décidée à monter jusque Muir Wood, parc naturel monument national abritant les plus grands arbres du monde et dont j’ai souvent entendu parler. Bien sûr, il n’y a aucun transport en commun reliant la ville au site, à 26km.  Que m’importe, j’irais donc en vélo ! Et c’est parti.











Je retraverse le Golden Gate bridge, au pas de course cette fois, ce qui ne m’empêche pas d’en profiter…Je retraverse Sausalito et pédale, pédale… C’est long, 26kms… Surtout que ça monte et ça descend… Je traverse la campagne, des marais, des ponts…













Je demande mon chemin et j’en profite pour parler avec tous ces gens incroyablement chaleureux… Le climat a forcément un impact sur leur moral, ils sont tellement épanouis !  J’arrive dans un bois  avec de très grands arbres, et je pense être à bon port…













à tort. Un autochtone me dit que je suis dans « old oak park », à quelques kilomètres encore de Muir Wood, qu’il me décrit comme un endroit magique… mais je n’en peux plus… Si je monte encore, plus le temps de la visite, je vais rater le dernier ferry pour rentrer… Je suis têtue, mais il ne faut pas être obstinée : je redescends vers l’océan, un peu déçue mais me disant que « c’est forcément mieux comme ça »… Et effectivement, du coup j’ai le temps de changer mon itinéraire pour pousser jusqu’à Tiburon, une autre bourgade aux environs de San Francisco. Le trajet est toujours aussi beau, on se croirait partout sauf en ville… La vue sur la skyline, loin en face de moi, est incroyable. Le soir tombe, le soleil se couche, les pélicans s'envolent…












Et à cet instant une certitude me traverse : cet endroit n’est pas l’Amérique.  Ces gens ne sont pas américains. D’ailleurs, l’endroit ne sent ni le graillon ni la malbouffe. C’est louche. Enfin c’est surtout incroyablement reposant et agréable… C’est une autre Amérique, en tous points opposée à celle de Worcester. Les gens qui passent me saluent, me sourient comme à une vielle amie ; tous ; et je le leur rends… J’hallucine. Mine de rien quand tout le monde vous souhaite une bonne journée, vous passez FORCEMENT une très bonne journée.  C’est le moyen radical pour éradiquer la dépression de nos sociétés : se souhaiter sincèrement à tous une bonne journée. Comme vous l’entendez sur la vidéo, autant de sérénité  et de bonnes ondes me laissent sur place… Le moins qu’on puisse dire c’est que j’avais perdu l’habitude ! Que ça fait du bien !

 

 

 

 


Je prends le ferry au port de Tiburon pour retourner vers la ville. La traversée de nuit de la baie est incroyable… La skyline est illuminée tandis qu’à Sausalito les quelques lumières éparpillées donnent un aspect magique à la colline… Le bateau tangue et les photos ne rendent rien. Je vois un chinois qui s’entête et j’ai envie de lui  crier de regarder au lieu de s’acharner sur son appareil… Tant pis pour lui. Moi je bois le paysage, et le vent qui souffle…








ça c'est le pont d'Okland. Illuminé on dirait une grande guirlande tendue entre San Francisco et Berkley....



Une fois au port je rends mon vélo et cours (je suis en retard, bien sûr) à la cheese cake factory, super restau où j’avais donné rendez-vous à Joanna.





 ça ne se voit peut être pas sur la photo, mais l'air frais, le vent, le vélo et le soleil toute la journée m'ont rendu rose fluo...

Diner sur le toit d’un haut building à Union square. Extra. Retour à la maison exténuée…

 

 

De nouveau, je quitte la maison à l’aube prête à prendre ma revanche, direction Muir Wood. Là, je vous épargne les détails d’une véritable épopée… Qui n’aboutira jamais. Pour vous donner une idée, je me suis battue de 7h du matin à 11h pour trouver le bon bus, la bonne station, le bon transfert, etc etc … Plein de gens de bonne volonté qui me regardent toujours abasourdis : « why don’t you go by car ? » et qui ne comprennent pas quand je leur réponds « I don’t have A CAR !!!! ». Bon, c’est mieux qu’ailleurs, m’enfin ça reste les Etats-Unis pour ce qui est des transports en commun. Je parviens après moultes tours et détours jusqu’au point où un shuttle est censé m’emmener au dit monument. Après 1/2h d’attente je parviens à appeler la compagnie pour avoir des horaires, compagnie qui me dit gentiment que ce Shuttle qui ne passe qu’entre mars et octobre. Sympa. Au bord de la crise de nerf, je décide que c’est sûrement mieux comme ça et je prends le chemin du retour. « Va c… Muir Wood ! ».  Juste pour le plaisir, ci dessous le dit "shuttle spot". Grrr!! Fichu America!








Le bus du retour traverse le Golden Gate bridge, je ne me lasse pas de cette baie ensoleillée et d’Angel Island…













Joanna vient de se lever. Cap sur Haight Asburry, le quartier hippie de la ville. Les gens, les magasins, les maisons… Tout est coloré, original, peace and love. Mélange hétéroclite de maisons de toutes tailles et d’arbres de tout genre ; ça monte et ça descend, ça part dans tous les sens… C’est hippie quoi !








J’hallucine devant les magasins de fringues où il vaut mieux porter des lunettes de soleil pour ne pas être aveuglé… On trouve de tout à Haight Asburry ! Endroit de fous. Je suis de nouveau hors des Etats-Unis. D’ailleurs, pour le prouver, nous voilà devant une ratatouille et une moussaka dans un restaurant 100% bio. Mdr…

 







J’ai mal au pied, mais va savoir pourquoi ça me fait beaucoup rigoler : tout comme Coluche a le cancer du bras droit, je décrète avoir le cancer du pied gauche, et je traine ma patte partout dans la ville. Rien ne m’empêchera de sillonner cet endroit hors du temps et l’espace.








L’air a sans doute quelque chose d’euphorisant car tout ici parait merveilleux. Ou est-ce le simple fait d’être loin de holy Cross et de tout ce qui va avec ? Nous voilà deux petites filles s’émerveillant d’un vieux fauteuil sur le trottoir, qui méritait bien une photo…^^

 








salut bobby!







Retour au pas de course car l’oncle de Joanna nous emmène dans un pub irlandais où il connait le patron. Ambiance extra, très européenne et multilingue… Beaucoup de français, tous tombés amoureux de la ville à un moment de leur vie… Un détail qui tue : ils font tous beaucoup plus jeunes que leur âge et ont l’air plus heureux qu’aucun français en France… Un écossais en kilt nous baragouine son histoire de fou en français avec un accent énorme. Pincez-moi.


Le soir, on mange avec un ami de l'oncle de Joanna. Le papier peint dans le salon n'est pas fait, alors ils dessinent sur les murs... Quoi de plus normal... Je laisse ma trace:






Et nous voilà tous autour de la table à parler français, anglais et espagnole (la tante de Joanna est du Nicaragua. Elle a 30 ans de moins que son oncle et ne parle pas plus français qu’il ne parle espagnole. Ils communiquent en anglais et se sont mariés dans la jungle. Je crois qu’i n’y a rien à ajouter. Ah si : il a déjà été illégal aux Etats-Unis, a travaillé comme fermier dans des ranchs au Texas et été sans abri en Californie. Il a 49 ans et en parait 30. Aujourd’hui il est son propre patron et fume des joins de temps en temps. Certainement le fou le plus fou et le plus sympa que j’ai jamais rencontré. Fin de la parenthèse…).  Super soirée autour d’une pizza géante (GEANTE), avec initiation à la salsa et grand classique de la musique française…. Le temps s’est arrêté.

 

 

Je ne peux pas croire que c’est notre dernière journée ici. Pourquoi, mais pourquoi retourner à Worcester ? Pourquoi ??

De nouveau, je joue les sioux et me jette dans la ville dés l’aurore. Direction n’importe où. Je passe les portes de China Town … Je me dis « tiens c’est bête on a pas visité d’églises… », et évidement une belle petite église apparaît au coin de la rue. Je suis surprise de voir les vitraux et les murs écrits en français : c’est l’église « notre dame des victoires » dédiée aux soldats français morts au combat. Et que vois-je dans le cœur, posé là ? Un beau piano à queue. Sans doute un demi-queue en fait, je ne suis pas experte… C’est trop tentant… Je joue quelques notes, persuadée que quelqu’un va surgir de nulle part me dire que je ne suis pas censée jouer… mais nan. Alors je joue. Je joue du piano à queue dans une église, à San Francisco… Et je regrette de ne pas connaître plus de morceaux par cœur !!

Je passe dans un magasin écossais ou le propriétaire a les cheveux gris-blanc d’un homme de 70 ans et les yeux bleu d’un gamin de 12 ans… Et devinez quoi ? Il est venu à San Francisco en vacances avec sa femme, et ils ne sont jamais rentrés…lol C’est un vrai virus ! Il me vente les mérites de Muir Wood. Oui, ça va j’ai compris ! J’irai, un jour. Quand j’aurai une voiture. Après 2h de discussion sur les Etats-Unis, l’Europe, la ville et la nature etc (il est « prof de nature » à mi-temps, et emmène ses élèves dans des parcs naturels pour « experience the true nature »… Que n’ont-ils pas des cours de nature à Science Po !) je me dépêche de rentrer retrouver Joanna dans le quartier mexicain.

 Inutile de payer un voyage en Amérique latine pour en avoir une idée… Ici les gens parlent, mangent et vivent « espagnole »…^^ C’est d’ailleurs impressionnant de voir le menu des restaurants uniquement en espagnole, le meilleur étant encore la serveuse qui ne s’est adressé à nous qu’en espagnole… Il ne lui serait pas venu à l’esprit que peut être, éventuellement, on pourrait ne pas comprendre… Ou peut être plus simplement qu’elle ne parle pas un mot d’anglais. Anyway. Heureusement que je passe ma vie entourée de spanish et que Joanna maitrise très bien la langue… C’était vraiment sympa en tout cas de visiter ce faux Mexico, et de bien manger !:p

 

 

Ensuite, direction les Twin Picks, deux collines qui surplombent la ville. La vue est de plus en plus belle au fur et à mesure de la montée, et encore une fois je n’ai pas du tout l’impression d’être en ville…










Quelques bosquets de mimosa géants plus loin, nous voilà des fleurs dans les cheveux à chanter « if you coooome to Saaaan Frraaaaanciscooooo…. Make sure to weaaaaar, some flowers, in your hair…. »… Complètement tarées.  D’en haut, la vue à 360° est incroyable, tant sur la ville que sur l’océan… Impossible de couper à la séance photo !

 

 

 

 

 

 









Yooooooooouuhhooooooooouuu....hihi
(je fais peace and love avec la main mais ça se voit pas. Alors je précise. ^^)









Retour et balade jusqu’à Square Alamo, rebaptisé « fort alamo » par mon cerveau fatigué. ^^

 

Les fameuse « painted ladies », célèbres maisons peintes à la sortie du parc, méritent bien elles aussi leur petite photo.













C’est vrai qu’elles sont originales, mais je ne comprends pas pourquoi on en fait tout un plat… Enfin qu’à cela ne tienne, le soir tombe et le compte à rebours est lancé… Passage par Castro, le quartier gay de la ville, elle-même capitale du monde gay… Les drapeaux arc-en-ciel au balcon sont particulièrement explicites, et des fois qu’on aurait pas compris la population l’est aussi… C’est assez rigolo, et comme ailleurs dans la ville les gens sont super sympas…

Joanna rentre, mais je ne peux pas résister à la tentation de dire au revoir à la ville… Alors je cours, cours, cours jusqu’au Twin picks, je monte, monte, monte sur les sommets…. La vue de nuit est à couper le souffle. 

















Le vent souffle, et les ferry se font plus rares dans la baie qui s’endort… Je resterais bien là pendant des heures, mais l’heure tourne… Au retour, mes pieds me font savoir qu’ils n’iront pas plus loin. Je les ai suffisamment malmenés… Pour une  fois, j’apprécie ce que j’exècre d’habitude : les taxis ! ;-)

 

Il faut refaire la valise, ce qui n’est pas une mince affaire, sachant que l’ambiance désordonnée de la ville a déteint sur nous au point que la chambre n’est qu’un gros tas de choses dans tous les sens… ^^











Déjà à moitié endormie, j’entends Joanna qui me dit : « à quelle h le réveil demain ? L’avion est à 8h35, on en a pour 10 minutes en métro…Il faut y être à 7h au moins… 6h, c’est bon ? 5h30 ? » Je m’entends sortir difficilement un vague « oui oui, c’est bon… » avant de sombrer dans les  bras de Morphée…

 

Nous voilà donc à dormir toutes les deux comme des bébés, moi évidement persuadée qu’elle a mis un réveil, elle pensant que je m’en suis chargée…

Ma petite vessie nous sauve : je me relève au milieu de la nuit et, sans raison particulière, regarde l’heure… 6h16. Bon sang. Je réveille Joanna en catastrophe en lui disant que son réveil n’a pas sonné… ^^

C’est parti pour la course : rien ne vaut la panique pour vous réveiller ! En deux temps trois mouvements nous voilà habillées et prêtes à partir, et la course continue dans le soleil matinal qui se rit bien de tout ça… Arrivées au métro, soulagées (6h35 : « c’est jouable ! »), nouvelle surprise : grille fermée, la station est en travaux. La prochaine est à une bonne trotte de là… Qu’importe, c’est forcément mieux comme ça. (je sais que j’insiste avec ça mais c’est fou comme chaque fois que je pense ça très fort, les choses s’arrangent au mieux… c’est juste magique…).  Joanna est au bord de l’hystérie. Un gars apparemment dans la même situation que nous vu sa tête devant la grille et sa valise à la main hèle un taxi et nous lance : « going to the airport ? » Yes ! C’est parti. On y sera en 20 minutes et à 3 pour partager le taxi ce sera moins cher…

Pour me convaincre que tout va bien (décollage dans 1h30), j’engage la conversation avec l’américain qui s’avère, comme toujours, fort sympathique.  Du coup en arrivant aux environs de l’aéroport, je lui file 2/3 du prix du trajet en lui demandant si il peut payer le chauffeur, ce qui nous permettra de gagner du temps car nous sommes « a litlle bit in a hurry »

-          « oh sure, no problem. At what time is your flight ? »

-          « 8.35am », que je lui dis tranquillement… Et je le vois se décomposer complètement.

-          « 8.35 ???! »

 Joanna se réveille :

-          « that’s ok, it’s 7, we can still have it, don’t we ? »

Et le voila qui nou sort :

-          “no, no, it’s 8! It’s 8!” et devant nos têtes ahuries (ma montre et celle de Joanna affichant indubitablement 7h), il continue:

-          “it’s 8, our time changed today…” (« notre heure a changé aujourd’hui… »)

A ce moment précis je me suis dit : caméra cachée. C’est forcément une blague. L’heure n’a pas pu changer sans que personne ne nous le dise pile le matin où j’ai un avion à prendre alors que j’ai raté le réveil et que la station de métro est exceptionnellement fermée. Nan.

 Et pourtant si !!!

Et c’est reparti de plus belle pour la course. Décollage dans 30minutes. Je vais directement à la sécurité, leur expliquant qu’on n’a pas le temps de s’enregistrer (je sais qu’ils peuvent le faire à la porte d’embarquement en cas d’urgence), mais ils nous disent qu’il faut passer par les machines… zut de zut. Heureusement, pas besoin d’enregistrer nos bagages qu’on garde en cabine. Course jusqu’aux  machines. Je ne me suis jamais enregistrée aussi vite. 2minutes montre en main, comptant l’impression des billets. Retour à la sécurité, où ces andouilles prennent le temps comme d’habitude de fouiller tout mon sac, des fois que je ramène de la drogue hein ça vaut le coup de me faire rater mon avion… Je déteste les gens qui ont 2 de tension, surtout quand je suis pressée. Et je hais, mais alors je hais, les gens qui fouillent dans mon sac en sortant bien chaque chose l’une après l’autre, en prenant bien leur temps… Surtout qu’on peut toujours parler à ces gens là : ils sont sourds au bon sens.

Je récupère finalement mes affaires, et nous voilà reparties, chaussures ouvertes (ben oui faut tout enlever dés fois qu’on y planque des coupe ongles, ou même des pommes, qui sait !!! et pas le temps de se rhabiller) vers la porte d’embarquement. Les derniers passagers embarquent et nous voilà complètement essoufflées avec nos affaires en vrac, mais arrivées ! Je ne peux pas à y croire avant d’être assise à ma place. Ma voisine propose spontanément d’échanger de place avec Joanna car elle a remarqué qu’on était ensemble. Juste le temps de s’installer et l’avion démarre, en route vers la piste de décollage… Il est 7h35 tapante à ma montre, soit 8h35 en fait…. Il y a 1h19minutes, je dormais. Un truc de fou !! Et pourtant nous voilà dans les airs, direction Worcester. Finalement, c’est sans doute ce qui pouvait nous arriver de mieux : on a dormi aussi longtemps que possible (et le sommeil c’est précieux dit toujours ma maman) et dans la panique on a même pas eu le temps de réaliser qu’on partait, ni de se lamenter… 

 

Retour à la case départ.  Dur de réaliser, le choc est brutal… Passer des palmiers et du bonheur de vivre à la pluie froide et à « demain réunion avec Laurence »… Oui oui je sais, c’est comme ça dans la vie, et puis c’est pareil pour tout le monde, et bla bla bla et bla bla bla… Je sais. N’empêche, on n’ a pas rigolé de revoir 12 Caro Street…

 

S’en est suivi sans doute la semaine la plus difficile depuis que je suis ici. Dur retour à la réalité. Enfin je ne me plains pas, j’étais aussi contente de retrouver mes étudiants et mes FLAs…. Et puis mon portable, car je n’avais pas Internet là-bas (les hippies ne connaissent pas l’informatique).  Et les hippies ne savent pas que l’heure change (son oncle est complètement passé à côté de ce détail)… Enfin les hippies me laisseront quand même un super souvenir !

 

Bref me voilà de retour… Pour le meilleur et pour le pire ! Si vous m’avez suivie jusque là vous méritez une médaille, je crois que je n’aurais même pas le courage de me relire moi-même…lol Tout ça pour dire que j’ai passé des SUPERS vacances en Californie, et que j’ai beaucoup pensé à vous là bas car je suis sûre que ça vous aurait aussi beaucoup plu. D’ailleurs je vous ai écrit des cartes qui ne sont parties que de Worcester, faute d’enveloppes…^^

 

Plus que quelques semaines de practicums, l’année tire à sa fin… Partout, tout le monde fait des projets pour cet été et l’année prochaine… Je suis pressée de tous vous revoir, même si certains ici vont vraiment me manquer, et certainement certaines choses comme les vanilla latte et les matchs de hoquey.lol   Pour ceux à qui je n’en ai pas encore parlé, je projette de partir en mai du côté nord-ouest du pays : Denver, Yellowstone, Portland, Seattle et pourquoi pas même Vancouver ?:p On ne peut pas tout faire, oui papa je sais bien, mais ça vaut quand même la peine d’essayer… Enfin, je vous tiens au courant de mes prochaines aventures !!!

Gros bisous à vous tous !! à très bientôt !!!

 

 

 

 

 



Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus