Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /Juil /2009 20:29

Voilà, je suis de retour à la maison. Depuis un moment, pour tout dire… Je me souviens avoir préparé le 1er article de ce blog l’été dernier, avant de partir, à cette même époque… Il parlait de vous, si vous vous souvenez bien. Je ne savais pas encore ce qui m’attendait pour l’année à venir, et c’était assez grisant… Mais je savais qu’il fallait vous dire au revoir, et c’était triste.

Aujourd’hui elle est dernière moi, cette fameuse année à l’étranger… Et pour rester cohérente je me dois de clore ce petit blog qui en a été le témoin et en restera la trace. J’espère que ça vous a plut de me suivre dans mes aventures, sachez en tout cas que ce fut un plaisir de vous les faire partager.  J’en été arrivée parfois à penser : « rô tient ça j’vais le mettre sur mon blog » ou « tiens prends ça en photo, tu leur raconteras… » J

Mine de rien, « happiness is only real when shared », et partager tout ça avec vous a vraiment fait parti du voyage lui-même.

Maintenant, devrais-je faire un bilan de ces mois passés au pays des hamburgers ? C’est sûrement trop tôt... Mais quelque part ce sera très certainement toujours trop tôt. Trop de choses à digérer. Tellement de positifs, mais aussi une bonne dose de galères qui ont quand même sérieusement marqué ma vie là-bas…

J’ai du pas mal changer, sans m’en rendre compte, ça je vous laisserez en juger et me le dire… Pour l’instant je savoure d’être rentrée, home, home, home, dans mon petit havre de paix où rien ni personne ne peux m’atteindre. J’ai tellement pensé à ce moment, loin devant moi dans le temps, où je me sentirais enfin parfaitement bien, protégée, entourée de gens who really care… Là où la vie est belle. Qu’on est bien chez soi, bon sang…

Enfin, il faut positiver disent les bonnes gens : positivons. Commençons par ce qui a été le mieux pour moi, et qui va le plus me manquer de « là-bas »:

-          Les FLAs. Des gens biens avec qui j’ai partagé plein de choses et que je n’oublierai pas. Pas mal de soirées tous autour d’une table bien garnie (merci Lola, Suet ching, nos cuistos officielles !) où le simple fait de manger quelque chose de bon vous redonne la pêche… Et puis cette ambiance incroyable où les langages se mêlent et s’emmêlent, où l’on se comprend malgré les différences de cultures, d’âge et d’éducation…







Mention spéciale pour Ted, notre english FLA et mon "crepes maker" attitré, le seul américain avec qui je me suis franchement entendu. Ouvert, drôle et super gentil, il m'a plus d'une fois réconcilié avec l'Amérique. Comme quoi!




En tête de liste ma petite bourguignonne préférée, à qui je dois des fous rires dans les pires moments… On n’imagine pas comme c’est précieux, de rire, quand il y aurait parfois tout pour pleurer… Se faire les accents du Sud ou de l’Alsace dans les escaliers du campus, ou partager notre salade quotidienne à Hogan et évacuer la pression, si besoin est en saccageant verbalement l’endroit et ses habitants…Ah, ce besoin français de râler, pester et critiquer ! Tous autant que vous êtes, écoutez vous : en bon gaulois qui se respecte, vous êtes un incorrigible jamais-content expert en l’art de dénigrer et vous passez une bonne partie de vos journée à vous plaindre. Que vous soyez persuadés du contraire ne change rien à l’affaire : français vous êtes, français vous resterez. Cela ne nous rend pas plus malheureux que tout autre peuple, bien au contraire : moi qui ai toujours crié haut et fort que les français étaient insupportables, j’ai réalisé que critiquer était pour nous autre french people un moyen efficace d’expression, d’évacuation du stress, voir de détente !! Moment de partage, ou chacun évacue ses problèmes en ronchonnant. C’est bien simple : je n’ai pas pu m’en passer, et j’écoutais Joanna râler comme on écoute son chanteur préféré, sans s’en lasser…Tarée ? De toute évidence. N’empêche, heureusement qu’elle était là pour moi, et réciproquement.










Mes roomies
. Comprenez colocs. Elles font déjà parties des FLAs mais méritent je pense une dédicace à part. Je ne dirai jamais assez que notre cohabitation s’est super bien passée, et je crois que je ne comprendrai jamais comment ça a été possible ! Au final, en rentrant le soir gelée et fourbue après une grosse journée, on apprécie toujours de trouver la lumière allumée, des gens qui vous sourient, de la vie.  Sans vous parler de ces matins où le monstre hirsute machouillant dans la cuisine qui vous grogne un vague « moooorning  baby » du fond de son bol de céréales vous rassure : vous n’êtes pas la seule à vous sentir comme si votre tête avait refusé de se réveiller et pendait lamentablement sur vos épaules engourdies. On se console comme on peut.






Elles ont aussi été des oreilles compatissantes, des voisines silencieuses et propres, en bref des filles supers, toujours prête à partager leur lessive et leurs oeufs. :p  Suet-ching se comportant parfois comme la mère de la maison et Eva comme une petite fille, pour un peu on se serait senti en famille. Je reprend cette année un appartement sur Strasbourg, et ne peux m’empêcher de penser que je leur petites bouilles vont manquer à l’endroit... Sans oublier la mexicaine « sleeping-beauty » au 2eme étage et mon couple de hippies espagnoles au 3eme ! Enfin le loup solitaire en moi ne se fait pas trop de souci, une meute à un, c’est très bien aussi. ^^

 


Eva, que je voudrais bien aller voir à Palma cet été...:p




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Les cafés. Ben oui, je suis accro, acrrrrrrrooooo aux cafés américains ! Où sont les starbucks, les donkey donuts, les Cool Beans ???! Mes Vanilla Latte, mes Mocha Frappuccino… Petite merveille que ces boissons qui vous réchauffent le cœur ou vous rafraichissent l’esprit au fil des saisons! Plus qu’une habitude, c’était devenu un réflexe, un automatisme. Certains diront que c’est ce qui m’a fait grossir, peut être, mais tant pis. Avec mon retour, le sevrage est brutal ; dur. Heureusement, les cerises sont là pour compenser…^^




 


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Mes étudiants. Vous me direz que c’est scandaleux de les placer après le café, je vous répondrez qu’on a tous ses priorités. Lol Avec eux, c’est surtout aux practicums en fait que je pense… C’est certainement ce qui m’a le plus apporté cette année, le plus enrichie. Qui sait si j’aurais encore l’occasion d’être prof dans ma vie ? Bien sûr ça n’a pas été facile et loin de là, mais au final, je les aimais bien, ces bougres d’américains si typiques et caricaturaux… Surtout, EUX m’aimaient bien, et ça ça aide beaucoup aussi ! Après tout, on a tous besoin d’un tout petit peu de « retour » (je ne parle pas de reconnaissance, oulala, loin de moi cette idée !) et c’est d’eux que j’ai finalement le plus reçu. C’est venu sur le tard, normal, car il nous a fallu un certain temps pour nous comprendre (au sens 1er du terme !) et nous connaître. Au final, j’aurais beaucoup appris en étant leur prof, et leur « bonDjouuur Mérilôoore !! » vont définitivement atrocement me manquer.


 

 



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Le campus, avec ses beaux bâtiments en brique, la piscine pour moi toute seule avec sauna et hammam, la salle de gym, les cofee shops, les matchs de sports, le magasin où tout est payable en « dinning dollar » avec ma ptite carte magique…lol  En automne, on se croirait au Canada avec des feuilles magnifiques et des arbres en feu. L’hiver, la neige balayée par le vent prend des allures de dunes de sables et brille encore immaculée sous le soleil du matin (enfin ça c’est only for the brave hein, ceux qui sont levés et vont déjà au boulot, défiant le froid à l’heure où tout le monde dort encore… :S la poésie a un prix.) Les arbres plient sous la glace qui les recouvrent, les écureuils se cachent, les bottes UGG remplacent les tongues, les étudiants glissent sur des luges improvisées, les espagnoles agonisent… Puis, les charmes de l’hiver se passent et arrivent les fleurs, le soleil, les feuilles… De nouveau, le campus est un vrai parc naturel où l’on peut voir s’activer les jardiniers et s’ébattre les étudiants. Sympa.




 




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Les voyages !! C’était quand même super de pouvoir fuir vite et loin, à grand coup d’avion et d’auberges de jeunesse… J’ai fait le tour du pays, mine de rien, et plus encore ! J’ai vu tout ce que je voulais voir des US, et n’y retournerais que pour faire les grands parcs nationaux en bonne et due forme. C’est finalement l’essentiel de ce qui me restera de cette année, des photos et des souvenirs de partout, moments forts d’aventures et de découvertes, seule ou accompagnée… Quel pied que de partir, parfois juste pour quelques jours qui paraissaient alors une éternité tant je parvenais à vivre en seulement 24h !! Là-dessus je ne m’étais pas trompé : j’avais choisi les Etats-Unis pour voyager, et je n’aurais jamais cru que je pourrais en voir autant !! J






J’aurais beau critiquer la mentalité, le système, les transports ou la nourriture, les Etats-Unis reste un pays magnifique que je recommande à tous les amateurs de nature et de paysages à couper le souffle… Sans parler de la faune et la flore assez extraordinaire que j’y ai rencontré ! C’est d’abord la diversité de mes voyages qui les rendaient aussi intéressants, mais aussi le fait que j’étais souvent seule et par là totalement libre et indépendante… Sentir l’avion quitter le sol à Boston me donnait toujours un sentiment puissant de liberté absolue : « destination ailleurs » dirait Yannick Noah… ^^ Et puis je me sentais complètement dans mon élément, avec ma casquette ou mon bonnet, mes lunettes de soleil ou mes bottes fourrées : qu’importe ! Ma petite valise verte à la main, mon sac sur le dos, mon appareil photo dans la poche… J’étais on the road, loin de Holy Cross et du boulot, légère et happy, prête à profiter au maximum de ma chance et parée pour de nouvelles aventures !

 

Au final, que de choses vécues, tant d’images, de rencontres, de lieux, de noms, d’expériences…

 

Maintenant, et parce qu’il faut aussi en parler : ce qui m’a le plus posé problème… Hum. Je ne sais pas si ça vaut la peine de s’étendre, mais survolons rapidement le sujet… Evidement, en tête de liste, Laurence et Shapiro ; des gens de cette espèce qui, n’ayant rien dans sa vie, cherche à tout prix à pourire celle des autres. Totalement frustrés au niveau personnel et professionnel, ils n’avaient sous la main que nous, les grouilloux, les TA, pour se faire les nerfs.

 La première est une française loin de chez elle (ce qui en soi inspire déjà la pitié sincère, croyez moi), seule, aigrie et haïe de tous (mais alors TOUS), s’accrochant à la grammaire comme à un radeau dans la mer. Si le pathétisme a un nom, c’est bien le sien. Elle est totalement responsable de sa situation et ne s’en sortira pas tant qu’elle ne l’aura pas compris. Fou comme les gens dont la vie est misérable cherche à tout prix à entrainer les autres avec eux plutôt que d’essayer d’être heureux eux même. Encore un mystère de l’être humain.

L’autre, Shapiro, se damnerait pour être français et fait tout pour s’en rapprocher, dans un élan de mépris pour son propre pays… Pourtant, notre seule présence suffit à lui rappeler ce qu’il est, inéluctablement, et ce qu’il restera pour le restant de ses jours : un américain empâté, à qui l’esprit critique, le savoir-vivre à la française, la subtilité, l’humour et le bon goût feront toujours défaut.  Porter un béret et avoir un poster de Louis XIV dans son bureau n’y feront jamais rien. Je crois qu’au fond on lui a fait sentir, inconsciemment dans un premier temps, qu’il n’était pas et ne serait jamais français. Ensuite, ayant trouvé l’une de ces failles par lesquelles on s’assure toujours de faire mal, on ne s’est pas privées de lui faire remarquer ses nombreuses fautes de français (comme lui soulignait au début nos oublis ou fautes de frappe en jubilant) et de parler en sa présence un français totalement hors de sa portée, mélange de verlant, d’argot et d’ancien français à la Voltaire… Le tout à une vitesse défiant le Concorde, s’assurant ainsi qu’il ne comprendrait pas un traitre mot de la discussion. Vous me direz bien sûr, pas étonnant alors qu’il nous déteste et nous pourrisse la vie ? Oui, sauf que ça, c’était notre petite vendetta. Chronologiquement, c’est venu longtemps après un paquet de coups bas qui nous sont restés en travers… Il avait déjà gaché toutes ses chances, une par une, jusqu’à ras-le-bol complet et mise en place du mode « sanction » à la Matilda. L’andouille s’est définitivement grillé en m’incendiant un jour pour avoir passé « ce rêve bleu » à un groupe en fin de classe, sous prétexte que, je cite : « tous les français détestent Disney ». Vous qui me connaissez comprendrez sans que j’explicite d’avantage à quel point cette petite phrase suffisante m’a fait monter le sang au visage. Moi je dis que quand on porte une cravate rouge et marron (mal) tricotée sur un vieux pull en laine moutarde avec un froc vert clair et des chaussures de danses des années 30, on ne fait pas de leçons de francosité à des frenchies.  Nan mais.  

Avec ces 2 là (qui se détestaient mutuellement, d’ailleurs…lol), le plus dur a été de trouver la frontière entre le « c’est mes supérieurs et après tout je ne suis que TA, blablabla hiérarchie, blablabla validation de mon année etc…. » et le « ils n’ont aucun pouvoir sur moi, je fais très bien mon boulot, je ne leur dois rien etc… ». De tension en guerre ouverte, je me suis sentie toute l’année en lutte, souvent pour de petites choses, mais constament, constament… Je crois que c’est le fait que ça revenait tout le temps qui m’a vraiment usé, et puis cette tension constante, ce climat de défiance quand on aurait au contraire eu besoin de soutien.

Ce qui m’a pesé à part ça? Les défauts classiques des américains, à savoir l’hypocrisie, la superficialité, l’inconscience écologique totale, la suffisance et l’ignorance. Tout ça ? Ben oui, je ne juge pas ou du moins j’essaie, les européens ont  leurs mauvais penchants aussi, mais ils nous blessent moins, étant aussi les nôtres… Je ne me ferai pas à leur système où tout repose sur l’argent, le chacun-pour-soi poussé à son extrême, le après-moi-le-déluge permanent. Je croyais que ça encourageait la libre entreprise, entretenait la motivation, récompensait le travail. Je me suis vite rendu compte que c’est surtout un moyen facile et propre de justifier l’injustice et normaliser la misère. Les fils de riches seront riches, parce que leurs parents ont les moyens de leur payer un College comme Holy Cross où ils passeront 4 années à bien s’amuser et dont le simple nom sur un CV leur ouvrira les portes des plus hauts postes, quand les autres trimeront dans des universités publiques dont tout le monde se fout et reproduiront l’échec social de leurs parents. C’est sur la fin que vous vient ce goût amer, et cette fierté d’être d’un pays où l’on s’efforce tant bien que mal de défendre des idéaux de libertés, d’égalités, de fraternité. Nationaliste ? Ben ouai, presque. Ici on a tous les autres excès bien sûr, les abus normalisés, les syndics déchainés, les grèves, les acquis intouchables, les charges sociales, etc… Mais on peut dormir sereinement, parce que les bons dans l’histoire, c’est nous. Et on peut aussi traverser la rue sans marcher tous les 4 mètres sur des mendiants qui s’accrochent à vos jambes en pleurant. Je n’ai pas la science infuse, la nature est dure, et peut être ce système est-il plus « naturel ». Les plus forts survivent… Ou les plus riches. Il me semble pourtant aussi que l’homme n’est pas une bête comme les autres, et mérite un traitement différent. Il y a toujours moyen de se donner bonne conscience bien sûr, et l’Amérique est experte en la matière. Mais les petits bracelets en plastique « save Darfour » ne trompe que ceux qui les portent. Là-bas, rien ni personne ne compte que ce « I », grand, dur et froid. I, and America. Et bien, qu’il se la garde, leur Amérique bienfaitrice répandant la lumière sur son passage, protectrice bienveillante du monde, dévouée à sa mission salvatrice, envahie des gaz polluants des méchants pays pauvres et assaillie de l’ingratitude de l’humanité toute entière. Merci bien.

 

Ce qui rend les choses difficiles aussi en vivant à l’étranger, c’est de ne jamais pouvoir se faire comprendre parfaitement. Bien sûr, j’ai rapidement fais des progrès assez fulgurant en anglais (partant d’assez bas je ne pouvais que monter !), mais ceux qui aime à utiliser le bon mot me comprendront… Vous savez, le mot juste, celui qui exprime pleinement votre pensée… Pas un ersatz, pas un équivalent, pas un à-peu-prés, juste le bon mot. Celui qui résume en quelques syllabes une situation, décrispe, brise, soulage, fais partager, comprendre… Et puis, mon peu d’humour repose là-dessus, moi, les mots. Jouer avec, trouver le bon, avec le bon ton, l’emphase, le décalage, l’excés… Tout est là. On n’y pense pas, comme ça. On se dit que l’important c’est de se faire comprendre… Et c’est vrai, dans une certaine mesure. Mais au bout d’un moment, on se rend compte que ça manque, cette complexité et précision du langage, cette force du mot, de sa place dans la phrase, de sa forme… Sans vous parler bien sûr de ces 1001 références culturelles qui ne trouvent plus d’écho, loin de leurs origines, et qui avec leur public perdent aussi leur intérêt.

 En bref, sans le français, 95% de mon potentiel d’humour et de rire tombe à l’eau. Alors bien sûr, je n’ai de toute façon jamais étais membre du club des « joyeux lurons du Dimanche », je ne dis pas. Il n’empêche que ça a fini par me peser, de ne pas pouvoir tourner en dérision les mots et les situations… Encore une fois, on ne réalise pas à quel point on fait ça naturellement, spontanément… Comme on rie souvent dans une journée… Désamorcer, décompresser, charier, moquer pour minimiser, relativiser… Autant de choses qui me demandaient en anglais beaucoup d’efforts pour peu de résultats. D’abord parce que la culture américaine ne comprend pas cet usage détourné et quasi subversif des mots ; mais aussi tout simplement parce que la langue ne s’y prête pas : l’anglais va droit au but, simple, rapide, efficace, neutre, fade. Le français s’insinue, les mots se défient, se précisent, fusent et piquent… Quel bonheur que de maitriser, sinon parfaitement, du moins à un haut niveau son outils d’expression !! On ne savoure jamais assez cette facilité avec laquelle les pensées trouvent en un instant les mots pour prendre forme et vie, se matérialiser et sortir, dans le monde réel, à la rencontre de celles des autres… Peut être vous dites vous que ce n’est pas si simple, justement, et que les mots sont parfois trop étriqués pour des pensées qui, n’ayant pas trouvé de coques à leur taille, s’en vont de pas leur monde dans des mots étriqués, mal taillés pour elles. Vous comprendrez alors que cet habillage est non seulement lent et épuisant dans une autre langue, mais aussi bien souvent raté. Ce n’est pas grave, bien sûr. C’est juste l’une de ces choses parmi tant d’autre qui vous pompe encore et encore une énergie vitale disponible en quantité limitée chez chacun… Et participe à cette impression de lutte permanente, contre tout et tout le monde. Lutte pour comprendre non seulement le « gros » du message, mais aussi l’implicite, l’entre-les-lignes, l’insinué, le non-dit. Rien à voir avec la compréhension oral/écrit scolaire, ça va sans dire…

Enfin, que serait la vie sans difficultés ? Et que serait un voyage à l’étranger sans ses prises de conscience et coups de fatigue ? Quelque part, je crois qu’arriver à un stade de saturation de l’Amérique a été le parfait moyen de surmonter la tristesse du départ, des aurevoirs, du « c’est fini ». Yes, it’s over, well over. Sad to leave, glad to be back… So glad to be back! En fait, pour confirmer la théorie selon laquelle l’homme est un être foncièrement insupportable et jamais content, l’anglais me manque !lol Passer de tout à rien n’est jamais une bonne chose. Ba, je trouverais bien à pratiquer à droite à gauche ! J’ai même des cours en anglais qui m’attendent à la rentrée. :S And you guys all kind of speak english, right ? ;-)   

Enfin, ça n’a pas été tout à fait facile de partir, c’est sûr. Je m’attache toujours aux choses, aux lieux, aux objets. Pourtant, lorsqu’est venu le temps de faire ses valises, il a fallu faire des choix simples et radicaux. En d’autres mots, jeter, jeter, et jeter. J’ai bien fait ma sentimentale pour un mimosa séché de San Francisco et un bout de cailloux de Sedona, mais beaucoup des traces physiques de mon passage à Holy Cross sont passées à la corbeille sans me faire ni chaud ni froid. Et tant mieux ! Ma chambre vide et propre paraissait bien tristounette, bien plus que quand je l’ai trouvé… mais finalement, en faisant le vide physiquement on évacue aussi psychologiquement, et on ne garde que l’essentiel.

Me revenait souvent durant l’année, en pensant à ce bilan inéluctable de « l’après », une phrase que j’aime bien :

« La mémoire est un filet. Elle est pleine de poissons quand il sort de l’eau, mais des tonnes d’eau y sont passées sans y rien laisser ».

C’est ce que j’ai fait, finalement, cette année. Pécher des poissons, des beaux, et laisser des tonnes d’eau passer entre les mailles. Toutes ces petites choses sans importance, cette ambiance générale, ce quotidien de défis s’en ira, très vite, dans les abysses froides et sombres de ce qui ne mérite pas qu’on s’en souvienne. Car comme dit Goldman, « il ne faut prendre en ses bagages que ce qui, vraiment, compta ». Et comptèrent des gens formidables, des voyages incroyables et des moments inoubliables. D'ailleurs, ma valise était tellement lourde de toutes ces bonnes choses que j'y ai laissé un maximum de frais d'overweight. C'est dire. ;-)

 

Une autre très bonne chose à propos de ce blog, c’est que je n’avais pas pensé en le commençant à quel point il serait à la fin de l’année une image de mon passage aux US. Je viens pour la 1er fois de relire certains de mes 1er écrits, et c’est vraiment extra (soit dit sans me faire des fleurs hein, ce ne sont pas les textes en eux même mais ce qu’ils me rappellent)! Mes 1er impressions sur les FLAs, sur l’école, mes premières « nouvelles »… Tout ça me parait si loin ! Au fils des articles et entre les lignes, tout est là ; une année de ma vie, et pas la moins dense…  Tous mes poissons, hauts en couleurs et en images !! Alala, que le temps a passé depuis mon premier jour au 12, Caro Street, Worcester, Massachussetts…

Enfin vous l’aurez compris, c’est mon dernier article, et j’en suis un peu « chose ».

J’ai commencé avec vous, je boucle la boucle : merci de m’avoir lue, et par là aussi accompagnée partout… Je vous avais toujours dans ma poche, dans ma routine du campus comme devant les plus beaux paysages.

A très bientôt « en vrai », maintenant que je suis de retour ! J




Marie-Laure

 

Ps : félicitation aux braves des braves qui seront arrivés jusque là. Je crois pouvoir dire sans me tromper que c’est le plus long et compliqué de tous mes articles… Et ce n’est pas peu dire !^^ Que voulez-vous, il y a du relâchement : je pars de plus en plus en vrille, en live… En littérature on appelle ça des « essais ». En langage commun des délires pseudo philosophiques. Chacun y voit ce qu’il veut… :p Et puis, contre toute attente, il y a quand même des gens pour me lire, alors… Qui sait, je continuerai peut être à écrire, sous quelques formes que se soit… Il faudrait d’abord avoir quelque chose à raconter, c’est sûr…^^ Enfin pour l’instant, je vous laisse et m’en vais cueillir moult groseilles et autres merveilles de la nature avant la tombée de la nuit.

Comme quoi, la vie, c’est quand même super chouette. ;-)

 Bisous!


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Vendredi 29 mai 2009 5 29 /05 /Mai /2009 10:05

Seattle


A la gare, je trouve une carte à touriste signalant toutes les attractions/activités du coin, et sur laquelle je trouve même… mon auberge, Green Tortel. C’est une institution dans la ville, grande et connue, en plein centre. Cool, facile à trouver !

On est 8 dans la chambre, mais avec des petits rideaux autour des lits qui permettent d’avoir chacune son espace. Super salles de bain à la Kremer avec pierres de couleurs… C’est chouette. Et puis surtout, petit dej pas radin et free diner. Je sens que l’endroit va me plaire.

Mais je ne suis pas là pour l’auberge : let’s go and see the city ! Première chose à faire : prendre un café dans le premier Starbuck que je vois, c'est-à-dire… juste en face, à 10m. J

Ensuite, l’exploration commence. Market, la cour de justice, la Mairie, le port… Je fais mes repérages. Je n’ai que 3 jours ici, il va s’agir d’optimiser ! Comme je regarde les panneaux, le nez en l’air, carte à la main, inévitablement une bonne âme s’arrête : « looking for your way ? » Ben disons que dans la mesure où je ne sais pas vraiment où je veux aller je ne pense pas qu’on puisse à proprement parler dire que je suis perdue… M’enfin l’autochtone à l’air sympa, je sors mon histoire. Le voilà tout content de pouvoir me dire tout ce qu’il y a à voir dans la ville, et de m’entourer sur la carte ce qu’il ne faut pas rater. Prix, locations, horaires : ce gars est un centre d’information à lui tout seul. ^^ Mieux, il me signale les bons coins où manger, acheter, louer un vélo, etc… Niiiiickel.

Pour compléter cette première vague d’information, direction deux « visitor center » plus officiels... Je fais le plein de brochures en tout genre sur la ville, et le trajet entre les deux me donne un premier aperçu de la ville. Et ben c’est sympa comme tout, Seattle ! Pas tros gros, assez concentré, avec des jolis buildings et des cafés tous les 2 mètres… Le mieux c’est quand même la vue sur les montagnes et l’océan : la ville est cernée d’un paysage naturel assez extraordinaire…








Bon, pas mal pour une intro ! J’attaque le vif du sujet demain à l’aube : dodo.

 

Pancakes, œufs et fruits en quantité : de quoi tenir un moment. Je me suis préparée tout un parcours pour mon premier jour, et j’attaque par la bibliothèque.

Pourquoi visiter une bibliothèque ? Dans la plupart des villes, l’intérêt se limite à la façade, et encore. Mais mon gentil rancher a insisté : « it’s unlike everything you’ve ever seen… ». Et effectivement, ça vaut le détour! Le bâtiment n’est ni carré ni rectangle ni quoi que ce soit, ça part dans tous les sens, ça dépasse de partout… Forme bizarre en verre striée de barres de métal… Au premier, le parquet est fait de titres de livres dans toutes les langues, au second des milliers d’ordinateurs ouverts au public permettant d’aller sur Internet, au 3eme tout est fait pour vous donner l’impression d’être dans votre propre corps… Ci-dessous, des couloirs en forme d’intestins… Troublant.






D’en haut on voit au travers tous les étages, ainsi que les buildings environnants au travers la paroi de verre. Les étagères sont collées les unes aux autres : pour les écarter il faut actionner une manette qui les fait se déplacer… On dirait les ponts dans le château d’Harry Potter… Ou la mer rouge de Moïse, prenez la référence qui vous parle le plus… J Toujours est-il que c’est rigolo, ces étagères chargées de livres souvent anciens qui vont et viennent sur leurs rails dans un véritable labyrinthe mouvant … J’appuie sur tous les boutons, je m’amuse comme une gamine… Les gens autour de moi sont complètement blasés : eux cherchent bêtement un livre pour telle ou telle recherche et ne s’étonne plus de cet étrange ballet mécanique. Enfin ça gagne de la place et il faut, car il y en a, des livres ! Belle aurait de quoi s’occuper ! (Harry Potter, Moïse et Belle en quelques phrases… Je devrais peut être lever le pied sur les références, moi… ^^).Hum.

Enfin de haut en bas, vraiment hors norme cette bibliothèque ! Tous les matériaux et toutes les couleurs s’y mélangent, avec des demi-murs et des trous dans les escaliers… Spécial. Je ne sais pas si je m’y sentirai à l’aise pour lire, mais à visiter, extra !lol

De retour dans les rues, je mets le cap sur Smith Tower, un des plus vieux buildings de la ville. Ça ressemble à Big Ben, et on peut monter au sommet, d’où on a vu sur la ville, le lac et les montagnes. C’est toujours plus beau vu d’en haut…

On voit bien la Space Nadle : première photo du symbole de la ville… Certainement pas la dernière ! Elle est originale cette tour, on dirait un OVNI paré au décollage. 







Sur les conseils d’un local, je me rends ensuite à Pioneer Square où sont organisés des tours guides de l’underground Seattle. Qu’est-ce que l’underground ? « you’ll see », qu’on m’a dit. Bon.

Déjà, le guide inspire confiance : passionné et passionnant, sans âge, hilarant. Un de ces guides comme on les aime, qui vous rendraient intéressant l’histoire d’un tas de pierres et ou d’un champ de mauvaises herbes. J Et il s’avère que l’histoire de Seattle est passionnante et super originale en elle-même… Récit très "one-man-show" des premiers pas de la ville, entre rush de chercheurs d’or, politiciens corrompus, course au chemin de fer et peste noire…

En fait la ville s'est construite à l’origine à un niveau égal voir inférieur par endroit à celui de la mer, avec en conséquence un nombre pas possible de problèmes… Notamment d’évacuation, etc… Pour l’anecdote : quand les nouveaux WC tout juste inventés en Europe sont arrivés là-bas, tout le monde s’est jeté dessus comme un truc « tendance »,a lors qu’il n’y avait pas de système pour les relier à quoi que ce soit… Et quand ils ont finalement mis en place ce système, à cause de la pression de la mer qui remontait dans les tuyaux, les chasses d’eaux créaient des geysers verticaux hauts de plusieurs mètres. Si c’est pas beau un peu…^^   Quand la peste est arrivée, le maire a dit aux habitants « 1$ par queue de rat ». Tout le monde s’est mis à chasser comme des tarés : 33 000 rats tués en 2 jours. MDR je donnerai chère pour voir à quoi ressemblait la ville pendant ces 2 jours !!

Enfin bref, pour résoudre le problème ils ont littéralement surélevé toute la ville d’un étage…Processus qui a duré des années avec un tas de rebondissements, un truc de fou ! C’est bien expliqué et c’est vrai qu’une fois qu’on sait ça se remarque partout dans la ville : les fenêtres du 1er étage ont été transformé en porte, les rez-de-chaussée sont devenus des caves… Aujourd’hui ils essaient de réhabiliter cet underground, on le voit un peu partout. Vraiment marrant en tout cas… Sont FOUS ces ricains. J







Bon c'est sombre hein, ça s'appel pas l'"underground" pour rien... Juste pour dire que j'y étais. ^^



Chinatown








Broadway












Une des FLAs espagnoles, Ines, a décroché une bourse pour faire un master à l’université de Washington où elle va à la fois prendre des cours et enseigner l’espagnol pendant 2 ans à partir de Septembre. Il parait que le campus est extraordinaire, c’est l’une des grandes universités du pays… Je m’étais donc noté d’aller jeter un œil. Et ben, j’ai bien fait !!  


C’est une longue marche depuis Broadway, mais à force de chercher j’aperçois au loin un grand building avec un gros W violet… W comme Washington. J’y arrive. D’ailleurs ça se sent, la zone grouille d’étudiants… Les examens sont pourtant loin derrière eux, il n’y a probablement plus grand monde à cette période de l’année... Je ne veux même pas imaginer ce que ça doit être en période de cours ! J’avais prévu mon coup en me fournissant d’abord une carte du campus, mais je ne m’y retrouve pas : trop de bâtiments, de parking, de rues, d’allées… Quand on dit que les campus américains sont de véritables villes, ce n’est pas une façon de parler. D’ailleurs le campus a son propre système de bus… C'est trés valloné aussi, et au sommet des collines on peut apercevoir le Lake Union, avec les montagnes en fond et le ville à l'horizon...







C’est vraiment chouette, avec pleins de bâtiments en briques et pierres couvert de lierres, des allées fleuries, des sous-bois, des fontaines, des patios… Beaucoup de vélos, des barbecues dans l’herbe… Les étudiants ressemblent comme deux gouttes d'eau à ceux de Holy Cross, s’en est tout simplement terrifiant… Je repense à mon gentil français, prof en Caroline du Nord et qui me les décrivait exactement comme ça aussi… C’est affreux quand on y pense : le même stéréotype de l’étudiant moyen reproduit à des milliers d’exemplaires… Il y a certainement un modèle de l’étudiant français aussi, je ne dis pas, mais je ne vois pas bien lequel. En tout cas ça ne m’a jamais choqué autant qu’ici, où j’ai littéralement l’impression de reconnaître certains étudiants… Je me retourne une paire de fois sur des voix : c’est pas possible, celle là je l’ai eu en classe, j’en suis sûre ! Brr, flippant.

Je marche depuis plus d’une heure et j’arrive au « waterfront, le parc avec les équipements sportifs du campus, face au lac. Je ne cherche même pas à compter les stades, ni à savoir quel sport peut justifier des trucs aussi grands : let’s go to the water.



Les abords du lac sont un peu marécageux,  avec la végétation qui va avec...





... et les eaux plus profondes permettent aux étudiants de faire de la barque, de l'aviron ou même du voilier pendant la récré. Pourquoi pas ?

De là, la vue sur le Mont est vraiment chouette, je ne me lasse pas de le prendre en photo.









 

 

Je suis encore sur le campus, et pourtant j’ai l’impression d’être en pleine nature. La faune et la flore sont dignes d’un parc naturel, ou au moins d’un beau petit coin de campagne protégée… Un bruit de rongeur derrière moi : monsieur Ragondin rogne allègrement sa branche. Ben oui, c'est l'heure du dîner, quoi!







Ses voisins hérons et autres oiseaux pêchent dans les eaux de lac… Ce « quart d’heure nature » est le bienvenu car j’ai passé la journée en ville et apprécie un peu de sauvage… Mais j’hallucine de voir que je suis bel et bien toujours sur le campus !! D’ailleurs je croise quelques étudiants qui font leur jogging, seul ou en groupe… Sympa, comme terrain de sport. A la sortie du parc, un panneau indique « University village », là où logent les étudiants. Restos, magasins de fringues, supermarchés, poste, banque…  Quelque chose me dit que ces étudiants ne sortent jamais, mais alors jamais de leur campus : le concept de la « bulle » est poussé à son maximum… Et de nouveau, ça me fait froid dans le dos. Il y a quelque chose de glauque à vivre à ce point en communauté, refermé sur soi-même, entouré de gens qui vous ressemblent. Ça a l’air sympa, je suis la première à rêver de ce genre de « monde de gentils », mais ce n’est pas la vraie vie, et ça ne les prépare pas à s’ouvrir au monde…





Je prends le bus pour remonter vers la ville car la lumière baisse… Un autochtone me conseille un parc accueillant les sculptures de l’école d’art de la ville, parait que ça vaut le détour. C’est parti ! Avec le soleil couchant, c’est vraiment super… à l'entrée, vue sur la Space Nadle, que j'ai bien l'intention de "grimper" sous peu...






 D’autant que c’est au bord de l’eau, et le pacifique brille de tous ses feux…






Coucher de soleil sur les Cascades eneigées de neiges éternelles...




Cela donne envie de s'assoire, non? ^^ Surtout qu'il fait bon, avec cette petite brise marine...


La nuit tombe, et je remonte la colline vers la Space Nadle, très célèbre tour de Seattle. Hop, au sommet ! L’ascenseur est en verre et permet de voir toute la ville en montant : je me sens comme Charlie visitant la chocolaterie Wonka.

Au top… Bon, ça ne se décrit pas, I guess :

 

 

 

Je ne veux pas redescendre. Personne ne me presse, il fait bon… Alors je reste jusqu’à la fermeture, à 11h. Retour par le port…

Des journées comme ça paraissent si longues et si riches, ç’en est bizarre de penser qu’elles ne sont qu’une seule et même journée, comme toutes celles qu’on a pu passer jusque là… Ce qui est sûre, c’est qu’elles sont toujours suivies d’une BONNE nuit. J

 

 

Rien ne presse aujourd’hui… Je trace la route depuis un bail, il est peut être temps de lever le pied… Alors après mon petit-dej gargantuesque, je me pose tranquillement dans la salle commune. En bruit de fond, un débat suisse-spanish-britannique sur les séries et shows télévisés stupides qui envahissent l’Europe… J’écoute d’une oreille sans intervenir, je ne connais aucune des émissions qu’ils mentionnent… Et a priori je ne manque rien.

 Mails, photos… Je prends même le temps de mettre la webcam avec mon papa sur MSN. ^^ Midi passe, il faut quand même se bouger.

Je commence par le « Seattle public Market », une des plus grosses attractions de la ville. En fait, à la base, c’est le marché aux poissons de Seattle qui est très connu. En tant que port, la ville a toujours eu beaucoup de pécheurs et est réputée pour avoir de très bons poissons. Avec le tourisme s’est développé une sorte de tradition : si vous allez à Seattle, vous achetez un gros poisson (genre un saumon entier, énorme) et on vous l’expédie par la poste (oui oui, le poiskaï) ! Emballé dans un carton spécial avec glace et tout ce qu'il faut, il arrive devant votre porte dans des délais défiants toute concurrence… Et vous pouvez le cuisiner, inviter vos amis et épater la galerie avec votre « Seattle fish ». C’est THE souvenir à ramener. Enfin c’est ce qu’on m’a expliqué. Sauf que moi, je n’aime pas le poisson. En tout cas, certainement pas assez pour mettre une fortune dans un énorme thon qui vous regarde d’un œil morne, merci bien.






Les vendeurs sont habillés avec des espèces de salopettes jaunes en semi-caoutchouc et des bottes imperméables qui de toute évidence n’ont jamais vu la mer, mais sensées faire « pécheurs » . Et les gens se prennent en photos avec eux devant les étalages. L’Amérique fait son show.

Enfin depuis l’époque des petits pécheurs locaux vous pensez bien que ça a beaucoup changé ! Le « Market » est immense, avec tout un tas de shops de toutes sortes, artcrafts (c'est-à-dire "artisans locaux" qui ne prennent pas la peine d’enlever les étiquettes "made in China" de leurs produits typiques) et food à gogo. C’est une sorte de foire permanente, avec des stands à la « marché de Noël » en moins pittoresque… Je suis peut-être méchante, eux trouvent ça « super cut », mais perso les prix me font hurler de rire et je trouve que tout ça sent affreusement l’attrape-touriste. Très peu pour moi.

Direction un bike rental pour me renseigner sur les trails à faire dans le coin… Je ferai ça demain, il est trop tard pour s’éloigner de la ville aujourd’hui. Ensuite, balade sur les quais…




Il fait super beau, la vue sur les « Cascades », montagnes entourant Seattle, est magnifique.



 



Je repasse à la Space Needle, car le ticket permet de monter une fois de nuit et une fois de jour. Belle vue !







Je ne me lasse pas de ce Mont qui dépasse de la skyline, blanc et immaculé… Avec le télescope, on voit les détails des rochers, de la neige… Vraiment chouette.



 


En bas, la lumière baisse déjà sur downtown…

Ballade dans le City Center, grand parc avec des attractions pour enfants… Je réserve mon entrée pour le Science Fiction Museum, il parait que c’est à voir… Mais j’irai demain, car ils ferment tôt.

 « Visite » des magasins de souvenirs, c’est toujours rigolo… J’y passe 1h et n’achète jamais rien, je regarde les touristes, ça vaut souvent son pesant d’or !^^

Je marche, encore et encore, le long de la baie… Je ne m’en lasse pas… Marcher, c’est un peu tout ce que j’aurai fait aujourd’hui ! Promis, demain je pédale !! 


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Mardi 26 mai 2009 2 26 /05 /Mai /2009 07:41


PS: vous allez peut être remarquer qu'il manque des photos le long de cet article, la direction du blog fait son maximum pour régler un léger problème technique (rapport à la taille des dites photos) et s'excuse de la gêne occasionnée.




Passage par une petite plage bordée d'eucaliptus...HUM que ça sent bon!! Il fait un temps quelque peu "vivifiant", comme dirait le cousin germain d'Obélix. Ou est-ce celui d'Astérix? :p 




On s'arrête encore dansun ancien monastère,  petit coin de verdure autour d’un cimetière, tout fleuri…Je pense fort à ma mamie, qui aurait certainement aimé l'endroit.  


Et c’est reparti le long de la côte, cette fois jusqu’à San Francisco. On arrive de nuit, la ville est magnifique…


A l’auberge je retrouve Ines, Alberto et Deeny, 3 autres FLAs arrivés la veille. Deeny est avec un de ses amis de Mexico, soit 6 spanish speakers… ça promet. Enfin pour l’instant, je monte dans ma chambre, où je rencontre mon voisin : un russe de Sibérie qui cherche du travail aux US. J’essaie de pratiquer mes 3 bafouilles de russe… Et me sens ridicule au possible. Grr qu’il est frustrant de ne pas pouvoir parler plus ! Vive l’anglais, simple et international. ^^ De toute façon je ne reste pas, je dors dans la chambre des espagnoles : ils ont un matelas gonflable dans la voiture, ce sera plus sympa d’être tous ensemble. Serrés, avec une personne de plus dans une micro chambre ? Ba, who cares…^^ Et puis, je suis à San Francisco : tout va forcément pour le mieux… 
J


Pour le premier jour, je propose de les guider un peu dans la ville… Ines veut voir les painted ladies, les célèbres maisons qu’on voit partout sur les cartes postales. C’est parti.

Il fait un peu gris, mais c’est sympa quand même.

 

 

 

Ensuite direction Castro et mission où le mexicain demande en mexicain à un autre mexicain dans la rue où est-ce qu’on peut manger…mexicain.  MDR. Il parle quasi moins anglais que moi espagnol, alors je cède à la majorité : ça jacasse en spanish du matin au soir. Je suis assez fière de moi : je comprends, et j’arrive même à faire des phrases qui se tiennent à peu près…^^







de gauche à droite: Deeny, Riki, Ines and Alberto.

Il menace de pleuvoir et je préfère rebrousser chemin avant d’avoir atteint les Twin peaks… Tant pis. Moi, je les ai déjà vues, et les autres sont « so tired » d’avoir marché. Petites natures… Il faut vite rentrer, et en bus svp. Pour moi, honnêtement, on a quasiment rien fait. Mais eux sont épuisés, et pas près de me suivre de nouveau !lol

 

De toute façon, j’ai bien l’intention de garder mon indépendance pour le reste du séjour. D’autant que j’ai en vue mes deux défis, que je ne peux qu’affronter seule : Muir Wood, et Angel Island. A nous deux mes cocos.

J’attaque par Muir Wood. Souvenez-vous : j’avais essayé deux fois, en vélo et en bus. Cette fois, je tente une combinaison : je loue mon vélo dés l’ouverture du rental shop et me jette sur le premier bus venu. Les drivers eux mêmes sont toujours très embêtés pour expliquer comment se rendre d’un point à un autre… Mais les cartes ou autres renseignements écrits sont si peu fiables que je préfère quand même m’en remettre à des êtres humains… Après plusieurs bus et à force de patience et d’acharnement, me voilà enfin de l’autre côté du pont. Je me suis rapprochée au plus prés possible, c'est-à-dire encore loin du but…






Sur la carte, ça n’est qu’à quelques rues de distance… Hum. Bien sûr, il faut demander son chemin, chercher, s’éloigner, revenir sur ses pas. Finalement, je trouve une rue, une autre… Et je commence à voir des panneaux « Muir Wood ». Par contre, ça monte. Ça monte même très sec. Argh !! Me voilà à pied, à essayer de trainer mon vélo derrière moi, en nage, avec l’impression de faire des pas de fourmis… ça n’en finit pas de monter raide, et je commence à avoir une très belle vue sur toute la vallée, d’ici ! Je me retourne au détour d’une rue pour admirer le paysage (et me redonner peut-être ainsi courage ?^^) et que vois-je ? Un cerf, tranquille, qui traverse la rue d’un pas serein. Je me dis que le temps de sortir mon appareil photo il sera parti… Mais comme s’il m’avait entendu penser, il s’arrête et se tourne vers moi… Il attend tranquillement que je prenne ma photo, puis se détourne et continue son chemin. Je rêve.

 

 

 

 

Je reprends donc moi aussi ma route vers le sommet. Je transpire sang et eau, mais garde mon écharpe car le vent souffle… Me voilà enfin au bout de cette fichue route, et j’arrive au panneau indiquant le parc national. Ah, je l’ai mérité ce panneau ! D’ailleurs, ça vaut bien une photo. J

 



 



Là, la carte indique qu’il faut continuer tout droit. Et tout droit, ça descend !! Ça descend même à pic. Z êtes sûr ? Je m’élance… sauf que ça tourne aussi, et je ne veux pas finir dans le ravin ! C’est assez frustrant de descendre si vite ce qui m’a demandé tant d’efforts à monter… Je suis debout, quasi à fond sur les 2 freins pour garder une vitesse contrôlable… Tout ce que j’espère, c’est que je ne me suis pas trompée de chemin et que je n’aurai pas tout ça à remonter ! Enfin, il est probable que se soit mon seul chemin de retour… Argh, je vais en baver ! Mais pour l’instant c’est plutôt sympa, le vent qui me souffle aux oreilles… Le paysage défile, je descends à toute blinde encore et encore, jusqu’à un petit panneau rassurant : je suis arrivée à bon port. ENFIN !! Yes !


J’attache mon bolide à un arbre, paie mon entrée et prend une carte de « hiking » (rando) du parc et ses alentours ;  puis c’est parti. Comme toujours, l’endroit est blindé de touristes sur les 300 premiers mètres. Mais au-delà… Plus personne. Très vite, je suis seule au milieu des sous-bois et des « red woods », arbres géants dont la tête se perd loin là-haut… C’est chouette.








A force de marcher, je tombe sur un petit chemin bien sympa qui semble monter… Monter où ? Et ben pour le savoir, il n’y a qu’à le suivre. C’est une journée très ensoleillée, ce qui permet d’avoir un peu de lumière même dans la forêt : un rancher vient juste d’expliquer que seul 5% de la lumière du soleil passe au travers les feuilles denses des arbres. Je trouve pourtant qu’il fait bien jour, moi ! Mais enfin les ranchers sont censés s’y connaître. Toujours est-il que je sors du parc, grimpe et grimpe encore…Ma petite balade en forêt tourne à la randonnée de montagne. J Jusqu’à arriver à un sommet, d’où j’aperçois… l’océan ! C’est super chouette.




Vous voyez le bleu en haut à gauche? Peut être pas, tant pis... Ben  moi, je le voyais, na.


Sur un rocher je vois un couple de hippies assis à admirer la vue. Je dis hippies, j’entends San Franciscains typiques, lui les cheveux un-peu-longs-un-peu-bouclés-un-peu-n’importe-comment, elle des grosses lunettes de soleil rondes et un espèce de Pancho blanc très peace and love… Tous les deux ont une fleur jaune au coin de l’oreille… J’dis rien, j’ai la même. Il y en a tellement le long du chemin et elles sont tellement jolies…^^



Du coup nous voilà à sympathiser bien sûr, deux amoureux de la nature… Je leur demande si ils sont déjà allés sur Angel Island, et j’ai la réponse dont j’aurais du me douter : ils y habitent. MDR je ne savais même pas qu’on pouvait y habiter, mais si, sous certaines conditions c’est autorisé. Ils ne sont que 8 à vivre là bas… J’hallucine… Ils m’expliquent que ce n’est pas simple car il n’y a qu’un ferry par jour, pour rejoindre la terre et revenir dans l’après midi sur l’île… Il ne faut pas le rater, sinon ils sont coincés. Des vrais fous, quoi. ^^

Je poursuis ma rando avec eux sur une bonne partie du chemin, c’est quand même plus sympa de se perdre à plusieurs !!^^ Le chemin passe par monts et vallées, le paysage change de versants en versants… Et nous voilà back dans le bois. Je ne peux pas trop m’attarder, il est déjà tard et il faut rentrer, la route est encore longue… D’ailleurs, mes craintes se confirment : il va falloir remonter la pente descendue quelques heures plus tôt… ARGH. Triple argh. Les hippies proposent de mettre mon vélo sur le toit de leur petite voiture et de me remonter… haha vu la tête de la dites voiture, merci c’est sympa mais nan ça va pas être possible. Je n’ai rien pour l’attacher, c’est gentil mais complètement surréaliste. Je vais grimper, ça me fera les mollets…


Et c’est parti ! Hum. A pied bien sûr, parce que vu la pente c’est même pas la peine d’imaginer rouler… Et je remonte, mètre après mètre… Je croise tout plein de vélos qui descendent, et m’encouragent gentiment… Après quelques litres d’efforts je finis par apercevoir le sommet, mollets en feu et pieds liquéfiés. Bon, je l’aurais mérité décidément cette petite escapade ! De nouveau la vue est magnifique, sur les petites montagnes du coin…






 

 

 

 

 Et comme toujours, après la montée : la descente ! L’autre versant est habité, ce qui rend la chose plus intéressante : plein de jolies maisons avec des jardins incroyables et des terrasses avec vue sur la vallée… Il y a quand même des gens qui ont du bol… Mais ça descend hyper sec encore, je suis de nouveau debout sur les freins… Qu’est ce que c’est que ce pays de fous ? !!^^


En bas et de retour dans la civilisation, je bondis dans le premier bus pour San Francisco. Un bon gros driver en forme de père noël me dépose à bon port, et je rends mon bolide. Le pauvre a bien souffert, lui aussi…  


Il ne me reste que quelques heures avant la tombée de la nuit… Je monte à la Coït Tower d’où on peut voir le coucher de soleil sur la skyline…





Et puis cette fois mes pieds font grève : le retour à l’auberge s’impose. Quelle journée !! Je suis vannée, sale, le nez cramé et les cheveux en dreadlocks, mais comme d’habitude après une belle aventure, happy. J’ai eu raison de m’acharner, c’était vraiment bien, ce petit parc !




Le lendemain, une partie du groupe de FLA s’en va : Lola, Eva et Suet-ching. Du coup, on passe la journée ensemble, à Japantown d’abord puis au Civic Center avec la mairie, la bibliothèque… Ce n’est pas très violent bien sûr, on avance lentement, mais enfin on rigole bien et c’est ce qui compte. Comme personne ne prend de décision, je prends les choses en mains et « follow me ! »^^. Je nous fais donc passer par la cathédrale Sainte Marie que je comptais bien voir, sur les conseils de Sister N°1. J Pas de résistance, ça suit derrière… Et c’est vrai qu’elle est originale, cette cathédrale. Un peu « blockhaus » de l’extérieur, en forme d’OVNI, mais imposante de l’intérieur, et avec une croix en vitrail au plafond qui redescend le long des 4 murs… C’est drôle comme les vitraux sont presque toujours la plus belle partie d’une église… Enfin, pour moi. Et ceux là sont particulièrement beaux, de toutes les couleurs…  Il y a une messe, avec quelques dizaines d’habitués, dont 2 punks qui se remarquent à peine : pourquoi serait-il choquant d’aller à l’église avec des énormes bottes noires en cuir, une crête sur la tête et des piercings plein le visage ? Vive l’Amérique. J


La journée se finit en piquenique dans un parc où je goûte mes premières cerises de l’année !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Viendront très vite les premières fraises et framboises, qui ont du goût, pour une fois ! Il faut dire que tout ça vient de Californie, c'est-à-dire du coin. Et ça se sent. Mmmh !! (soit dit en passant j’attends quand même celles du jardin hein, les cerises et les framboises de la maison sont et resteront les meilleures du monde J).



Lola s’achète sur le marché un sac qui dit « le beau est toujours bizarre », de Baudelaire. Nous voilà lancées dans une discussion sur la littérature française, et je dois dire qu’elle m’en bouche un coin : ce petit bout de femme, du fond de son île méditerranéenne, a lu tout Baudelaire, Voltaire, Balzac, Zola… Et bien sûr, le grand Victôrrrrr RRRugo, son préféré. Incroyable. Ça fait plaisir en tout cas, d’avoir une conversation un minimum relevée avec quelqu’un de cultivé ; ça ne m’était pas arrivé depuis un moment… Et Lola est hilarante. Tellement admirative de la France et de sa culture que je m’en sens toute chose… C’est vrai qu’on a la classe, quand même !lol



Ensuite il faut dire au revoir, et ça c’est toujours dur… Nous voilà tous en cercle sur le quai du métro, à se huger encore et encore… Je reverrai Eva cet été, certainement Lola aussi. Pas Suet-Ching, Taiwan n’est pas au programme pour l’instant… L



Le lendemain, levée aux aurores, je suis la première dans la cuisine. En bonne égoïste qui se respecte, j’utilise moitié du pot de pâte et me fais une montagne de crêpes : hop, emballées, emportées. Ils en referont, je ne culpabilise pas trop. ^^



Me voilà de nouveau sur un vélo, cap cette fois sur… Angel Island.



ça crache, quand même, comme destination...

Le ferry est plein de gamins : ça sent la « classe verte »… D’autres ont leur sac à dos avec tapis de sol : camper sur une petite île sauvage, voilà qui doit être une sensation à part... J’aurais pu aussi (et d’ailleurs l’idée m’est passée par la tête, pour tout dire, disposant du matériel de camping des spanish), mais toute seule… Pas que ce soit dangereux… M’enfin sur ce coup j’ai joué la raisonnable. Y passer la journée sera déjà quelque chose.

En sortant du bateau, j’entends un « Mary ! » à quelques mètres. Je me retourne, parce que, Mary, c’est moi…Je me suis habituée à force et me reconnais sous cette appellation...  Que vois-je ? Ma hippie de Red Wood ! Elle est toute contente de me voir, elle prend le ferry dont je descends pour passer la journée en ville et me propose de rester diner le soir. Hum… Le ferry repart à 3h. Tant pis, mais c’est sympa !


« hiking and biking map » en poche, je trace ma route pour m’éloigner de la troupe de gamins qui piaillent, crient, rigolent… Des gamins quoi. Des ados même, ce qui est pire… Mes craintes de les voir s’infiltrer partout sur l’île s’envole très vite : ils s’installent tous devant le visitor center sur les tables à piquenique et sortent leurs chips… C’est vrai qu’il est déjà, olala, 10h du matin, et ils n’ont pas mangé depuis au moins quelques heures ! Sûr que ces 10 minutes de bateau les ont affamés. Bref, après tout c’est très bien, restez-là à piaffer, moi j’ai une île à découvrir !




En la voyant depuis la baie, j’imaginais l’île comme un petit bout de paradis terrestre tombé dans l’eau par mégarde, avec cette sorte d’aura mystérieuse quasi magique, à la fois sauvage et accueillante… Et c’est exactement ce que je ressens de l’intérieur maintenant. Pas déçue pour un sou ! Tout ça n’est pas sans me rappeler la Corse, par endroit…

Ça grimpe fort, normal, une île c’est souvent aussi une montagne…^^ Mais la vue est superbe sur toute la baie : la skyline d’un côté, l’océan de l’autre… Et Sausalito et Tiburon, où j’étais allée (encore en vélo !) la dernière fois (cf article sur SF en février). Le tout au milieu des arbres en fleurs, des petits chemins ombragés…




Angel Island est aussi chargée d’histoire, car c’est l’ « Elis Island » de la côte Ouest : les immigrés passaient par là avant d’être soit acceptés sur le territoire, soit rejetés et renvoyés chez eux. Il y a donc quelques traces, une poignée de bâtiments transformés en musée… Mais je ne suis pas là pour ça, moi. La civilisation, pouah ! Je prends de la hauteur, encore et encore... Quel pied de pédaler avec cette vue incroyable autour de soi, cette odeur de sel, ce vent marin qui rend le soleil supportable et agréable… Partout, de petits bancs de bois ajoutent à l’ambiance et invitent à la contemplation : où que le regard se porte, tout est joli.


Mais que vois-je là en bas ? Une belle petite plage abandonnée… Je rêve…

 

 


Ni une ni deux, j’attache mon vélo à un poteau, et suis le petit chemin de sable qui descend vers la mer. Là, il n’y a que la famille Coin-Coin, père mère et fils qui se dandinent au soleil.

 

 

Eux… et moi. L’endroit est surréel, avec ses rochers et la vue sur San Francisco qui parait loin là-bas, tout petit au-delàs des vagues…






Je laisse mes chaussures et mon sac sur un tapis de fleur (véridique, je n’en rajoute pas, je vous promets. D’ailleurs j’ai des photos je peux tout prouver. Lol) et me voilà les pieds dans le sable chaud, dans ma petite crique privée. J Pincez-moi.

 

 

 

 

Là, certainement l’influence américaine, et vous allez dire que je ne vaux guère mieux que ceux dont je me moque à tour de bras, mais je ne trouve rien d’autre à faire pour compléter le décor que de sortir… un bon pancake, encore tiède car bien emballé avec ses confrères. Rââ. 


 

 

 

 

Je ne traine pas trop, car je n’ai que quelques heures avant le dernier ferry, que je ne veux pas rater… Hop, j’enfourche mon cheval, comme dirait Amélie, et c’est reparti. Ça monte quand même rudement tout ça… Et puis, devant la pente menant au sommet, ce petit panneau : « no bike ». Hahaha, vu le degré d’inclinaison, merci, je n’avais pas vraiment envisagé cette possibilité. C’est quand même très drôle qu’ils le précisent… Vous escaladeriez un mur en vélo, vous ? ^^ Bon c’est parti pour la grimpette. Il faut dire que j’ai pris le chemin le plus court pour monter, et donc le plus raide, logique. Au sommet, jolie vue sur l’océan et les alentours… Je croise un couple de texans, premiers êtres humains depuis un bail… Ils ont un accent du tonnerre et me vantent les mérites du Texas. Bizarre, je ne suis pas vraiment convaincue… Ils me conseillent aussi tout un tas de choses à voir à Seattle et Vancouver… à croire que tout le monde a déjà tout fait/ tout vu ici ! Enfin ils sont sympas, et s’en vont vite de toute façon, me laissant seule avec le sommet.

 

 

 

 

 

 

 

De retour on the road, je termine mon cercle pour revenir au port quand j’aperçois en bas des petits bancs de sable… Une, puis deux plages de sable blanc, désertes, sauvages, appelant désespérément… Bah, j’ai encore le temps. Liberté suprême de la solitude : j’ai envie de m’arrêter, je m’arrête. C’est tout bête, mais ces quelques jours « en groupe » me font apprécier cette soudaine liberté retrouvée.  Bref, je me fraye un chemin au travers des prés et des rochers pour atterrir de nouveau dans un paysage de carte postale. Un panneau indique « pearl beach » : quelqu’un a baptisé ma plage !^^ Les vagues se cassent sur des arbres morts blanchis par le soleil…







Les galets brillent au soleil, et en gamine qui se respecte, j’en remplis mes poches. Oh, le beau vert ! Oh, le beau bleu marbré ! La couleur se fane un peu quand ils sèchent, mais qu’importe : je ramènerai des petits bouts d’Angel Island. Pourquoi devrait-on grandir ?^^









Cette fois il faut y aller, au revoir les rochers, les vagues et les galets. Je finis le tour de l’île et redescends vers le visitor center. J’y retrouve ma horde de collégiens (ont-ils seulement quitté le port et ses tables de piquenique?!) prête à repartir. J’embarque pour le ferry, et monte sur le pont : ça tangue !! Impossible de se tenir debout, le vent s’est levé et secoue sérieusement le bateau comme une coquille de noix. L’écume m’éclabousse à chaque vague… Quelle sensation que d’être à la proue d’un bateau dans la tempête ! Liberté absolue… Bon, ce n’est pas de la grosse tempête bien sûr, et quelque part tant mieux. Je ferais certainement moins la maligne, mais enfin c’est extra, et je repense à Forest Gump avec son crevettier dans la tourmente… ^^

Back sur le plancher des vaches. Je voulais aller au Golden Gate park, et j’en prends d’ailleurs bravement (ou stupidement ?) le chemin… Mais je craque en route : j’ai suffisamment de kilomètres dans les pattes comme ça, je suis vidée. J’abrège donc mon tour en ville et termine ma journée dans la rue animée longeant le port. Un jeune joue du piano et chante sur une petite place, les gens s’attroupent, tapent des mains… Ambiance d’un soir d’été en bord de mer…

A l’auberge, mes petits FLAs sont rentrés de leur journée. Le mexicain se met en tête de faire de la magie, et nous voilà tous partis en fou rire… La fatigue doit participer, m’enfin je vous mets quand même un de ses numéros, vous allez comprendre. De la magie comme ça, on en voit pas souvent. J

 

 

 

 

Je suis censée partir le lendemain pour Yosemite avec eux. Seulement voilà… Je viens de discuter avec un français qui en revient, et qui me confirme plusieurs craintes :

-          D’abord tous les campings à l’intérieur du parc sont blindés, il faut faire une réservation jusqu’à 6 mois en avance. Je m’en doutais bien, quoi qu’en disent mes chères hispaniques. Ça veut dire qu’on va devoir galérer à essayer de trouver un bout de pré en dehors du parc, et c’est pas gagné…

-          Ensuite, inutile d’espérer camper sans sac de couchage. Si il fait très chaud la journée, les températures tombent la nuit, sous-pulls et polaires n’y feront rien. « Tu vas crever », qu’il me dit gentiment. Sympa le gars, mais honnête. Très français, quand on y pense. ^^

-          On ne dirait peut-être pas, vu comme j’en parle, mais je promets que je les aime bien, mes 3 spanish et mes 2 mexicains. Je les aime bien, mais je les ai vus à l’œuvre : dans une tentative en direction des twin peaks, il a fallu monter une rue en pente, et ça a été la croix et la bannière. Il a fallu tirer, pousser, encourager… Caricaturale à l’extrême. En haut, ils se sont pris en photo pour témoigner de l’effort accompli… Là, j’ai réalisé que de la randonnée en montagne avec eux, ce n’était pas envisageable une seconde. Or c’est la seule chose à faire dans un parc comme Yosemite ! De tout ce que j’ai pu lire sur le parc, le mieux à faire c’est encore de partir tôt le matin, marcher toute la journée et rentrer à la tombée de la nuit, fourbu et les yeux pleins de belles images. Ce n’est absolument pas envisageable vu ma compagnie, et je sais déjà que ça va me frustrer, pour le coup.

-          Je suis franchement fatiguée de mes derniers jours plutôt sportifs et ne me vois pas du tout dormir à l’arrache, à même le sol à 6 dans une tente de 4, etc etc… C’est un coup à être morte avant de partir pour le Nord, et ça ce ne serait pas malin du tout.

-          Je n’aurais de toute façon qu’une journée dans le parc car j’ai mon billet pour Portland le 24. Que peut-on voir d’un immense parc national à l’américaine en une journée ??!

-          En restant j’économise le prix de la voiture et du bus pour revenir, ce qui n’est pas négligeable vu l’état de mes finances.

Bref, je m’arrête là, je me suis déjà trop étendue : un tas de raisons matérielles qui me disent que tout ce bazar n’en vaut pas la chandelle. Et surtout, plus que tout ça, une raison toute bête mais radicale : ça ne me dis rien, mais alors rien du tout. Et j’ai appris à m’écouter, parfois. Alors, pour la seconde fois en quelques semaines, c’est la panique à la dernière minute : il faut annuler la 2eme voiture (à 5 ils tiendront dans une), ce qui signifie aussi trouver une solution pour laisser les bagages…Bref, la pagaille. Et c’est moi qui fiche le binz, encore... Riki le mexicain est tout paniqué : « he doesn’t know you yet, that’s why… » me sort Iria. Comment ça! Je suis si tarée que ça ? « Of course, you’re crazy ; but I admire you. You’re crazy, and brave ». Bon. Ben si vous le dites. Pour l’instant je ne me sens ni folle ni brave, juste soulagée. Je vais avoir le temps de préparer un peu mon passage dans l’Oregon et au Canada : il me faut des dollars canadiens, imprimer mes billets, tout ça… Du détail, mais je serai plus tranquille une fois les choses bien ficelées. Je reste la fille à mon père, quelque part, loin sous la couche de folie maureenne… :p).  





 
J’ai de la chance, l’auberge a encore un lit de libre pour les deux nuits suivantes. Dans un dortoir à 6, mixte, but who cares. Ce sera mieux que de grelotter quelque part entre SF et Yosemite… Je ne suis même pas déçue : maintenant que je sais comment tout ça fonctionne, je reviendrai un jour à Yosemite (comme à Yellowstone) en ayant bien préparé mon truc, et je ferai ça bien. Na.

Pour l’instant, rester signifie aussi dire au revoir, encore… En finira t-on jamais avec tous ces adieux ?! En fait j’aurais fait ça par petits bouts, en plusieurs fois… Ce n’est pas facile car ce sont quelques uns de mes préférés, ils ont été vraiment sympas de m’embarquer avec eux tout en me laissant assez libre, et on a passé des supers moments, non seulement toute l’année mais aussi ces derniers jours ensemble. Iria, Deeny, Alberto, Ines…

Ci-dessous, en train de s’acharner à tout faire rentrer dans le coffre. Heureusement, c’est une voiture américaine, et donc forcément énorme. N’empêche, c’est juste…

 

 

 

 

 

Voilà, la voiture s’éloigne et emporte avec elle mes derniers amis sur ce continent… Avec eux, c’est finalement vraiment la fin de cette année à Holy Cross. Plus rien ne me relie à Worcester désormais, et je suis officiellement en vacances dans l’Ouest, « on my own ». I’m a poor landsome cow-boy…

J’ai un peu le cafard pour le coup, mais ne regrette pas ma décision… Et puis ça ne dure pas, après tout, je suis à San Francisco !! Et pars bientôt pour Portland ( !!), Seattle ( !!!!), Vancouver ( !!!!!!)… J’ai toujours rêvé de ces villes, surtout Seattle… Let’s go !!! J De nouveau seule dans l’aventure! C’est pour ça que je suis là, non ?

Et puis, un des nombreux avantages des « hostels », c’est qu’on ne peut pas s’y sentir seule. C’est tellement vivant, et ça grouille de jeunes sympas qui trainent leurs guenilles de par le monde… Toutes les langues et tous les accents s’y mélangent, entraide et système D à leur maximum… Je retombe dans la cuisine sur mon gentil français avec qui j’avais parlé de Yosemite. Il est surpris de me voir ! Lui part le lendemain pour Miami… Du coup on discute un peu (j’en reviens, j’ai aussi des choses à lui dire, héhé !) et il me dit qu’il a passé l’année ici, en tant que… prof de français dans un College privé. Elle est bien bonne. Bienvenue au club !

Autour d’une assiette de pâtes (pas vu de légumes depuis un bail, désolée maman, mais enfin ce n’est pas le pire, des pâtes bio complètes avec de la sauce tomate. On fait ce qu’on peut. ), nous voilà à nous raconter nos expériences mutuelles, nos surprises, nos impressions, nos découvertes, nos chocs, nos bons moments… Et c’est à peine croyable à quel point systématiquement, je m’exclame « moi aussi ! » après chacune de ses phrases… Il était en Caroline du Sud, et la seule petite différence entre nos deux expériences a certainement été le temps. Le reste ? Copier-coller.  Surtout au niveau de nos observations sur les US… Les interdictions, leur mentalité, leurs obsessions, leurs incompréhensions, leur attitude… De la tenue vestimentaire des étudiants aux examens en passant par le sport et l’ambiance du campus, un seul mot : « Exactement ! ». Après quelques heures, la conclusion s’impose que les étudiants sont les mêmes dans l’ensemble du pays, et que les américains du Sud ressemblent traits pour traits aux américains du Nord. Dîner super intéressant en tout cas, et parler de mon expérience au passé aide à dresser un bilan de l’année écoulée… J’en ai fait des choses, quand même !!^^ Lui est à Normal Sup, à Paris. Je ne le reverrai certainement jamais, mais d’avoir vécu la même chose cette année nous crée tout de suite un lien, et je me sens comme avec un vieil ami d’enfance. Je l’ai raté le lendemain au petit dej, et n’ai pas pu lui dire au revoir… J’ai d’ailleurs réalisé à ce moment que parmi tout ce qu’on s’est dit, il manque une information essentielle : je ne sais même pas comment il s’appelle…^^

 

Je dors comme une masse, et bénis les suédoises qui me réveillent en quittant la chambre : 10h-20. Je bondis : mes pancakes ! La cuisine ferme à 10h tapante. Me voilà donc en pyjama, les marques de l’oreiller encore sur la joue et les cheveux en bataille, poêle et louche en main. Hé, c’est que je paie, moi. Vous savez combien c’est une gaufre et un café dans un Starbuck ? ^^ C’est la radine en moi qui parle. La radine, ou tout simplement la française. Ou serait-ce plutôt la crevarde, la Lanceau teintée de Boudier par confluence ? J Peu importe, je me sens mieux devant une assiette de pancakes dorés. Rien de tel pour commencer la journée.



Journée qui ne sera pas violente… Je tombe de sommeil et me recouche jusqu’à… hum, tard. Ben oui, j’ai mal dormi toute l’année, alors quand on lève la pression, pfff… Je pars donc en début d’après midi et marche jusqu’au quartier latino histoire de pratiquer mon espagnol et négocier des fraises à 1$ la grosse barquette, remplir mon sac de mangues et apprécier un VRAI burrito. Direction Castro, le quartier gay qui arbore de grands drapeaux arc-en-ciel après les lampadaires… Rien de spécial à y faire, je continue par Haight-Hasburry, quartier hippie… Bref, je marche et marche encore, dans les rues qui montent et descendent sans fin… Cette ville s’est construite sur de la tôle ondulée !

J’avais entendu parler d’un Carnaval à Mission avec concert en plein air, et me rends donc au dit-lieu de rendez-vous, petite croix sur ma carte. Mais là, devinez quoi… L’entrée est bardée de policiers : portails détecteurs de métaux, chiens de garde renifleurs de coke, fouille systématique. Mais c’est pas vrai, mais c’est pas vrai… La liste des « prohibited items » est affichée en grand, gros, gras. Elle me fait d’abord rigoler : alcoholic beverages ou weapons, ça, je m’en serais douté. Mais je rigole beaucoup moins avec « any kind of food » (je viens de m’acheter de quoi me faire un vrai bon sandwich pour survivre au voyage cet aprem et ce soir), « sticks » (vaste catégorie qui inclut mon stylo plume, par exemple) et « beverages » (et mon jus de pomme ! Qu’est-ce qu’il vous a fait mon jus de pomme, hein ?). Devrais-je essayer de manger/boire mes provisions et envisager de me séparer de mon stylo préféré pour entrer ? Je me renseigne auprès d’un policier pour savoir si il y a moyen de laisser des choses à l’entrée et de les récupérer à la sortie. Non, évidemment. « your bag is too big anyway. » qu’il me sort, comme ça, froidement. Il ne rougit même pas de l’aberration qu’il vient de prononcer. Trop GROS, mon petit sac à dos? Mais c’est QUOI leur PROBLEME, à ces tarés ? Trop gros, juste pour marcher dans une rue un peu animée, avec des gens et de la musique ?! Je rêve, je rêve. Histoire de me confirmer qu’ils ont complètement perdu l’esprit, je relis la liste des interdictions : c’est vrai qu’un frisbee, c’est teeeeeellement dangereux. Des meurtres au frisbee, ça arrive tous les jours. En même temps, QUI penserait à faire du frisbee pendant un concert… Ou du roller. Ou pire, pourquoi pas carrément boire de l’EAU, qui sait !! Les gens sont tellement inconscients de nos jours, vous savez… C’en est trop, « va ch*** le Carnaval de Mission », moi et mon gros sac nous en retournons d’où l’on vient. Nan mais, qu’est-ce qu’ils croient… Sont pas nets franchement. Le pire dans tout ça, c’est que je suis la seule à trouver ça choquant. Autour de moi, tout le monde se fait refouler : « no dog, sorry », « you’ve got to finish your drink before enter », « no umbrella, miss»… Autant de phrases qui feraient HURLER en France. Depuis quand on a pas le droit de balader son chien (et en l’occurrence un chihuahua dans un sac !) ou d’emmener son parapluie sur une foire ou un marché de Noël ? L’Amérique pays de la liberté ? Laissez-moi rire, mais alors laissez-moi rire.

 

De retour dans mon dortoir, il n’y a plus que l’allemand, Stephen. En fait, il est en train de chanter sous la douche… MDR. Du coup il se sent un peu bête en sortant quand il réalise que j’étais là… « did you ear me singing ? » Moi ? Naaaaaaaaaaaaan…Je viens d’arriver. Lol

 Il est super sympa, rigolo, à SF pour quelques semaines pour clôturer sa traversée de la Californie. Ce n’est pas si bizarre que ça finalement d’avoir des gars dans les lits d’à côté : entre le russe muet et le canadien qui essaie de pratiquer son français, je me marre bien. Et puis il y a aussi des filles : deux suédoises la première nuit, remplacées par 2 frenchies de Toulouse la deuxième.

En rentrant ce soir, je pensais me coucher tôt, peut être écrire mon blog… Rien de précis. Mais comme la nature a horreur du vide… J’ai appris à être sociable à force de voyager mine de rien… Alors, histoire de, je lance la conversation avec l’Allemand. D’abord, je tente le « ich spreche ein bischen deutsch », et ça marche plutôt bien. Surtout les 3 premières minutes. Il répond en allemand, et je comprends au moins… 1 mot sur 4. La honte. J’essaie de suivre, je sors 3-4 phrases et me sens pitoyable. L’air de rien, il me fait « was ist einfacher für dich, Deutsch oder English ? » La bonne blague… Ben on va rester en anglais, hein, si ça te dérange pas…^^ 9 ans d’étude de la langue allemande, et voilà le résultat. Y ‘a de quoi se cacher franchement. Enfin je peux me consoler, l’anglais, ça va plutôt bien… ;-) Je vous entends d’ici hurler « ben encore heureux ma vielle, quand même ! » Oui, encore heureux, mais bon c’est déjà ça.

Bref, en anglais, c’est parti pour une réflexion globale sur les US, les voyages, et une étude comparée des cultures européennes et américaines. De nouveau, je suis frappée par le fait que nous autres européens avons la même impression face à l’Amérique, la même réaction, les mêmes conclusions. Je me retrouve dans tout ce qu’il dit, et après quelques mois sur le continent Nord américain on a tout les deux eu les mêmes problèmes, apprécié ou détesté les mêmes choses. On pourrait penser que c’est assez normal, puisque qu’on parle du même pays. Pourtant, c’est bizarre de voir à quel point je me sens proche de cet allemand comparé aux Etats-Unis : je n’avais jamais réalisé à quel point les européens ont en commun. Conversation passionnante qui l’air de rien, a fait passer la soirée. Au lit ! Demain, je m’envole pour Portland. J




Certainement un complot de mon organisme pour mieux récupérer, mon réveil m’a définitivement lâché. Du coup, j’émerge à… 9h50. Argh ! Check out est à faire avant 10h, sous peine de perdre son key deposit de 10$. Sans parler du petit dej qui ferme dans 10 minutes ! Horreur et damnation. Qu’est-ce qui me prend nom de nom, de dormir comme ça ! C’est pas bientôt fini, oui, miss mouche-tsé-tsé !? Je bondis dans un jean, enfile un pull et courre à la réception. « You’ve got to bring your shit and towels downstairs before checking out…» qu’elle me dit, sourire en coin. 10h56, draps et serviettes dans la corbeille, je suis limite de les lui balancer, mes clés, à cette bonne femme. Ce n’est pas sa faute si je joue les belles au bois dormant, mais faudrait pas abuser de ma patience, particulièrement limitée 6 minutes après mon réveil. Je veux mes 10$, nan mais. Elle finit par me les donner, et je fonce dans la cuisine. Ils n’ont pas remballé, cool,  j’ai le temps de me faire quelques provisions. Les espagnoles ont oublié leurs céréales et leur lait (volontairement ? Qui peut savoir ce qui se passe dans leurs petites têtes…), et je « me sacrifie », au nom de la faim dans le monde, pour éviter tout gaspillage (comment se donner bonne conscience en se remplissant le ventre de miel pops…^^). De retour dans mon dortoir, en toute « illégalité » cette fois puisque je n’ai plus les clés. Douche, valise, lit… Je laisse ma valise et mon sac dans un placard prévu pour ça (qui ne ferme pas à clé d’ailleurs, et dans lequel chacun entasse ses affaires n’importe comment, sans noms ni étiquettes. Ça sent fort la confiance, le n’importe quoi et l’honnêteté) et direction Mission. Il parait qu’il y a une parade là-bas… Let’s see de quoi il s’agit. J’espère que cette fois on me laissera entrer avec une pomme, une bouteille d’eau et pourquoi pas même mon énooooorme sac. N’empêche, juste au cas où, je laisse mon stylo plume dans la valise. On est jamais trop prudent. Pays de fous.



Mais ô miracle, pas de fouille à l’entrée. Ouf. En fait, c’est une parade organisée par le quartier latino et dans laquelle tous les pays d’Amérique latine sont représentés. Chili, Bolivie, Pérou.. C’est assez intéressant de voir les différences culturelles entre tous ces pays au travers des chars et des danseurs…

Le problème, c’est que ce ne sont pas des « vrais » latinos, mais plutôt des Latino-Américains. Et ça suffit à tout casser… C’est comme le cheddar dans les burritos. Comment vous expliquer… Prenons le Brésil, par exemple. Pour le Brésil, vous avez forcément des danseuses de Samba, avec force plumes et paillettes. Normal. Vous avez tous vu des images du Carnaval de Rio… Elles ne sont pas très habillées on est d’accord, mais enfin c’est la samba à Rio, ça va avec le décor et ce n’est pas choquant ; c’est culturel. D’ailleurs, elles sont plutôt jolies, souvent, les danseuses de samba, avec toutes leurs couleurs, leurs costumes, masques etc… Disons qu’elles savent porter le micro short à paillettes et que les plumes de paons leur vont bien.

Et là, la vie est injuste, mais la même chose sur des américaines, tout de suite, c’est vulgaire. Hyper vulgaire. J’hallucine : des vielles, des grosses, des tatouées, des fripées… Le plus souvent tout ça ensemble… Fagotées à mort dans un truc rikiki quand c’est pas tout simplement en string doré (et en basket, svp, la grande classe), et va y que ça remue de la cellulite… Quelle horreur. Je vous épargne les détails, et les photos… Peut être juste une pour vous montrer que je n’exagère rien…

 

 

 

On pourrait dire que c’est bon signe : pas de complexes, pas de culte du corps parfait… Mouais. On pourrait. M’enfin quand même, beurk, ça vous couperait l’appétit. Enfin ce n’est pas le cas des gens qui regardent, parce que comme à leur habitude, ça mange, ou plutôt ça bouffe… Toute cette chaire blanche toute moche sur fond olfactif de Tex-mex graisseux me soulève le cœur. Par ici la sortie ! J’essaie de trouver un bus… et renonce. Bon sang mais qu’ils sont mauvais, impossible de rejoindre le centre ville depuis un quartier pourtant populaire et pas très éloigné… Qu’à cela ne tienne, je trace la route. On est jamais mieux guidé que par ses pieds. Je pick up ma valise à l’auberge et direction l’aéroport, en Bart (métro). En chemin je croise 2 françaises, une du Sud et une d’Alsace, en stage à San Francisco… Elles se sont rencontrées dans l’auberge où je suis actuellement…Décidément, le monde tient dans un mouchoir de poche.

A l’aéroport, je retrouve mes réflexes de bourlingueuse. Bording pass. Security check point. “this is too big”, et va y qu’on essaie encore de me chourer une micro bouteille de gel douche... NAN MAIS C’EST PAS UN PEU FINI OUI !!!! C’est que ça commence à bien faire, BANDE DE PARANOS ACHARNES !!!! Je vais craquer, je vais craquer ! Sérieux, c’est une miiiiiiicro bouteille, plus petit j’aurais pas assez pour une seule douche. Allez, quoi… J’ai le petit sac zippé qui va bien et tout pourtant, j’essaie, je vous promets ! Pfff… Bref, la galère passée et mes quelques millilitres de gel sauvés à grand coup de négociations : embarquement, décollage.



 
Je ne me lasse pas de survoler les champs américains, immenses même vus d’avion, et si carrés, si organisés… Notre petit bocage est à la fois ridicule et plein de charme à côté de tous ces gigantesques carrés bien propres. Entre deux montagnes, je revois des ronds, verts, jaunes, bruns… Rien à faire, je reste une petite fille collée au hublot, émerveillée par un lac ciselé, une rivière tortueuse, une montagne enneigée.  Les quelques 80 minutes de vol passent trop vite. Me voilà à Portland airport… D’abord, les informations. Un gentil monsieur m’explique comment rejoindre ma première adresse pour la nuit, un motel en l’occurrence (plus d’auberge, j’ai réservé trop tard… Je change le lendemain.), et ô merveille, c’est accessible en métro ! Merveilleux. La machine ne prend pas le cash et refuse ma carte, pour quelques obscures raisons. Allons bon, nous vl’à beau comme on dirait par chez nous. Un couple de petit vieux vient à ma rescousse : ils reviennent d’Italie et rentre chez eux, ici. En chemin j’ai donc droit à un historique de Portland, les choses à voir, tout ça… Arrivée à ma station, je cherche le numéro 11234. Pas de bol, j’aperçois un 9256. Argh… Je pourrais prendre le taxi, dans l’absolu… Mais c’est plus fort que moi, je déteste vraiment ça. Après tout, je suis jeune, ça sert à ça, je vais marcher. Pff… Fait chaud...Paradoxalement bien plus qu’en Californie ! Et puis c’est pas la porte à côté… Heureusement que je ne reste qu’une nuit, demain je serai en ville, ça sera nettement plus simple. J’arrive après près d’une heure de marche, au pas de course, avec sac et valise. Arf…

Là je veux qu’on m’explique pourquoi les hôtels (ou motels et autres confrères) sont plus chers que les hostels (« auberges de jeunesse ») : ici, pas de WIFI, pas de petit-dej, pas de cuisine à disposition, pas de laundry, etc etc. Bon. Vivement demain. Mais la chambre est très bien il faut reconnaître, pour quelques dizaine d’euros.

Après le rinçage d’urgence, la geek en moi fait valoir ses droits : je ne suis pas allée sur Internet depuis…au moins…hum… hier. Bon, d’accord, je suis accro, je reconnais. Mais il est trop tard pour descendre en ville de toute façon, à cette heure tout sera fermé… Je commence à les connaître, ces ricains ! En marchant j’ai vu un petit café qui m’a l’air bien sympa, avec entre autre des mots alléchants sur la porte comme « iced coffee » et « free wifi »… Laptop sur le dos, en route. Je me sens mieux une fois « connectée », mine de rien Internet est mon premier lien avec le reste du monde, notamment  avec vous mes chers lecteurs ! J 57 messages…  Plait-il ?!?!? Ah oui : je viens de publier un album avec les photos de la première partie de mon voyage, « last adventure » et chacun y va de son commentaire… Extra de voir comme facebook réunit en un seul et même lieu ma famille, mes amis français et les FLAs. Les voilà qui se répondent mutuellement à coup de comments sur mes pictures… En français, en anglais, en espagnol… Et la mondialisation n’a plus de limite. ^^ En tout cas ça fait plaisir de voir que tant de monde réagit, et quelque part qu’on ne m’oublie pas !lol

Le temps file, et la nuit tombe. Retour à la case motel. Au dodo… ou presque : d’abord, je voudrais bien mettre mon blog à jour… Je vais écrire un peu. Juste 1h ou 2… Ou 3. En fait, ça fait bientôt 4. Pourquoi, mais pourquoi est-ce que je ne sais pas faire court ? Abréger, écourter, simplifier. Nan. Il faut toujours que je développe, hein, c’est comme ça… D’ailleurs là encore, je palabre pour pas grand-chose, je me fais des réflexions personnelles complètement HS et dont tout le monde se f***. Bon, je suis fatiguée, ça doit jouer aussi. Toujours est-il que cette fois, je file. Vous savez tout, de toute façon ! Si vous avez suivi jusque là… :p

Demain, Portland. Ne vous inquiétez pas, je vous raconterai… ;-)





Toujours le même rituel, packetage (2 défis : tout faire rentrer et ne rien oublier !^^), checking out… Et me voilà on the road again, sac sur le dos et valise en main, dans le soleil et la fraicheur du matin… La ville est à moi. J

Première étape : trouver mon auberge et y laisser mes affaires. Grâce à leur « tramway », je me rapproche au maximum, puis essaie de me repérer tant bien que mal entre les rues, les « NW » et « SE », etc… Je sens que je me rapproche car je croise de plus en plus de jeunes avec des têtes de tout-sauf-américains…^^ J’arrive finalement devant une ancienne maison à l’anglaise entourée de grands buissons de fleurs. Sympa ! Une petite chinoise ultra dynamique me fait faire le tour des lieux et m’entoure sur une carte tout ce que « you don’t want to miss in Portland». C’est parti ! Il est déjà 10h passées, je n’ai que jusqu’à ce soir pour tout voir de la ville.

Heureusement, Portland est une ville relativement « petite » et concentrée : le bus et le tramway sont gratuits en centre ville (woua!!!) et avec des bonnes jambes on peut tout marcher de toute façon.

J’attaque par ce qui fait la célébrité de Portland et lui a donné son surnom (« roses city ») : le jardin des roses, situé au sommet d’une colline faisant face au Mont Hood que j’avais vu d’avion. Bon, ça grimpe fort, mais après San Francisco, pfff, une paille. Et effectivement il est sympa ce jardin des roses… Surtout que j’étais censée arriver pendant la floraison… Mais comme le printemps est très en retard cette année, sur 10 000 roses à venir seules… 30 sont écloses. Bon, ben on s’en contentera. Elles sont très jolies, ces 30 roses. ;-)

                                                                                                                                                         

 

 

Ça doit être impressionnant quand même, 10 000 roses… D’ailleurs on les voit, les pieds couverts de boutons prés à éclore… Je me console avec toutes les autres fleurs, de toutes les couleurs… Il fait un temps magnifique, je ne me suis jamais sentie autant en vacances depuis que je suis partie…

Et puis, la vue se défend. J

 

 

Dites bonjour au Mont Hood. ^^

 

Ensuite vient le Japaness Garden. Pour la première fois, être un « college student » me donne droit à, attention, 75 cents de réduction ! Hum, passons. C’est petit je dois dire, mais bon, c’est rigolo. Il y a des bonzaïs, des statues en pierre, des pommiers et des cerisiers en fleurs… Beaucoup d’érables rouges, dont je ne pensais pas qu’ils étaient typiquement japonais… Bien sûr, il y a aussi le « jardin japonais » en lui même, c'est-à-dire ces pierres au milieu des graviers, censé aider à la relaxation et qui, bizarrement, me stresse toujours. C’est trop bizarre, je sais pas… Vraiment pas mon truc. Enfin, pour la photo, allons-y pour un peu de « Zen attitude ». ^^

 

Il y à aussi une petite cascade, des petits ponts… Tout plein de fleurs bizarres… Un chouette petit jardin, quoi.

 

 

 

Redescente en ville où je commence le "sillonage" : place centrale, bibliothèque, pioners house, Ank Tower…  Beaucoup de musiciens dans les rues, beaucoup de homelesses aussi… On m’a recommandé le « Chiness garden », en plein cœur de la ville. C’est très…chinois, et américains en même temps : les rochers sont faux, et ¼ de l’espace est occupé par un grand « café » où on peut boire du thé ou manger de la "plus ou moins" chinesse food.







Mais enfin c’est chouette aussi, de l’eau, des ponts, des bambous…




On a vite fait le tour quand même, pas de quoi en faire tout un plat.



D’après la carte, je suis en plein Chinatown, mais heureusement que c’est précisé hein, parce que ça ne se voit pas vraiment…

 

 Me reste à voir "Powell", the largest bookstore in the world. Moi qui raffole des Borders (grands magasins de livres), j’en salive d’avance. Le dit store occupe prés d’un « blok », c'est-à-dire d’un carré d’habitation contenu entre deux streets et deux avenues. En clair : c’est vraiment, vraiment immense… Presque trop d’ailleurs, car comment s’y retrouver ? Il y a des cartes en couleurs en grand sur les murs : salle rouge pour l’Histoire et la Musique. Salle bleue pour la santé, la psychologie et la cuisine. Salle…. Ça n’en finit pas. Impossible de juste « flâner » dans les rayons, on se sent comme dans une énorme réserve… « Les livres ont gagné, c’est leur territoire » dirait Goldman. Drôle d’ambiance, qui n’est pas celle que j’attendais…

Je passe devant le rayon « christianisme » et « spirituality », et par simple curiosité, je demande à la petite dame là-pour-ça si ils ont un auteur du nom de Abd-ru-shin. Elle me trouve le nom du livre (« it’s comes in 3 volumes » lol Oui merci je sais), mais… « No we don’t have it. I can order it if you want. » Nan ben ça ira, mais c’est bien la peine d’être le plus grand magasin de livre du monde, et d’avoir tout et n’importe quoi en rayon.  

Par contre, au rayon « french littérature », je me marre… Il y a de tout, de Balzac à Patrick Poivre d’Arvor… Et là, que vois-je ? « Le petit Nicolas et les copains »… hihi ! Vous me direz qu’on ne va pas au bout du monde pour s’asseoir dans une gigantesque librairie et lire des histoires du petit Nicolas. Et je vous répondrai que c’est justement au bout du monde que ça me fait le plus plaisir de retrouver Marie Edwige avec son shoot terrible, Maixent et ses coups de poings sur le nez, Le bouillon et ses « regardez-moi bien dans les yeux ». Magie des livres, que de vous transporter en un instant en d’autres lieux, en d’autres temps… J

Je continue mon périple en traversant le Steel bridge jusqu’au Convention Center. Vue sur la Willamette river, les voiliers qui passent au gré du vent… Balade au bord de l’eau… Bus jusqu’à l’extrémité Sud de la ville.




Là, il parait que c’est une « cosy area », et de nouveau, je me dis que je ne comprendrai jamais les ricains. Une « cosy area » (un coin sympa), c’est une rue avec des restos. Beaucoup, beaucoup, de restos. Mais ça finit par bien faire, nan mais qu’est-ce qui ne va pas avec eux ?? Il faut manger pour vivre, pas vivre pour BOUFFER ! Bon, je sors de là, y’avait rien à voir. Je remonte tout le bord-de-rivière, dans la lumière du soir… Lumière qui baisse, d’ailleurs : cap sur l’auberge. La petite chinoise me demande comment était ma journée, si j’ai aimé Portland et… si j’ai bien mangé. M-D-R. En fait maintenant que j’y pense et en y réfléchissant une seconde je réalise que nan, j’ai bien dû boire quelques litres mais je n’ai rien mangé depuis le matin… Prise dans la course je n’y ai tout simplement pas pensé. Lol Je ne lui dis pas, la pauvre ne comprendrait pas. La cuisine met à disposition des pâtes et autres trucs de base, je me rattrape avec une plâtrée de flocons d’avoine.




Là je sais que je radote, mais vraiment les auberges, c’est cool !! 4 filles dans mon dortoir, chacune son histoire, son origine, sa destination… Entre celles qui « passent » et celles qui « restent », les voyageuses, celles qui cherchent du boulot… On discute un peu, s’entraide beaucoup. Une jamaïcaine m’explique comment me connecter au Wi-FI de l’auberge, en échange je la laisse checker ses emails… Douche et dodo. Wou ! Belle journée… Cap sur Seattle, Seattle, SEATTLE !! Rien de mieux pour s’endormir que de penser au voyage qui vous attend le lendemain…. J


J’émerge à 9h… Seule dans le dortoir. J’ai vaguement entendu des bruits dans la nuit, mais me suis retournée aussi vite… Elles ont du partir assez tôt. Moi j’ai le temps, mon train est à midi… de nouveau, packetage, checking out. On the road… Enfin vous avez compris le principe. ^^



En route pour la gare ! Plus ou moins en quête de breakfast je tombe sur une « boulangerie – pâtisserie »… Plaît-il ?? Là encore on me dira que c’est bien la peine d’être à des milliers de kilomètres de la France si c’est pour petit-déjeuner un croissant. Sauf que des étagères pleines de bons pains, avec une tête de VRAINS pains, couverts de farine et tout, étiquetés en kilos… RAA !! La baguette est à 2$75, soit plus de 2€, hum… J’me prends quand même une « ficelle noix et raisin », sous-titrée en anglais « Parisian baguette with nuts and dry grapes » lol… Ici, il y a des vrais couverts, et on les rapporte soi-même au comptoir. C’est une journée qui s’annonce très bien. J

Me voilà à la gare, puis dans le train… J’en ai pour 4h de voyage, à peine plus long que quand je vais à Strasbourg. Le paysage n’est d’ailleurs pas sans me rappeler ce dit trajet… Rivières, prés, petits bois…



Magie de la technologie, je peux « plucker » mon computer et organiser mes photos, écrire… De nouveau j’apprécie ce temps « perdu » dans les transports, temps qui ne demande qu’à être utilisé, et qu’on est quelque part forcé de prendre pour soi. Voilà exactement où j’en suis à cet instant T où je vous écris, très chères lectrices (je ne pense pas qu’aucun « lecteur » aura jamais le courage de me lire jusqu’ici. S’il en est un, qu’il se témoigne maintenant ou se taise à jamais…^^) . Goldman dans les oreilles, océan Pacifique par la fenêtre à gauche… Happy. J



Je suis en train de réaliser en me relisant que, si j’apprécie à 100% chaque seconde de ce voyage, je commence sérieusement à saturer de l’Amérique… Je suis sincèrement super contente d’être là, sur la côte Nord-Ouest des Etats-Unis, à réaliser quelque chose qui me trotte dans la tête depuis des années (réaliser ses rêves à 20ans, c’est quand même culotté quand on y pense…^^), et pourtant, vous avez dû le remarquer, je me sens de plus en plus homesick de la France… Depuis les mois que je suis là, je pense que ça doit être une fonction en forme d’hyperbole, et que le processus s’intensifie sur la fin…^^ Il est temps de rentrer. En fait ça tombe bien, parce que le retour approche… Me voilà dans la gare de Seattle, avant-dernière étape de mon périple.



Savez vous que c’est à Seattle qu’a été ouvert le premier Starbuck ?? Pour ceux qui l’ignore, un Starbuck c’est une sorte de café où on peut boire du café/thé de toute sorte (iced, latte,…) avec si on veut une part de quelque chose, un yaourt, une madeleine... C’est assez cher, comme partout, mais super sympa, et personnellement je suis devenu fan de ces p’tits trucs là… Il y en a PARTOUT dans tout le pays, d’Est en Ouest et de Nord au Sud : prenez n’importe quelle ville américaine, faites 10 pas, vous y êtes. Ils sont tous différents, avec leur propre ambiance (cheminé, fauteuils, déco…), mais vous y retrouvez les mêmes produits. C’est comme ça qu’on a tous notre « Starbuck’s drink », THE truc qu’on prend tout le temps dans un Starbuck. Chacun le sien… Perso, j’oscille entre le tall-vanilla-latte-decaff quand il fait froid et le grande-iced-latte quand il fait chaud. A-ddi-cted. Se poser dans un Starbuck, c’est un de ces petits plaisirs de la vie qui en font la merveille qu’elle est. Et c’est certainement l’une des choses qui vont me manquer d’ici! Ils sont vraiment très bons pour le café, moi qui ai horreur de ça en France (qui peut boire ce truc noir infect ?), je ne sais plus m’en passer ici (toujours decaff, si ça peut te rassurer maman…^^). Bref. Et ben à Seattle, le café, c’est une institution. Ils ont le meilleur du pays, et il y a des petits « coffee shop » à chaque block, parfois les uns à côté des autres. Tous pleins de monde… lol.







 

 


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Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /Mai /2009 07:57



 *before the next one...


Max et Daniele sont partis, me voilà seule avec ma valise et mon sac, fidèles compagnons de voyage… Je commence à bien connaître l’aéroport de Boston, mine de rien j’y suis passée… 14 fois. Lool Direction Denver ! Je ne me lasse pas des paysages vus d’avion… On longe un peu la côte Est, ses plages, ses villes… Et puis l’avion s’enfonce dans les terres, les champs, les lacs et les rivières. Et que vois-je ? Des ronds de couleur, immenses : des champs en forme de camemberts, cercles ou demi-cercles ! Extra ! C’est plus simple pour les machines, m’explique mon voisin. Au lieu de faire des carrés, les tracteurs et autres « tournent » littéralement…en rond. Mais ça fait perdre de l’espace, nan ? Car ces ronds sont rangés dans des carrés, et il y a donc une partie qui n’est pas cultivée, laissée à l’abandon. « Space » ? Le voilà qui rigole : l’espace, ce n’est pas ce qui manque ici… C’est vrai que ces ronds s’étendent à perte de vue, dans toutes les directions… Le « grenier » des US. C’est quelque chose de l’étudier en géographie, et de colorier cette partie de la carte en vert ; c’en est une autre de voir ce paysage surréaliste. Où sont les fermes, les fermiers ? Je ne vois que des champs, tous de la même taille… Patchwork sans fin de ronds de couleurs. Au moins, c’est artistique vu du ciel.
J

Apparaissent les montagnes, les « rocky mountains »… Magnifique. Le Colorado… Me voilà à Denver, où bien sûr je n’ai le choix qu’entre shuttle et taxi pour rejoindre l’hôtel. Car je dors à l’entrée de la ville dans un hôtel digne de ce nom : quel bonheur de retrouver un lit, un vrai ! Je me sens tellement bien d’un coup avec une vraie couette et tout (pas ma daube de Worcester) que je m’endors à peine touché l’oreiller et fais le tour du cadran d’une traite. Rââ… J

Bon, c’est pas le tout, mais je ne suis pas venue là pour dormir. Je n’ai qu’une journée à passer dans la capitale du Colorado : let’s go !!


 
Je demande au guichet quel est le meilleur moyen de me rendre en ville. On me demande où est-ce que je veux aller… Etrange question, je n’en  sais fichtre rien ! J’essaie d’expliquer la situation : je n’ai qu’une journée à passer à Denver, je ne connais absolument rien de la ville. Par où commencer? réponse à l’américaine : « I’ll take you to the 16eme street. It’s a nice place, with dinning and shopping. » Tellement caricaturale… Je demande ce qu’il y a à voir dans la ville, on me répond où manger et où faire du shopping. Normal.


Bref me voilà larguée dans la 16eme, qui s’avère une belle avenue bordée de magasins et restaurants en tout genre. Là, quelque chose me frappe : l’endroit est réservé aux piétons, et au « free shuttle » qui parcourt l’avenue et vous emmène d’un point à un autre. Plait-il ?? Un free shuttle ? Pincez-moi ! Et véhicule hybride qui plus est ? Je dois rêver. En une seconde, je suis conquise, Denver est élue ville des Etats-Unis de l’année. 
J La rue est animée, jolie, presque pittoresque… Il fait beau… J’entame le quadrillage de la ville.









Et à ce stade, je dois dire que je ne comprends pas pourquoi est-ce qu’on entend jamais parler de ville comme Denver. C’est vrai, pourquoi faire tout un flan des métropoles de la côte Est qui n’ont aucun charme particulier et se ressemblent toutes ? Je ne m’attendais à rien de spécial pour être sûre de ne pas être déçue. Et bien je suis bluffée !! Cœur culturel, historique et politique de la région, la ville regorge de monuments en tout genre, églises, musées… C’est la capitale de l’Etat, et son capitol ressemble énormément au capitol national à Washington, le doré de la coupole en plus. Des parcs, des statues… J’apprends que la ville est célèbre pour son activité artistique. Partout, des sculptures géantes, des peintures… Les bancs, les bus, les murs : tout est coloré, designé, couvert de dessins… Et puis il y a ces vaches/taureaux partout, en bronze, en pierre, en bois : l’histoire de la région transparait à chaque carrefour. Car Denver a une histoire !! Aux origines de la ville : de l’or… On en trouve dans la région, et c’est la ruée. Les mineurs génèrent d’autres activités : plus ils sont nombreux, et plus la « mine » se structure. Les hommes viennent pour trouver de l’or, les femmes pour travailler pour les mineurs (nourriture, linge, etc…) et la ville se construit comme ça… 






L’aspect « cow boys » se respire partout : il est tout à fait normal de se balader avec un chapeau de cuir sur la tête et des ceintures à boucle, voire des bottes à éperon. On sent que les choses n’ont pas tant changé depuis l’époque du Far Ouest… Perso, j’aime bien. D’ailleurs, les cow boys et moi avons un gros point commun : envie de VIANDE !!!^^ Je vois plus de steak house ici que nul par ailleurs : du bœuf, et en gros morceaux s’il vous plait. 
J

 





Je me renseigne pour visiter le capitole (Denver est "the state capital of Colorado") : pas de souci, suivez moi, me dit une dame autour des 70 ans. Je me dis qu’elle va me faire rejoindre un groupe ou autre, mais nan, elle m’emmène dans les différentes salles et me raconte toute l’historie du bâtiment, de la région, la ville… La construction, les matériaux, les dates, les noms, les anecdotes.. On sent qu’elle sait tout sur tout, et qu’elle aime en parler ! Extra. L’alarme à incendie retentit alors qu’on s’apprête à monter dans le dôme. Zut ! Il faut sortir. Ma pauvre guide en est toute chose : c’est la 1er en 40 ans de service qu’elle voit le bâtiment évacué ! C’est bien ma vaine. Enfin, j’en ai déjà pas mal vu.






Je continue du côté de Civic Center, marche dans les parcs et différents quartiers de la ville… Des vaches, encore et encore…lol Je me pose au bord de l’eau : suis-je bien au centre ville d’une grosse ville ? Cascades, buissons… Les gens font leur jogging ou du vélo. Tranquille. 
J Je longe la rivière jusqu’à un embranchement qui me rappelle la Vanne : les enfants sont dans l’eau jusqu’aux genoux et construisent… un barrage. :p Pourquoi les enfants construisent-ils toujours des barrages dans les rivières ? Mystère et boule de gomme, mais toujours est-il que c’est international. ^^



 

 



En retournant vers la 16eme j’aperçois une sorte de grand hangar sur lequel se lit : « vitamine market ». vitamine ? Marché ? 2 mots peu usités en ces terres de cow boys. Intriguée, je pousse la porte… Et me retrouve en une seconde à des kilomètres de là, à bio nature à St Dizier. Là, j’ai vraiment bien rigolé… Vérification empirique de la « théorie du magasin bio ». Deux aspects de cette théorie :

-          L’odeur bizarre, indéfinissable, qui ne vient de rien en particulier mais imprègne tout dans ces magasins, vous y compris si vous y restez trop longtemps. Personne ne saura jamais d’où vient cette odeur, c’est celle des magasins bio de part le monde, c’est tout.

-          Les vendeurs. Flegmatiques, maigres, lents. Semblent vivre dans un monde à part, ou le mal et les hamburgers n’existent pas.

 

Pour le principe, je m’achète de quoi manger ce soir, ça m’évitera un sandwich ou autre. Je m’en vais d’ailleurs manger tranquillement au bord de l’eau. La vie est belle…









Je voulais voir la ville de nuit, mais le « touriste information » ne sait pas quoi me recommander. Depuis le 11 septembre ils ne laissent plus personne monter dans les tours de bureau ou habitation… qu’à cela ne tienne, je peux peut être au moins entrer dans l’un de ces nombreux bars à blues avec de la musique live ? Je vois un endroit sympa, avec orchestre et piano. Je tente. « Do you have an ID ? » argh. Allons bon. Je tente d’expliquer que je ne veux pas boire. C’est vrai quoi, je m’en fiche à la fin, c’est pas de ma faute si ils ont un problème avec l’alcool dans ce pays, moi ça va très bien, j’ai pas besoin de picoler pour être heureuse, merci ! Grr. Je ne sais pas quoi dire tant la chose me parait absurde. La solution vient d’elle-même : « she’s with me. » Une brune d’une quarantaine d’année vient de m’attraper par l’épaule et explique au vigile que je suis une cousine venue de pétaouchnok pour lui rendre visite, et qu’elle veut absolument me montrer le bar. A ce que je comprends, c’est une habituée. Le gars n’est pas dupe du tout mais me laisse entrer. Je n’aurais pas cru que ça puisse être si facile ! Me voilà donc dans un bar, en toute illégalité. 
J L’intérêt, c’est le piano à queue au bout de la salle et la chanteuse de blues qu’il accompagne… Sympa ! J’entreprends de discuter avec ma « sauveuse »… Sa mère est française, bien sûr, et elle parle couramment le français. Elle a d’ailleurs vécu à Paris, et connais aussi Strasbourg… Plus rien ne me surprend, ce monde est si petit… Nous voilà parties à discuter comme deux bonnes amies, et je lui explique que je pars demain. J’ai trouvé la ville super, et mon seul regret serra de ne pas l’avoir vu de nuit. Qu’est-ce ? Il faut résoudre ça ! Elle habite au 16eme d’un immeuble qui surplombe la ville, on peut monter sur le toit, la vue est superbe. C’est à 5 minutes. Ma foi, cette petite bonne femme m’a l’air bien sympathique, et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire je me retrouve sur le toit du dit immeuble à admirer Denver by night… C’est vraiment superbe…








Elle propose de me ramener à mon hôtel, relativement loin, et je ne refuse pas car je ne me sens pas de marcher seule jusqu’à là-bas. A côté de la voiture, je remarque une moto. « You want to go by moto ? » Mdr, bien sûr ! C’est parti pour la traversée de Denver à l’arrière d’une petite moto rouge… Je rêve. La skyline défile, cheveux au vent je me dis que décidément, la vie est faite de ces petites choses… ^^


Après une telle journée, je ne peux que bien dormir… Live Denver et le Colorado !

A peine réveillée, je réalise que je n’ai plus que quelques heures à passer dans la ville : mon avion décolle à 3h, et il me faut le temps d’aller à l’aéroport… Hurry up !


D’abord, quelques emplettes… Car je n’ai encore rien acheté à Denver ! Il me faut des souvenirs, de quoi manger pendant le voyage, et accessoirement, un appareil photo. Je me suis déjà bien renseignée la veille (et me suis déjà mise une paire de vendeurs à dos, les pauvres …lol) so me voilà ready. Je prends le moins cher de ceux que j’avais repérés, parce qu’après tout c’est juste pour prendre des photos hein on va pas en faire toute une histoire… 


Dernière marche dans la 16eme, c’est vraiment sympa… Puis direction le bus. Car il y a des bus, à Denver ! Des bus de toutes les couleurs qui, pour la modique somme de 10$, se proposent de me déposer à l’aéroport. J’ai déjà dit que j’aimais cette ville ? 
J Je le redis. Bref. Dans le bus, je discute avec un jeune afro-américain qui me parle de Denver, de l’aéroport, etc… Il travaille au « security point ». Je lui dis à quel point je déteste tout ça…^^ J’ai toujours des problèmes avec le security point ! Bien sûr, cette fois ne fait pas exception. Parait que mon « sac »  trousse de toilette est trop grand, et voilà un gros pas sympa qui s’empare de ma super-crème-solaire-dont-je-ne-dirais-pas-le-prix-c’est-indecent-20$-le-petit-tube-mais-que-j’ai-acheté-en-fermant-les-yeux-et-en-pensant-fort-à-maman, et va pour la jeter avec un simple et froid « you’ve got too much liquid in here. Without that you’ll be fine ». noooooooon !!! Horreur et damnation. Quand soudain : « she’ll be fine, come on Dude, I know her, leave her alone… » : mon pote du bus. Et le gros de ronchonner, et de me rendre mon tube. Ouf. Ben j’ai du bol moi. Vous me direz c’était qu’un tube de crème hein, mais sur le principe, quand même. :p


Bref me voilà dans l’avion. Et là, laissez moi vous décrire mes deux voisins, je vous jure je n’exagère rien. A ma gauche : ironman. Couvert de tatouages divers et variés, trous dans les oreilles de la taille d’une mandarine, piercings absolument partout, trucs sous la peau le long du bras qui lui font des taches de léopard… Enfin on a tous déjà plus ou moins vu des cas comme ça, pour lesquels je ne peux m’empêcher de me demander comment ils font, eux, au security check point. Parce que ça doit sonner, tout ça ! C’est marrant parce qu’il a des piercings qui sortent directement de la peau, comme ça, des « points » comme des petits clous, et je me demande bien comment ils sont arrivés là. Bref j’essaie de ne pas le fixer, mais c’est bizarre d’être assis à côté d’un tel spécimen. Surtout qu’il a plusieurs tatouages sur le visage (étoiles, fées, signes tribaux), ce qui n’est pas courant et attire vraiment l’œil. Je me dis que j’ai le voisin le plus original de l’avion, quand arrive ma voisine de droite. M-D-R. Petite black couverte de bijoux, fagottée dans des habits brillants dorés, avec des ongles violets pailletés de 5cm et des chaussures pointues blanches et or… Brillante, clinquante, de toute évidence riche et, au premier abord, de très mauvais goût. Mais il ne faut pas juger qu’ils disent, alors j’entame la discussion avec ce phénomène. Elle me dit qu’elle vend des maisons ici, et ça a l’air de bien marcher pour elle… Elle est vraiment marrante, tellement caricaturale que c’en est comique... Pour elle, Vegas est le paradis sur terre, elle ne peut vivre nulle part ailleurs. Je vois pourtant un autre lieu sur Terre qui pourrait lui convenir…  Not even Miami? … « Ah ! Maybe Miami too, you’re right… » Tiens comment j’ai deviné ? Bref, Vegas vegas vegas, les hotels, les shows, les clubs… Si elle est déjà allée à Paris ? « I shopped till I passed out… » (“j’ai fait du shopping jusqu’à en mourir »): elle est bien sûr fan des galeries Lafayette et de toutes ces grandes étiquettes françaises... Mais bien sûr. N’empêche, je rentre dans son jeu et surfais un peu mon enthousiasme pour la ville… Ravie, elle me propose de me déposer à mon hôtel, et me dit de l’appeler ce soir pour faire le tour de la ville dans sa limousine privée. D’ailleurs, elle me tend sa carte, et que vois-je ? Century 21…lol Ben oui, rappelez-vous, elle vend des maisons… 
J

C’est son mari qui vient la chercher. Je vois débarquer une Cadillac blanche, d’où sort un black en chemise hawaïenne bleu et jaune : grosse croix en or autour du coup, lunette de soleil, et chaussures cirées noires et blanches, tout y est. Pincez-moi. Quel couple ! Je crois avoir tout vu quand j’entre dans la voiture : intérieur cuir rouge cuivré, moumoutte, doré… Plus quitch tu meurs. Les deux ne se lassent pas de me dire où aller pour « have fun » tonight. Je leur ai déjà dit que je n’avais pas 21 ans mais ils n’ont pas l’air d’avoir vraiment compris…^^ Enfin ils sont vraiment extras dans leur genre.



 
Me voilà à mon hôtel, où je retrouve mes 3 espagnoles (Iria, Eva, Lola) et Suet ching au café du lobby. Ça fait plaisir de les voir !







 Il est 6h du soir, et je n’ai qu’une hâte : sortir enfin découvrir cette ville dont ont parle tant… Le « strip », la rue des hôtels/casinos, est à 5 minutes à pied. Let’s go ! On pose les valises dans la chambre, et c’est parti ! Hum. Ou presque. J’allais oublié l’espagnolosité de mes compagnons de route. Il faut d’abord se reposer. De quoi ? Va savoir, mais c’est important. Eeeeeeasy. Alors on prend une douche. Les voilà en pyjama. Ça discute. Je bous. Si on sort ? Oui oui, soon. Il faut se reposer encore un peu. Je me force à respirer comme si j’allais accoucher. Après tout, ça ne sert à rien de se stresser, je suis en vacances…



Là, il va falloir attendre un peu pour lire ce qui m'est arrivé à Vegas, parce que je pense que cet endroit plus qu'aucun autre se raconte en image. Et mon appareil étant en charge (24h d'affilé la première fois) j'ai du utiliser celui d'Eva... Bien sûr je la tanne depuis pour en avoir queque unes, mais ça prendra sûrement encore du temps. Alors, le récit de Vegas attendra!^^


Départ à l’aube. 8h30 dernier carat, il faut être parties. MDR, je n’ai même pas répondu quand Iria m’a dit ça. Je me marre. Moi qui suis toujours « juste à temps », voir légèrement à la bourre (bon d’accord, systématiquement en retard…^^) je ne comprendrai jamais les espagnoles. 10h, il faut petit-déjeuner. 10h30, il faut refaire les valises. 11h, il faut check out. LA à 3h de l’après midi ? Je rigole, je rigole. 11h30, il faut passer à la banque. 12h… On peut y aller. Ça ne nous fait que 3h30 de retard sur l’horaire, pas mal. J


On a environ 6heures de route, mais ça me va très bien… J’aime bien rouler d’une manière générale, regarder passer le paysage… C’est d’autant plus agréable à plusieurs, de préférence en plusieurs langues, au milieu de « Death Valley »…








 Ici, les cactus sont de véritables arbres et forment une forêt clairsemée qui se poursuit pendant des heures… Puis le désert laisse place aux montagnes, les palmiers succèdent aux cactus. La végétation se densifie, on s’éloigne du désert…


Quand il s’agit de manger au milieu de nulle part, on adopte la seule tactique possible : s’arrêter au premier truc qu’on trouve. Le premier truc, ça s’appel « Peggy Sue ». Et ça s’avère un restaurant basé sur les années 50…








Extra. Elvis, Maryline, les plus grands sont tous là… Dans les vitrines du magasin de souvenir, des betty boops dénudées côtoient des petites vierges en bois. Ben voyons. La déco et l’ambiance de l’endroit sont vraiment sympas, et de nouveau les espagnoles sont aux anges…





De nouveau dans la voiture, avec cette fois plus de 5h de retard sur l’horaire vu le temps passé chez Peggy… C’est qu’elles ont rendez-vous avec un des étudiants de Suet-Ching, Bernardo. Pour vous résumer la situation, cet élève vit à Los Angeles et a proposé de les loger et de leur faire visiter la ville. Il leur a réservé une suite dans un grand hôtel à la sortie de la ville… N’étant pas prévue dans le plan, je me suis organisée à part : pour moi ce sera auberge de jeunesse à Santa Monica, petit quartier sympa de LA en bord de mer. Pour l’instant, il s’agit de retrouver le fameux Bernardo qui nous a attendu toute l’après midi… Le pauvre. Il ne savait pas, lui, à quoi il s’engageait avec des spanish… ^^

Comme il n’est pas rancunier, il nous emmène dans un « restaurant californien ». Je m’attends au pire, et j’ai raison : burger place. Croyez-le ou non, je mange mon premier hamburger depuis mon arrivée aux US ! Il n’y a vraiment RIEN d’autre dans un « burger place ». Ce n’est pas si mal, après tout…

Il nous fait visiter chez lui, et là je dois dire : WOUA. L’argent ne fait pas le bonheur et blablabla, mais y’à quand même des gens qui ont de la chance. Grand piano à queue dans le salon, écrans plasmas dans toutes les chambres, jaguars et mustang dans le garage, piscine bordée de pierres vertes sur la Terrace… Normal, quoi. Standard classique pour un étudiant de Holy Cross. Nan, je ne suis pas jalouse, je ne manque de rien et ma vie me va très bien comme ça merci, mais ça fait bizarre d’être dans une telle maison. Je remarque une belle moto dans le jardin… Dites voir… Mais ne serait-ce pas une Harley Davidson, ça ? J’y connais pas grand-chose, mais ça y ressemble bien ! Oui oui, c’est sa Harley. Il a pas le permis, mais bon, sa grand-mère lui en a offert une. « Do you want a ride ? » Ben pas qu’un peu, mon neveu ! Pas que je sois spécialement folle de moto, mais on ne rate pas l’occasion de faire de la Harley Davidson sur la route 66 à Los Angeles…J D’ailleurs, le moment s’immortalise:

 













Les espagnoles sont littéralement hystériques…^^

Remise de nos émotions, nous voila à Jogourtland pour un yogurt glacé. Miam ! Ils savent quand même vivre, ces Californiens…

                        










Puis mes chauffeuses me déposent à Santa Monica dans mon auberge, qui s’avère vraiment sympa. Il y a déjà 5 filles dans le dortoir mais peu m’importe, le lit est confortable, et je dors comme un bébé. Je n’ai encore rien vu de LA et la journée de demain s’annonce dense !

 

Dans le descriptif d’un hôtel ou hostel, « Petit déjeuner inclu »  signifie « free food », concept que je découvre cette année. Cela consiste à ne pas sortir de table avant d’avoir mis dans son estomac et dans ses poches de quoi tenir toute la journée…Et de rentabiliser ainsi le prix de la nuit. ^^ Ambiance à la bonne franquette des auberges internationales : ça cause toutes les langues, ça mange de tout… Et ici, pas de plastique, pas de carton : que du vrai, et chacun lave sa tasse. J’adhère. Et tout est comme ça : envie d’une omelette ? Les œufs frais sont là, la poêle là-bas. Demerden sie. J

Enfin dehors. Il est 8h, et je n’ai encore aucuns projets précis pour la journée… Direction le Pacifique. La plage est à 100 mètre de l’auberge…Et à cette heure, il n’y a pas foule…

 




J’ai vu énormément de palmiers à Miami et en Arizona, mais je dois reconnaître que ceux de LA sont plus beaux, plus grands, plus « propres ». Ce sont des palmiers « parfaits », touffus, bien comme on les imagine… Comme dans les films, quoi. ^^









L’eau est belle, les vagues aussi… Une bande de copains vient de se poser sur la plage. Je les vois se préparer à la course, puis  courir comme des balles vers l’eau… Les voilà qui éclaboussent, cours encore… Ralentissent… Puis s’arrêtent, de l’eau pas plus haut qu’au mollet. Demi-tour. C’est la débandade…lolol Hilarant, elle ne doit vraiment pas être chaude… Pour m’en assurer, j’approche un pied. Argh !!! D’accord. Et ben se sera sans moi ! Je me contente de marcher le long des vagues… Mes pieds se font au froid, et je traverse toute la plage de « Venice ». Galets de couleurs, vagues, odeur de sel, rayons de soleil matinaux… Rââ…







Petite balade dans Santa Monica, et retour à l’hostel pour le départ d’un « tour » de la ville. Ne sachant pas exactement ce qu’il y a à voir ici, et ne me faisant plus aucune illusion sur d’éventuelles transportations, je m’en remets à « ceux qui savent ». Me voilà donc dans un petit bus qui va m’emmener d’endroits en endroits toute l’après midi… On commence par le Santa Monica Pier, puis les maisons des stars. Là, mon inculture cinématographique m’apparait dans toute son ampleur… La situation est pire que je ne le pensais. Le chauffeur annonce chaque célébrité en faisant durer le suspens « he played in X movie with Y… », « he got the X oscar in Y year… » . Dans le bus, ça réagit : les noms fusent, les flash crépitent contre les fenêtres. Je me sens un peu seule : « here i sthe place where X murder Y dans Z movie… » « OH MY GUSH !!! » tout le monde est en transe, sauf moi je ne connais ni X ni Y ni Z. Equation insoluble, informations manquantes… Qu’importe, les maisons en elles-mêmes sont impressionnantes et méritent le détour ! Et puis, par-dessus tout, l’américanosité de la chose vaut son pesant d’or. Cette « chasse à la star », ce culte de la richesse… Le guide est déchainé : « who’s is this girl, there ? Is it a celebrity ? Get her picture !! » 
J Il joue sur le comique de répétition et nous sort ça chaque fois qu’on croise une super voiture, c'est-à-dire toutes les 30 secondes. « Who’s this child there ? Is it Madonna’s adoped girl ? Got her picture ! » Ce gars est cinglé. J









Nous voilà à Bel Air, THE quartier huppé de Californie. Madonna habite ici, Al Pacino là-bas, Schwarzenegger de ce côté… Grand bien leur fasse, vous me direz. L’endroit est sous haute sécurité, et on ne voit souvent que le mur entourant la propriété des dites célébrités, ce qui n’entame pas d’un yota l’enthousiasme des américains. Rendez-vous compte, loin là-bas derrière la barrière on entre aperçoit un morceau vert du jardin de Will Smith !!!^^

 Pauvre monde.

Passage par Beverly Hills et le quartier des magasins de luxe. Les hauts couturiers se suivent, les grandes bijouteries se font face… Juste pour le fun, je rentre dans un Louis Vuitton, un Chanel, un Cartier… Je  ne peux pas m’empêcher de rigoler en voyant, bien mis en valeur sur une estrade de verre… une paire de Tongue. Griffées bien sûr, mais enfin ça reste des tongues toute simple… Je cesse de rire lorsque je vois le prix : 643$. Pardon ? Elle est où la caméra cachée là ? 500€ la paire de tongue. Pas de panique, par ici la sortie. Je fuis cet endroit qui a tout simplement perdu la tête… C’en est trop, et tout cet argent gaspillé me donne la nausée. Même si j’étais milliardaire, je ne m’achèterais jamais une paire de tongue à 643$. C’est une véritable insulte à la face de la misère, et une atteinte au bon sens.

Plus intéressant mais tout aussi superficiel, the « hall of fame » et « chinese theatre » où se trouvent les fameuses « empruntes »… Il s’agit en fait de Dalles dans lesquelles sont marquées les empruntes de mains et/ou pieds de célébrités, avec leur signature et parfois une phrase, un message. Je ne connais pas un nom sur 3… L’endroit est bondé de touristes bien sûr, et notamment de français… On sera content d’apprendre que j’ai de plus petits pieds que Tom Hanks ou Gorge Clooney. En fait, je m’en serais même doutée…^^








 Non loin de là la fameuse allée des étoiles, et de nouveau je me sens étrangère à l’hystérie collective : d’étoile en étoile, les noms se suivent et ne me disent rien… Je reconnais Barbara Stressand, Godzilla, Mickey Mouse et Céline Dion. Pas de quoi être fière.  Le plus drôle sur ce boulevard, c’est que les personnages de film s’y promènent ! Ici et là, les héros de Scream ou pirates des Caraïbes côtoient les clones de stars war, Bob l’éponge et cat woman. Pour quelques dollars, ils seront pour toujours dans votre album photo…







 Les gens sont trop contents de rencontrer Jack l’éventreur ou Snoopy. De nouveau, « have fun » est le maitre mot.

Reste à admirer la ville d’en haut, et à voir l’un des symboles de la ville : the Hollywood sign. C’est un peu brumeux, on ne voit pas très bien, mais enfin here we are : Hollywod… C’est marrant de voir ça en vrai…











Dernière étape à Universal studio, le super parc d’attraction basé sur les films hollywoodiens, et plus généralement du grand et petit écran. Je ne rentre pas, trop cher, pas le temps et aucun intérêt. Vous l’aurez compris, moi et le cinéma, ça fait 3. Pour le symbole :

 

 







Retour à l’hôtel, ouf ! J’aurais vu au pas de course tout ce qu’il faut voir à LA. Une bonne chose de faite. Ville de fou…

Pour finir en beauté, balade dans la third avenue, une belle petite avenue pavée de Santa Monica. « Shopping and dinning », comme toujours… Magasins, restaurants, magasins et restaurants. Entre les deux, des danseurs, des acrobates, des musiciens en tous genres… On se croirait à la cour des miracles, avec des danseuses du ventre et des dresseurs de serpents ! L’endroit reste animé jusque tard, rarissime pour une ville américaine… Dernière ballade au bord de l’eau et passage par la jetée. Dans le film Forest Gum, il parait qu’il passe par ce port lorsqu’il « court »… En souvenir, un grand restaurant Bouba Gump propose un maximum de plats à base de crevettes, hommage à ce cher Bouba auquel on s’est tous attaché et qui meurt bêtement pendant la guerre du Vietnam.

Home. Je ne me lasse pas de regarder la faune de l’auberge : habits en chanvre, dreds… Des gars pas rasés et des filles pas maquillées ; ici l’apparence ne compte pas… Des voyageurs, des rêveurs, des jeunes, des aventuriers. Je me sens parfaitement bien dans cette petite communauté qui n’a rien de communautaire…^^

Dernière nuit à Los Angeles, départ pour San Francisco. SAN FRANCISCO !!! J

J’ai hâte de retrouver la ville… J’en ai un tel souvenir ! De tous mes voyages cette année, SF compte parmi le meilleur. Certainement grâce à Joanna aussi. Qu’importe, j’avais été frustrée de ne pas pouvoir tout faire et m’étais promis juré de revenir. Je n’aurais jamais cru que la vie me donnerait cette occasion si vite.

D’abord, il y a deux jours à passer à 5 dans la voiture. Vais-je survivre à cette promiscuité ? Départ assez tard de Los Angeles, et premier arrêt à la plage de Malibu. Celle où a été tourné « bay watch », c'est-à-dire… alerte à Malibu, évidement. Lol Et ben c’est une belle plage ! Rien d’autre à signaler. On continue vers Santa Barbara, très connue aussi pour ses plages… Petite ville bien sympa, que j’aurais bien visitée ! Sauf que je ne voyage pas seulement avec des spanish, mais d’abord et surtout avec des…filles. Et c’est bien pire. Les voilà parties à faire du shopping. Oye, j’attends dans la voiture, moi toutes ces fringues, ça me rend folle. Je ne suis pas là pour ça… Je profite des fleurs, du soleil…





Puis le soir tombe, il faut trouver un Motel. C’est qu’on ne sait toujours pas où on va dormir ! Il n’y a que l’embartas du choix, seulement voilà, Lola, au volant, n’aime pas les « crapy places », c'est-à-dire les trucs pas terribles, des motels quoi… Nan nan, quand je suggère de s’arrêter ici où là j’ai droit à « I don’t like this place. » et c’est la fin de la discussion. Bien sûr, sauf que l’allure de l’endroit et le prix de la chambre sont inéluctablement liés, très chèrs… Et ces dames cherchent quelque chose autour de 50$ (hahaha) la nuit… Moi aussi je voudrais bien une belle chambre dans un charmant petit hôtel avec petit dej, Internet et tt confort, le tout pour quelques dollars. Comme dirait Coluche, « vaut mieux être riche et en bonne santé qu’être malade et sans le sous ». C’est sûr… Sauf qu’à ce compte là autant passer la nuit dans la voiture, parce qu’on est pas prêtes de trouver. Bref, je les laisse tourner en rond, perdre leur temps. Une heure passe, la tension monte, je commence à m’énerver : est-ce qu’on va dormir là oui où non ? On brûle de l’essence pour rien, et ça commence à me gaver. Ça suffit : je repère un « Best Western », là où j’ai déjà dormi. Ce n’est pas un trou à rats, mais ce n’est pas trop cher non plus. Vamos ! Je ne pose pas la question, on s’arrête là, point. Bon, plus de 100$ la chambre, mais en même temps, on est 5… Je dors avec Eva et Iria, soit 3 personnes dans un lit initialement pour 1, heureusement très large (sûrement prévu pour un 1 américain…).

Le lendemain, gavage au petit déjeuner(voir précédente réflexion sur la free food…^^) et c’est reparti ! La journée se passe entre route, paysages et arrêts. La Californie est magnifique, verdoyante, vallonnée…















Il y a les montagnes à droites (petites montagnes, mais jolies) et la mer à gauche. Le Pacifique est superbe…





Je ne me lasse pas des paysages, à perte de vue… Il faut s’arrêter très régulièrement pour take des pictures, se balader, respirer, admirer… Il y a de quoi, avouez!:D










 

 


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Dimanche 17 mai 2009 7 17 /05 /Mai /2009 08:44

Etrangeté de l’homme que cette manie de ne pas savoir ce qu’il veut… Les derniers jours de mon année à Holy Cross arrivent enfin, et me voilà toute chose, toute nostalgique, toute émue… Je n’avais pas réalisé à quel point tout serait « fini » à mon retour de Miami : par un quelconque hasard j’ai mes exams les 2 derniers jours de la période d’exam, et la plupart des étudiants sont donc déjà partis… Au début, le campus semble encore vivant avec le va et vient des voitures chargées, des parents, des petits frères et sœurs… car c’est une tradition ici j’ai l’impression : que vous ayez 18 ou 23 ans, papa maman viennent vous chercher dès la fin de votre dernière épreuve… Du coup, les cafétérias ferment, les « cafés »… La gym a fermé avant que j’aie pu récupérer mes affaires, et c’est toute une histoire pour la faire rouvrir ! Comme je suis dans la « staffroom » (salle pour les profs), on ne me fait pas trop d’histoire… Je ne retournerai pas à la piscine une dernière fois… L

 Et puis, c’est le grand rush : nos « dinning dollars vont disparaître !!! » Vite, tout le monde se précipite au « lobby », petit magasin du campus qui ferme lui aussi… Le jeu consiste à prendre tout ce qui reste sur les étagères déjà bien dégarnies…  « we basically cleaned the all thing » sort une espagnole…lol C’est pas faux ! Du coup, les 2 jours qui suivent sont une véritable gabegie: il s’agit de finir les placards!! Je n’arrive pas à croire qu’il me reste tout ça… Tout le monde cuisine, et nous voilà à chaque repas tous ensemble dans mon salon à partager nos derniers moments, entre rire et larmes…

C’est que je réalise qu’ils vont me manquer ces ptits FLAs ! Avec toutes nos différences et tous nos défauts, on s’est quand même bien amusés ensemble et on a vraiment passé des bons moments… Je me rends compte que j’ai passé mon année à bosser et que je n’ai pas profité des gens autour de moi… Bien sûr on se promet de se revoir… Je sais que ça se fera pour certains, pas pour d’autres…

C’est quand même bizarre ce serrement au cœur… Je ne me lasse pas de parcourir le campus, désert …Monter, redescendre la colline… Tant de souvenirs… Sortez les violons et les mouchoirs, le moindre détail me rappelle quelque chose, quelqu’un… Incroyable tout ce que j’ai pu vivre en quelques mois ici! Ça n’a pas été forcément « merveilleux », et loin d’être facile, mais ça été dense, ça c’est sûre. Intense.  

Le printemps est enfin bel et bien là, les jardiniers s’activent et la nature a repris le dessus. Le campus s’éveille, superbe … Mais pour qui, pour quoi ? Je ne comprends toujours pas pourquoi on nous a demandé de rester jusqu’au 10 (sachant qu’on est pas payé en Mai !) alors que tout le monde est parti et qu’il n’y a plus rien ni personne. Si, il y a des fleurs… Qui eu cru que tant de lilas se cachaient parmi les buissons ? Et que les arbres morts aux branches cassées par la glace se couvriraient de fleurs colorées ? Et ces fichus fleurs qui tombent nonchalamment au gré du vent rendent le tout insupportablement propre aux larmes, aux regrets et aux souvenirs. Je déteste ça. Pouah.

Mais j’ai cette mauvaise habitude de m’attacher aux endroits, aux petites choses, à ces habitudes dont on ne prend conscience que lorsqu’elles cessent. Il y a quelques semaines seulement j’aurai donné cher pour avancer le temps et partir d’ici. Aujourd’hui que j’en ai fini avec le boulot et tout ce qui s’en suit, je ne me souviens que du meilleur, et je n’arrive pas à croire que tout ça soit fini.

Le premier à partir, c’est Ted. Ted, un étudiant, copain de la mexicain et certainement mon meilleur ami ici depuis quelques semaines. Flegme britannique et accent américain avec un humour « pince sans rire », j’ai mis des mois à le comprendre. Depuis que j’y suis parvenue, on a passé pas mal de temps ensemble et il me fait bien rire… Sacré Ted. Il s’est mis en tête de faire des crêpes à chaque fin de « party », c'est-à-dire souvent assez tard… Quand les gens commencent à aller se coucher, un seul cri de guerre : « let’s make crepes ! » lol Il est tellement enthousiaste, comment résister. Alors on fait des crêpes, à toutes heures du jour et de la nuit… Il est étrangement doué, pour un américain ! Il faut dire que je ne lui ai pas trop posé la question : lui qui n’avait jamais cuisiné, je lui ai mis la spatule dans une main et la poêle dans l’autre… MDR le pauvre avait l’air désespéré (« all right… »), mais s’en est très bien sorti ! Depuis bien sûr il est très fier de son savoir faire et en fait partager tout le monde. Pour la peine, je lui ai légué ma crêpière achetée en France à Noël et que je n’avais pas l’intention de remmener de toute façon. Il en avait les larmes aux yeux, que je lui laisse ma poêle en lui disant au revoir… Bref, Ted, un bon gars.

Et ça n’a pas été facile de lui dire au revoir, « adieu » plutôt, car je sais bien que je ne le reverrai pas… La mexicaine non plus… Ils ne sont ensembles que depuis quelques mois, et savaient pertinemment qu’ils n’avaient pas d’avenir, mais se sont inévitablement beaucoup attachés… Bouh, c’est la première fois que je vis quelque chose d’aussi triste. Pour couronner le tout le voilà qui hug tout le monde et moi en dernier, avant de partir vers le campus pour la dernière fois… Argh…

La deuxième à partir, c’est Joanna. Elle rentre tout juste de San Francisco avec son copain (que tout le monde a adopté, surnommé « patatou ») et s’en va dés Samedi. Brrr… Mine de rien, sans elle, je ne sais pas comment j’aurais fait. Rien que de repenser à tout ce qu’on a partagé j’ai le cœur qui se serre encore et encore… Rien ne vaut l’adversité pour souder une amitié, et de l’adversité, on en a eu. Alors cette petite bourguignonne plus vraie que nature, je ne suis pas prête de l’oublier ! D’ailleurs, je descends à Dijon très bientôt, pas moyen autrement…

Une fois que ces deux là sont partis, ma foi, les heures semblent s’étirer sans fin… Je « pack », encore et encore, jette, trie… Que de choses amassées ! Que de paperasse ! Je remplis poubelles et valises, inlassablement. Chaque objet a sa petite histoire, mais je n’ai pas droit à la sentimentalité : je n’ai pas le sac de Marry Poppins, moi. Allez hop, on balance. Finalement, il semble que tout tiendra. Enfin j’espère… Dans le même temps je prépare ma 3eme valise, la petite, celle qui m’accompagne dans mes excursions de par le vaste monde… Car je suis sur le départ pour mon fameux « voyage de fin d’année », prévu depuis le départ… Denver, Yellowstone, Portland, Seatlle, Vancouver. Seulement voilà, ce voyage, je ne le sens pas du tout… Est-ce ce de la peur ou de la raisonnabilité ? Je n’arrive pas à me réjouir de partir, j’angoisse pour Yellowstone. J’ai beau chercher et chercher encore, je ne vois pas comment faire sans voiture dans ce pays d’égoïstes… Pas de transports en commun bien sûr, et les « tours » offerts sont non seulement hors de prix mais inaccessibles géographiquement car je n’ai aucun moyen d’accéder aux points de départ. Et puis, pour en repartir, il faut prendre un bus de 19h… Oui je sais j’aurai pu y penser avant, mais avant ça me paressait une bonne idée, un bon moyen de voir du pays et de voyager pas trop cher… Après tout, on fait ça à 20 ans ou jamais ! Oui, il faut être un peu fou, mais entre la folie et la bêtise la frontière est parfois mince. Il faut aussi que les leçons portent : combien de fois ai-je regretté de m’être dit « je trouverai bien un moyen sur place » ? Car l’Amérique a ça de détestable que NAN, quand on dit qu’il n’y a aucun moyen, c’est aucun, nada, rien. Pour achever le tout, l’aéroport où j’atterris est à 152kilomètres du parc : seul moyen pour s’y rendre, un shuttle à 340$ l’aller-retour. C’en est trop. Je suis au bord de la crise de nerfs, je hais ce pays, et j’ai peur de « gâcher » mon Yellowstone : se retrouver dans le plus beau parc national du monde et rester coincée toute seule une semaine  à l’hôtel n’est pas tout à fait une perspective réjouissante. J’ai besoin d’un plan B. Les espagnoles m’invitent, une fois de plus, à venir avec eux dans leur traversée de l’Ouest… Sauf que pour une fois, je ne dis pas non. Et je dis même oui. Un peu sur un coup de tête (ou une intuition ? ), j’appelle mon hôtel à Yellowstone et l’annule. 4h plus tard ça n’aurait plus été possible…^^ Du coup me voilà à la rue : qu’à cela ne tienne, les FLAs sont vraiment des perles, et quand il y en a pour 6 il y en a pour 7… Ils changent leur réservation d’hôtel et de voiture pour me faire une petite place :  on ne sera qu’un peu plus serrés à 6 dans une tente de 4 et à 5 dans une chambre de 2… lol Extra. C’est de la folie, certes, mais enfin de la folie plus sympa que celle qui était prévue. D’un coup, je retrouve ce frisson que me donnent toujours les préparatifs d’un voyage : Las Vegas, Los Angeles, San Francisco, Yosemite national park… Le tout avec une bande de jeune : que demander de plus ? Je n’ai fait que passer à Vegas, que je n’ai pas vu de nuit… Et je n’ai pas visité LA. Quant à San Francisco, j’ai laissé là bas deux grandes frustrations : faire le tour de Angel Island en vélo (petit paradis terrestre difficilement accessible) et Muir Wood, foret que tant d’amoureux de la nature m’ont chaudement recommandée et que je n’avais pas réussi à voir (pas de voiture…grr… voir article sur San Francisco…). Et Yosemite !! Il parait que c’est extraordinaire. Je vais y camper !! Je n’ai pas de sac de couchage, pas de rien du tout pour camper, mais qu’à cela ne tienne. « we’ll figure out », qu’ils me disent... Eux sont contents que je vienne, sincèrement. Ils ne s’en font pas pour le reste ; on se tassera. Parfois je déteste leur nonchalance et leur indécision, mais ils ont pour eux d’être incroyablement souples, relax, « easy-going »… Je ne sais pas ce que ça va donner, mais je suis incroyablement soulagée de savoir que je vais passer les 12 prochains jours entourée d’amis au lieu de me galérer en solitaire… C’est suffisamment dur de partir, je ne me sens pas prête à passer 3 semaines toute seule. D’ailleurs j’aurai quand même ma partie « loup solitaire » ensuite, du 24 au 4 juin : direction le Nord-Ouest pour le triptyque Portland-Seattle-Vancouver. De 4jours, Portland est passé à 1nuit et ½ journée pour cause de Yosemite, mais je gagne au change.

L’avantage de ce « coup de stress » à la veille du départ, c’est que ça m’occupe l’esprit. Il faut quand même s’organiser, où, quand, comment… Je vais pouvoir me reposer sur eux et me poser comme un sac à linge sale à l’arrière de la voiture ( J), car bizarrement c’est exactement ce dont j’ai besoin à ce moment précis, mais il faut quand même changer mes billets, etc… Rien ne vaut un coup de panique pour oublier qu’on est triste. Et du coup les adieux ne seront pas si durs : je les retrouve très vite en Californie !!

Il faut finir de packeter, et je n’en vois pas le bout… Je trie le matériel utilisé pour les practicums, et me voilà toute chose… Je ne peux pas me résoudre à jeter certains écrits de mes élèves, c’est trop beaux… j’en ramène quelque un, triés sur le volet promis… J’essaie d’organiser mon travail de cette année pour que les prochains FLAS puissent l’utiliser, ce n’est pas facile ! Tout ça est très fouillis, que garder, comment leur expliquer ? Je leur ai écrit un « guide de survie à Holy Cross » et « les 10 commandements du parfait petit french FLA » et ne me lasse pas de leur donner des conseils… Tout ça fini finalement par rentrer  tant bien que mal dans un carton : un tour de scotch, « french FLA », et je confie ça à la russe. Elle reste l’année prochaine, et je ne veux pas que ce que je lègue à mes successeurs passe par les mains sales de Laurence, qui serait capable de ne pas leur transmettre.

Voilà, toute une année de travail acharné dans une boite. Parler des practicums me fiche le cafard… Je me suis vraiment bien amusée, quand même… :p C’était dur, vraiment, surtout au début, et je ne veux pas oublier que j’en ai bavé. Mais je me suis aussi bien amusée…^^ En fait, il faudrait reprendre depuis le début, maintenant que je sais comment faire, que je les connais… J’ai été une bonne prof, au final. Quoi qu’en dise l’autre saleté, qui ne va pas me manquer, elle.

Retour au 12 Caro, panique à bord, il faut fermer les valises… Il reste un truc ici, une bredouille là… Argh !!! Le Van vient me chercher à 12h30. Je fini de tout fermer à… 12h28. Un hug à tout le monde, et en voiture… Dernier regard sur ce qui a été mon « chez moi » pendant ces mois qui me paraissent une vie… Je pars avec Eva ma roommate, l’allemand et l’italien. Sur le pas de la porte, ça pleure. Heureusement que je peux dire à bientôt à certains, ça aide… C’est dur quand même.

Je suis aussi bien contente de faire le trajet avec des gens : ça aurait été affreux toute seule… Daniele me fait encore rire, celui là est un 500% italien... On se remémore nos meilleurs souvenirs, nos rencontres, nos premières impressions… Une vraie thérapie de groupe. Je suis la 1er à décoller… Hugs, encore et encore. On se souhaite tout le bonheur du monde… Je ne les reverrai pas... L

 

Décollage. Ouf… Il faut partir d’ici, maintenant que c’est fini, me tourner vers ce qui m’attend ! Et ce n’est pas rien… Cap sur Denver, tout d’abord. Pourquoi Denver ? Deux raisons. La 1er : « Denver, le dernier diiiinosauuuuure… »lol Vous vous souvenez du dessin animé ? J’avais découvert toute petite que Denver était une ville aux Etats-Unis et me suis promis dans ma petite tête d’enfant que j’irai, « un jour »… 2eme : j’ai dessiné un nombre incroyable de carte des Etats-Unis pour le bac, et vous avez forcément remarqué vous aussi cette étrangeté : le centre du pays est vide, absolument vide. Il n’y a que… Denver. Au milieu de nulle part, comme ça, un petit point au centre du 1er pays du monde… Vas savoir pour quoi cette ville m’a toujours intrigué. Seulement, on ne fait pas « Paris-Denver », et on ne fait pas un si grand voyage juste pour réaliser une promesse d’enfant. Par contre, quand on a une correspondance dans la ville de toute façon, pourquoi ne pas en profiter pour s’y arrêter une journée ? J

Je me concentre donc sur ce qui arrive, et qui s’annonce extraordinaire. Pourquoi s’apitoyer sur Worcester ? Au final, tout ça ne me manquera pas. C’est toujours dur de partir. Comme dans les films, où les gars font 20 ans de prison et sont désespérés quand on les relache finalement…lol La comparaison est peut être un peu trop poussée, mais enfin vous m’aurez compris…

Voilà, c’était mon état d’esprit du jour. Un peu de vague à l’âme, un peu de réflexion personnelle, un peu de psychothérapie... Et plein d’ondes positives pour les semaines à venir !!^^

 

J’allais presque oublier THE point positif de mon départ d’ici… VOUS !!! Partir veut dire aussi rentrer !! Retour au bercail !! J Ce n’est plus qu’une question de semaines/jours…

 

See you very soon !


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